Julie Gonce

Sculpture du verre à la flamme Depuis 1997, je vis avec le verre. J’exerce ce métier, chargé d’histoire, dans le respect des traditions et des savoirs-faire qui m’ont été transmis. A l’origine de toutes mes créations, il y a constamment le plaisir de la flamme et du verre en fusion. Mon expérience dans l’industrie et l’artisanat m’a enseigné la persévérance, l’exigence de la qualité et la production de série. J’utilise ces séries pour emmener le verre au chalumeau vers d’autres horizons. Je monte mes sculptures en assemblant une multitude d’éléments de verre soufflés ou filés. J’aime jouer de l’ accumulation. Associés par couture au bois, à la terre, au métal ou à tout autre matériau, le verre met en lumière une dimension cachée, exprime l’émotion de mon univers. Le verre est au cœur même de l’œuvre, il vibre à l’intérieur, il est son âme. L’originalité de ces accumulations me permet de créer des sculptures uniques sans limite de taille et de m’adapter à tous projets sur mesure. La nature est ma source d’inspiration, d’évasion, et d’épanouissement.

Alexandre Tal

L’espace d’une feuille est comme une aire de jeux. C’est un endroit où je m’amuse, où je doute, où je réussis, où j’échoue, où j’essaie, où je réfléchis, où j’explore.

PS: Ne pas sous-estimer le pouvoir distrayant du toboggan.

Marion Mouret

Une fois dans dans mon atelier, je suis guidée par le plaisir et par la spontanéité. Chaque jour est différent … Je peux voguer de la caricature moqueuse et tendre à la représentation académique. Je cherche jusqu’à ce que mes personnages prennent vie. Par plaisir de perpétuer un art ancestral proche de notre quotidien, je crée aussi des objets utilitaires, mais l’humour et la spontanéité sont toujours là … J’aime me surprendre.

Sarah Makina

Toujours dans cette quête de notre rapport au corps parfois fétichisé, fantasmé ou performé je suis à présent en recherche d’une relation à l’autre, d’un contact. Je vous présente cette année un tryptique photographique résultant d’une performance vertigineuse.

Jacky Schieberlé

Le travail de Schieberlé est proche de celui d’un plasticien réalisant des collages. Dans un premier temps, il crée des images par superpositions parfois multiples, puis après développement, il colle sur ce « fond », des éléments prélevés dans ses propres photos ou dans des magazines, ou pose simplement dessus de petits objets. De cette nouvelle opération, naît par télescopage une nouvelle image qu’il photographie à nouveau. Ce processus rudimentaire qui laisse la place au hasard et à l’accident, produit des images d’une indéniable force visuelle. Dans le cas des images de Schieberlé, on ne peut pas vraiment parler d' »œuvres » au sens d’un achèvement. En effet, il réalise de nombreuses versions de ses photos, qu’il modifie et re-photographie à l’envi. Quant il regarde son travail, c’est toujours avec l’idée d’en retrancher quelque chose ou d’y ajouter des éléments. Il ne s’agit pas de la marque d’une perpétuelle insatisfaction face à un travail qu’il faudrait sans cesse peaufiner pour tendre à la perfection, mais plutôt de l’intuition, que les images rendues visibles sur le papier, sont des objets dont l’essence même est d’être en perpétuelle mutation. C’est sans doute pourquoi Jacky Schieberlé manipule ses images sans ménagement, qu’il ose tailler dedans à coup de ciseaux, qu’elles n’ont pas de format bien déterminé, et qu’elles s’entassent dans ses tiroirs ou sur des clés USB, dans l’attente d’une nouvelle idée qui les transformera. Texte : Inès P. Kubler

