Le pinceau de Marie-Pierre Moysès Strack mènent enquête, portent quête à l’être en désarroi – en ce sens qu’il est aujourd’hui sans arroi. Elle convoque des codes durs de représentation que sont la danse et l’opéra pour leur conférer une plasticité paradoxale. Ce que fige le trait du fusain et ce qui de la peinture coule dans la saisie. Entre composition et décomposition, elle est pensée qui se cherche. Les visions qu’elle offre à notre regard – on pourrait les qualifier d’expressionnistes au sens où elles sont portées par un excès de vouloir dire, de vouloir écrire une histoire universelle de l’intime – sont visions de corps. Corps de femmes à n’en point douter – dirions-nous – la robe d’un rouge radical qui habite chacune des toiles semble l’attester ! Mais ces corps ont perdu toute traçabilité de genre. Ils sont au bord de l’effacement. Sans visages, sans regard. Seule luit la chair translucide des crânes, des bras et des mains. Mélancolie devant la splendeur putréfiée d’un monde disparu ? Ou promesse jubilatoire de la chair lumineuse d’une virtualité d’être, demain ?
Daniel BOCH
