Anke Vrijs

Si pendant de longues années mon travail tournait autour de l’image du corps -travail avec modèle vivant, travail à partir de modèles culturels- c’est à partir des gravures réalisées après les attentats du 13 novembre 2015 que mon travail prend délibérément une tournure plus engagée.

Dans la multitude de démarches artistiques d’aujourd’hui, il me semble important de prendre conscience que nos regards et prises de positions artistiques ne sont pas neutres. Nous venons de quelque part, nous sommes ancrés dans une histoire individuelle et collective. C’est la raison pour laquelle je m’intéresse depuis longtemps aux mythes et à leur manifestation dans l’histoire de l’art.

L’histoire (de l’art irrigue) mon travail.

Depuis un certain nombre d’années, je dessine au musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg des sculptures provenant de la cathédrale. Ces séances de dessin sont l’occasion de faire monter à la surface (du papier ET de la conscience !) des connexions enfouies.

Des jeunes femmes, nommées Vierges Sages et Vierges Folles dans la Bible (Matthieu 25, 1-13) me plaisent particulièrement. Elles portent quasiment toutes un voile et témoignent de leur individualité par l’attitude du leurs corps et l’expressivité de leurs visages.

Le texte biblique à l’origine de cette iconographie, de Saint Matthieu (cf. Matthieu 25 : 1-13), prête des paroles extrêmement dures au Christ, qui juge 10 jeunes femmes, dont la moitié sera exclue de la fête !

Ce qui est accepté en histoire de l’art, est souvent un défi pour notre regard occidental aujourd’hui. Des femmes portant un voile nous irritent parfois, nous déstabilisent et interrogent notre vision du monde musulman.

«Voil(é)es»

Ça fait un certain nombre d’années, que je travaille sur le sujet de femmes voilées. J’interroge sans juger ni prendre parti ; c’est le sort et le combat humain de ces femmes qui me motivent. Elles contribuent largement à modifier notre regard sur le monde (musulman) en défendant les droits humains et la justice sociale et elles sont au cœur de mon projet que j’ai intitulé « Vierges Sages – Starke Frauen » 

«Vierges Sages-Starke Frauen »

A partir de mes lectures, je me suis rendue compte de ma grande ignorance au sujet du voile … et je ne dois pas être la seule …

Faire le procès, juger, exclure la moitié des « Vierges » (femmes ???) de la fête, comme décrit dans le texte de Saint Matthieu, ne me convient pas. 

L’idée de rendre visible en dévoilant, donner à voir et diffuser l’image (et les biographies) de ces femmes est au cœur de mon travail.

Je souhaiterais présenter lors des ateliers ouverts 2026 des sérigraphies peintes  réalisée à partir d’images de photos de  de femmes ainsi que les nouvelles gravures d’une série initiée en 2021.

Ce travail a été montré en 2024 au Conseil de l’Europe et dans le cadre du OFF des Assises Européennes de lutte contre les violences faites aux femmes

Annett Andersch

Je travaille avec des matériaux de récupération, généralement du textile et du papier. Ils me racontent leur histoire, que j’intègre dans les nouveaux œuvres et que j’associe à mes observations quotidiennes. Mon matériau, qui se caractérise par sa banalité et ses qualités tactiles, parle son propre langage. Je reprends des formes, des lignes et des couleurs existantes et je les complète par des broderies à la main ou à la machine. J’aimerais stimuler l’expérience émotionnelle et l’imagination du spectateur. Technique mixte

