Dans le but de créer des images virtuelles photoréalistes et de les mêler à des recherches vidéo expérimentales, j’ai une pratique de l’image de synthèse depuis 2010 qui m’a amené à appréhender des outils industriels de modélisation et les détourner de leur but de divertissement et d’ingénierie mécanique. Ces détournements connaissent différentes approches, d’une part un travail de sculpture et de retranscription en 3D de formes dessinées à la main. Certains éléments étant des modélisations basées sur une documentation poussée (recherches historiques, reconstitutions, costumes historiques, architecture gothique, costume de cérémonie tibétain, …); d’autre part il y a le glanage sur le web d’éléments 3D de toute sorte, scan d’architecture, pièces mécaniques d’ingénierie et reproduction d’objets réels, qui sont réassemblés, remodelés pour former des machines protéiformes et des architectures oniriques. Il en résulte une hybridation surréaliste entre technologie, corps et nature. Je m’intéresse aux rapports d’échelle, de subjectivité et de symbolisme qui peuvent s’induire par le rapprochement de ces éléments, autant dans les constructions humaines que dans les systèmes et formations naturelles : grottes, forêts.
Ces édifices oniriques cherchent une forme d’illusion immersive, par leur caractère expansif dans la répétition de leurs formes symboliques à travers les échelles. Leurs structures virtuelles suggèrent l’illusion d’un ailleurs qui renvoie le spectateur en lui-même, ses possibilités de projection mentales. La ruine et l’usure, le délaissement, l’apparente inutilité et leur monstruosité, veulent être des témoins de la confrontation dramatique entre évolution industrielle, et nature originelle.
La vidéo (caméscope, drone) est un autre support que j’utilise, pour lequel j’ai une approche moins construite et plus expérimentale et qui est souvent un prétexte à des randonnées en forêt et en montagne où je puise beaucoup de ce qui fait l’énergie de mes pratiques artistiques. Ces vidéos apparaissent comme des bribes, errances, traces, dans mes films mêlées avec l’image de synthèse en stop motion ou animée. Je passe aussi par des images de synthèse figées, des instantanés de mes scènes, au rendu proche du «trompe l’œil», montrées imprimées.
Dans ma pratique, chaque collage est le résultat d’une coïncidence. Un « sumptoma » qui fait interagir un élément découpé avec un autre, précisément là où les deux morceaux devaient se rencontrer. L’utilisation des marges ou des points de fuite donne l’équilibre à la composition, provoquant ainsi le hasard des associations d’images. Ce protocole, répété au sein d’un même livre, permet de générer une série cohérente et significative.
Villes tentaculaires, cathédrales des temps modernes aux ambiances post-apocalystiques, les mondes de Marc Ferrario alias Mandril aspirent et engagent à la réflexion sur l’utopie urbaine. L’artiste qui vit et travaille à Neuchâtel en Suisse crée des mondes fantastiques ciselés au Rotring et lavis d’encre de Chine. Une patience d’entomologiste à l’œuvre pour observer et épingler l’humanité.
Ses illustrations sont nourries d’images de science fiction tout autant que de visions philosophiques et théologiques ancrées dans ses études universitaires. Qu’il participe au Water Tank Project visant à redessiner la ligne d’horizon de New York en intervenant sur les containers à l’eau qui parsèment les toits, ou à travers 2095 Cityscape, Mandril s’inscrit toujours dans une invitation à repenser le monde. Dans la lignée des philosophes utopistes.
Enfant, Le Roi des Ballons est tombé dans la soupe de contes et légendes, saupoudrée de quelques cuillers de peinture, de cinéma, d’illustration jeunesse et une pincée de mots et merveilles. Le temps s’est occupé du reste et désormais il invente ses propres histoires, raconte ses propres personnages à travers l’image, ici et là, sur papier ou sur les murs en clamant haut et fort, tel une tête couronnée du dessin : « Mon royaume pour un crayon !!! »
Bluejeanne, tatoueuse et Illustratrice Strasbourgeoise s’installe à M33 le temps des ateliers ouverts.
Venez à la rencontre de ses « gravures d’aujourd’hui », sur papier ou sur peau.
Illustrations, flashs à réserver, prints et tatouages éphémères à venir découvrir!
C’est en mêlant plume et pinceau qu’elle donne vie au délicat papier de riz qui se déchire pour renaître dans le volume et la transparence des collages. Empreintes, cocons et ondes explorent les métamorphoses de l’etre, de l’instant dans leur subtile fragilité. Des mots les accompagnent, la lumière les dévoile, la pénombre les révèle.