Diplômée de la mention Art-Objet à l’atelier bijou en 2021, elle a d’abord suivi 5 années d’études techniques en bijouterie.
Après ses études à la HEAR, elle obtient un atelier au Bastion 14 à Strasbourg en 2022. Son travail interroge, dans une perspective animiste, les liens que les objets tissent dans les paysages ainsi que les échanges qu’ils opèrent avec les corps.
En parallèle de son travail personnel, elle poursuit ses réflexions sur le vivant et dans le duo Tierstein, co-fondé avec l’artiste Zoé Kiner-Wolff en 2021
Par la sculpture et la photographie, Cannelle Preira interroge les relations entre le corps, les objets et l’architecture.
À travers différentes séries de sculptures portables et manipulables, l’artiste explore la complicité que l’on peut entretenir avec les objets. Ses petites pièces artisanales en pierre, métal ou céramique (Les Osselets, Récréation, les Handschmeichler…) nous invitent à un toucher ludique et instinctif. Ils suscitent une appropriation très personnelle des objets.
Lorsqu’elle emploie la photographie, Cannelle Preira récolte, collectionne et enquête à la recherche de formes et de matières signifiantes (dans les aires de jeux, les halls d’immeubles, les mouvements des mains) mais surtout pour relever les subtilités qui font toute la singularité d’un environnement. Ces collections de photographies nourrissent généralement son travail du volume, ainsi les deux médiums cohabitent et se répondent au sein de sa démarche.
Si les recherches de Cannelle Preira convoquent régulièrement l’enfance et les sensations vécues à cet âge, elles sont également traversées par des questionnements sociologiques, politiques et culturels, comme avec le projet Hair Pride qui interroge la diversité capillaire et l’héritage post-colonial ou encore Mon Château qui souligne l’absence de la pierre dans le logement social.
L’Art de la gravure a toujours été au coeur de mes recherches plastiques, tant par les supports utilisés que par leur présentation. En association avec d’autres matériaux j’insuffle à cet Art un vent de jouvence et un esprit original unique. La pédagogie n’est pas en reste ,j’enseigne la gravure et d’autres pratiques artistiques de façon régulière sous forme de stages et de cours tout au long de l’année. L’Art de la Gravure est en relation étroite avec le monde de l’enfance,il s’apparente à un grand terrain de jeu où tout peut s’inventer et se découvrir sans jamais se lasser, » Soigne l’enfant qui est en toi » » Mémoire baignée de songe, la Gravure est mémoire baignée de songe » écrit Miguel Angel Asturias
Dès mes débuts en photographie, j’ai été attiré par la faculté de transfiguration du réel par l’image, par les effets obtenus grâce au cadrage ou à la lumière. Puis, lorsque j’ai commencé à faire du tirage noir et blanc, il y a 20 ans, j’ai découvert le pouvoir d’agir sur l’image photographique au delà de la simple prise de vue, de transfigurer cette fois le réel par l’abstraction du Noir et blanc et son espace graphique. Mon intérêt s’est porté non pas vers une photographie qui montre mais vers une photographie qui donne à voir une certaine poésie des choses. Par mes connaissances du médium argentique, dans mes démarches créatrices j’aime explorer et expérimenter des formes plastiques inhérentes à ce dernier, les interactions possibles entre la lumière des choses, la chimie et le papier photographique. Ainsi, en plus d’une pratique du sténopé ou du photogramme, j’ai developpé des pratiques alternatives à la prise de vue classique, telle que la pratique direct de la lumière sur le papier argentique, comme dans la série « Les expressions pures », ou encore la gravure chimique. Faire mes tirages est très important, aussi, l’univers du labo photo, de ma pratique avec l’argentique, est pour moi un autre espace de création. Représenté aux collections privées de Madeleine Millot-Durrenberger, Marcel Burg et Francis Meyer ainsi qu’à l’Artothèque de la Ville de Strasbourg.
Après une formation à la photographie aux Etats-Unis en 1991-1992, j’ai développé mon travail avec pour thèmes principaux le portrait et le nu. Je représente le corps sous ses formes les plus diverses ; corps en mouvement, corps en sommeil, corps peint, corps troublant, éblouissant, corps en jeu perpétuel avec toutes les sources lumineuses qui s’offrent à lui, bribes de corps transformées par la lumière. Photographe de studio tout d’abord, mes recherches me poussent à explorer les espaces extérieurs, en périphérie des villes, là où se croisent le monde naturel et le monde altéré par l’homme, industriel, urbain, où la nature finit parfois – toujours ? – par reprendre le dessus. Et de pousser mon chemin vers de lieux où l’homme n’a encore su imposer sa trace. Lieux hostiles ou simplement résistants ? Après avoir longtemps travaillé au format 24×36, je diversifie mes outils d’exploration, n’hésitant pas à reconsidérer des techniques anciennes, voire élémentaires, le sténopé, le photogramme, mais aussi par l’utilisation d’objets plus anodins tels que l’instantané polaroid, à la recherche d’une image unique.
Une comète mélancolique, de grandes sphinges à têtes de chattes, une pince de mante religieuse et des Madones âgées de trois siècles ; mes sculptures et dessins se nourrissent d’imagineries symboliques aux acidités harmonieuses. J’aime interroger les choses et objets qui habitent nos quotidiens, sonder leurs identités, leurs charges historiques, politiques et affectives. C’est en mettant en tension les limites normées, en me les appropriant, les détournant et les réinvestissant, que je puise mes formes intuitives : poétiques et émancipatrices.
Pensives et précieusement arrangées dans l’espace, mes installations deviennent
narration où discours dominants et transversalités piquantes se charment et s’affrontent (…)