Ewa Rossano

La principale inspiration de l’artiste, Ewa Rossano e st l’Homme, la dualité de l’homme et sa complexité. C’est un travail sur les deux éléments qui nous cohabitent que l’artiste met en vue: la fragilité et la force. Dans ses sculptures, Ewa Rossano fait ressentir la coexistence de deux mondes: le monde physique et le monde spirituel. Le bronze évoque le monde physique, la stabilité, ce qui nous rattache à la Terre, à l’Homme. Le cristal évoque la transparence, la lumière, tout ce qui nous relie à l’air, au ciel, à l’invisible.  Nombreuses sculptures d ‘Ewa Rossano sont devenues les Prix pour les personnes d’exception dans les domaines du Droit de l’Homme, de l’Egalité et de la Culture ( pour citer Prix Egalité et Diversité / Conseil de l’Europe, Prix Audentia / Conseil de l’Europe, Eurimages, Prix Jean Rey / Parlement Européen, Prix Angelus / Prix de l’Literature de l’Europe Central etc). Née en 1973 à Wrocław, Pologne Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Wrocław Diplômée de l’école Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg Bourse d’études à Bezalel Academy of Arts à Jérusalem. Commandes publiques : 2009 – 2020 Statuette « AUDETNIA » Eurimage, Conseil de l’Europe Statuette « Angelus» Prix de Littérature de l’Europe Centrale  Statuette « Prix Jean Rey » Prix d’Humanité du Parlement Européen  Statuette « ELSA » Conseil de l’Europe 2012 « Planète cristal » sculpture monumentale, commande de la ville de Wroclaw, Pologne 2010 « Angélus Silesius » sculpture monumentale, commande de l’Institut Ossolineum, Pologne

Henri Walliser

Henri Walliser Mon travail est Pop au sens qu’il est jeune, spirituel, sexy, peu cher et fabriqué en série. Il exalte la vie, est positif, optimiste. Le Pop c’est de l’amour. Amour des êtres et des choses. Ma culture est urbaine, je suis un enfant des villes et du Rock. Je suis graveur et comme me disait Rémy Bucciali mon travail oscille entre sophistication et vulgarité, raffinement et trivialité. Je compose mes gravures comme des rock-songs. Je parle une langue ancienne régénérée au contact des années 80. Economie de moyens,patience; réalisme, mon travail est une ode à la liberté, une reminiscence d’un Eldorado perdu. Artiste graveur, diplômé des Arts Décoratifs de Strasbourg, a exercé différents métiers (maquettiste,receveur,vendeur, manutentionnaire, enseignant) avant d’être assistant du peintre suisse Rémy ZAUGG puis de Rémy BUCCIALI imprimeur d’estampes à Colmar. Influencé par le rock et le Pop art trouve son inspiration dans la ville et le quotidien. A exposé en Angleterre (Loughborough,Bristol), Allemagne (Euskirchen,Karlsruhe,Landau…) Espagne(Cadaqués),est représenté par la galerie Orlinda Lavergne. Privilégie les techniques sèches que sont le burin et la mezzotinte. Depuis 2017 il incorpore la couleur dans son travail.Commence une série de gravures sur la route 66 qui traverse les Etats Unis d’est en ouest.

Ilana Isehayek

Ilana Isehayek débute sa carrière au Canada avant de s’installer en France il y a une vingtaine d’années. Ses origines et son parcours apparaissent dans son travail à travers l’attention soutenue qu’elle porte à la question des racines, du voyage, des cultures d’origine et d’adoption. Une de ses préoccupations majeures est de créer du lien entre le passé et le présent, l’histoire et le vécu, en définissant le rôle du public dans l’œuvre, son regard ou son approche physique du lieu. Travaillant tour à tour la peinture, la sculpture ou l’installation, elle développe un langage très personnel où les motifs de la barque, d’éléments de planisphères en forme de fuseaux et de la toupie sont récurrents. S’y ajoute depuis quelques années une recherche sur la place du corps dans l’architecture qu’elle traite de manière littérale par l’aménagement de sculptures en creux, propres à recevoir des corps. Depuis ses débuts, elle est fidèle au bois qui occupe une place centrale dans son œuvre. Sollicitée à de nombreuses reprises dans le cadre de commandes privées, du 1% artistique ou de commandes publiques, elle travaille sur l’idée de l’écriture d’une partition commune entre un bâtiment et une œuvre d’art commanditée. Barbara Bay

Marie-Jo Daloz

Marie-Jo Daloz est une artiste peintre, originaire de Franche Comté. Elle vit à Saverne et enseigne à  la Haute école des arts du Rhin de Strasbourg. Elle est actuellement résidente au Cloître des Récollets. 

Depuis de nombreuses années, sa peinture est un travail en totale immersion dans la nature. A travers ses peintures Marie-Jo Daloz exprime et affirme une posture qui s’est révélée à elle lors d’une rencontre qu’elle a vécue avec des rochers. Un échange qui l’a amené à se ‘’positionner’’ non plus en tant qu’être humain mais en tant qu’être vivant, au même titre que les arbres, les oiseaux, les loups ou les rochers avec lesquels nous avons, selon ses mots « un même fond commun »

Sa peinture et ses recherches, notamment en dessin, sont le fruit de cette rencontre, des propositions picturales comme des clefs pour approcher ce qui se manifeste lorsqu’ « elle peint avec… »

Janvier 2024

Claudine Leroy Weil

« Puiser dans la terre, tendre vers le ciel Nous connaissons d’elle ses sculptures: des créations d‘une force lumineuse et élégante, offrant à nos yeux une retenue mystérieuse en même temps qu’une solide présence entre ancrage et mouvement. Les tableaux que nous montre Claudine Leroy Weil aujourd’hui révèlent à quel point son art peut se lire sous différents angles. Sa peinture expose une nouvelle dimension de son travail: des fragments intimes d’un cheminement autonome. Cette artiste suit sa voie avec persévérance et dévouement, confortée par la puissance de l’inspiration. » Sabine LUBOW, rédactrice, traductrice et journaliste indépendante Dans ma sculpture « les volumes se rencontrent et se tutoient » (Paul Ambille) . Dans ma peinture ce sont les corps qui se rencontrent, parfois se traversent ou se côtoient .Mon travail se nourrit tout autant de l’énergie vitale de la nature, la montagne où je vis, que des énergies et sensations corporelles liées aux arts énergétiques et à la danse. Ce qui me touche : la présence et l’espace entre les êtres, ce qui se joue entre eux, les liens visibles ou invisibles et l’histoire qui se tisse.

Dominique Schoenig

« Dominique Schoenig voue une tendresse particulière aux animaux. Il aime les observer pour les dessiner avec une patte toute personnelle. Chez lui, le réalisme côtoie la fantaisie et, grâce à la vivacité de son crayon, les animaux prennent vie pour devenir de véritables personnages. Il renoue ainsi avec la tradition du dessin animalier et de la fable, offrant une vision pleine d’humour et de sensibilité du monde animal.“ Bernadette Litschgi Conservatrice, Médiathèques de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

Sandrine Bringard

Mes formes anthropomorphiques en céramique sont des reflets de nous-même, nous qui évoluons dans un environnement à la fois réel et imaginaire. Avec la thématique du corps associée à celle de l’eau, je réinterprète l’art de la céramique part des détournements ludiques. Considérant l’humain comme une forme contenant morcelable, je dissocie chaque membre, jambe, torse, tête, organe, en lui affectant une identité précise et une intimité propre. L’eau substance qui nous anime et nous échappe. Elle s’appelle imaginaire, rêve, inconscient, matière pensante et nous entretenons avec elle un rapport ambivalent. Les paradoxes des proportions, des matières, des actions des personnages et des fonctions des objets sont les pivots d’une narration suspendues, qui invite irrémédiablement à délier nos imaginaires.

Emmanuel Henninger

Engagé dans une pratique du dessin, Emmanuel Henninger s’intéresse à l’iconographie du paysage et à la problématique de la subsistance d’écosystèmes anciens et de leur modification sous l’effet des activités d’exploitation des ressources naturelles. La nécessité de donner un sens esthétique aux espaces dans lesquels nous vivons, mais aussi d’y renouveler l’engagement social et politique, lui semble plus pressante que jamais.

Il arpente les lieux à pied dans le souci d’une approche lente qui rend les paysages progressivement familiers jusqu’à une forme d’immersion. Cet enjeu environnemental dans sa pratique du dessin le pousse à explorer quelques sites en tension et c’est donc par le biais d’un travail de collecte documentaire de motifs témoignant des modes d’exploitation des ressources naturelles, et des formes de contestations qui en découlent que s’ancre sa pratique artistique.

Aujourd’hui plus précisément, son intérêt se porte vers la mutation des espaces et des forces de contestation.

Son travail de recherche aspire à produire des mémoires personnelles et collectives reflétant la diversité des engagements dans lesquelles elles opèrent..

Il s’agit d’envisager une histoire des personnes invisibilisés et de jouer sur ces lieux de convergences où viennent se rencontrer des mouvements minoritaires afin de révéler une mythologie des sous-cultures.

Masquant les visages, il cherche à faire allusion aux sentiments d’effacement et d’invisibilité des communautés au travers des ZAD.

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.