Ines P. Kubler

Pendant plusieurs années je pratique le dessin, le collage ou la peinture sur papier, à la recherche toujours insatisfaite d’un terrain d’expression qui me soit propre. Ce terrain je le découvre enfin lors d’une expérience professionnelle forte au cabinet du Docteur Jean Pillet, spécialiste en prothèses médicales dont la troublante esthétique illusionniste les rend presque invisibles. Cette expérience est fondatrice, car c’est là « sur le tas », que je sculpte quelque chose pour la première fois ; et c’est là aussi que je rencontre mon matériau de prédilection : la cire, dont la nature de caméléon tantôt  fluide ou solide, opaque ou translucide, m’a immédiatement séduite. Depuis, mon travail se développe essentiellement en volume, sous la forme de séries de sculptures ou petites installations, et la cire est devenue un matériau indispensable, presque un fétiche. Le travail que je poursuis sonde la matérialité des objets. Guidée par leur fort pouvoir d’évocation, je les manipule, laissant volontiers la place à l’accident. Je coule la cire, y agglomère divers matériaux, grave ou teinte certaines surfaces, parfois en lutte avec le tempérament de l’objet qui me contrecarre. Par ce processus qui peut s’apparenter à un collage, je tente de mettre au jour des aspects de la personnalité des choses jusque là restés invisibles. L’objet se déploie hors des limites imposées par l’usage, pour se glisser dans une toute autre peau et de nouveaux champs d’interprétation. Le caractère transitoire de la cire en fait des objets incertains, passagers d’un monde qui ne l’est pas moins.

Jeremy La Motte

Sculpteur autodidacte et passionné depuis une dizaine d’année, j’apprécie de joindre l’utile à l’agréable en créant des objets usuels comme des plats, des cuillères ou des boites, en personnalisant des objets existants, ainsi qu’en réalisant des œuvres uniques. J’ai débuté la sculpture au début des années 2010 en réalisant des bas-reliefs sur des manches d’opinels, courageusement confiés par mon entourage proche. Puis, la passion et le savoir-faire venant, je me suis plu à réaliser des sculptures plus complexes, toujours dans des manches de couteaux que j’offre à l’occasion d’anniversaire. Depuis 2017, je diversifie mes créations en sculptant des objets usuels dans du bois brut. Je crée aussi des objets purement décoratifs, ainsi que des œuvres plus personnelles.

Axel Gouala

La pratique d’Axel Gouala s’inspire d’objets et de matériaux du quotidien qu’il implique dans un changement de plan et de sens. Lorsqu’ils les reproduit ou les transforme il intervient sur leur image et déplace leur champs d’action. Leurs représentations socialisées sont ainsi recontextualisées. Balais à frange, chaise de bureau, plante tropicale. Tous renvoient à des réalités socio-économiques, historiques, géographiques différentes. En les assemblant à la manière de totems, ils s’unissent pour créer des corps hybrides, contestataires et drôles. Dans sa série Totem-Voyage, dessins et sculptures mélangent environnement du bureau, fourrures et palmacées décoratives. Ces rapprochements absurdes tournent en dérision le monde du travail et nos lubies exotiques. Il s’amuse de nos préjugés en nous incitant à associer nos fantasmes à des objets de labeurs et d’inégalités sociales. Ainsi poussent un aspirateur dont le tronc se termine en cocotier qu’il appelle Aspiration Vacances (Totem-Voyage 12) ou une ventouse de toilette qui finit en palmier sur une île déserte (Totem-Voyage 09, L’Île). Ces sculptures font aussi une allusion parodique au Romantisme et à l’objéctification de la nature. Cela se traduit notamment dans le titre de ses pièces Échelle de Peintre (Romantique) ou Le Grand Tour a.k.a. Steppy. Cette relation homme-nature est présente dans sa pratique à plusieurs niveaux. On la retrouve dans ses fragments de paysage réalisés à partir de matériaux de construction, comme sa série sur les vagues en polystyrène ou ses falaises de briques. Elle est aussi manifeste dans ses travaux sur l’ornementation végétale, où celle-ci est extraite de sa narration architecturale pour se concentrer sur ses qualités de langage et en revisiter les connexions aux plantes et au vivant.

Isabelle Garnier Luraschi

Isabelle GARNIER-LURASCHI, artiste peintre développe depuis plusieurs années un travail autour de questions étroitement liées à l’idée de géographie privilégiant la notion de point de vues et de regard sur le monde: « Images satellites, monde balisé auscultable à l’infini, la peinture serait la proposition d’une nouvelle cartographie distanciée convoquant tout autant qu’un territoire naturel les frontières mouvantes de l’espace flottant qui habite notre imaginaire. Retrouver, explorer et questionner la Terra Incognita disparue de nos cartes. » I G L

Jan Stevens

L’observation attentive de la nature et de ses composants est au cœur de ma pratique. Je considère l’ensemble de mon travail comme une sorte de réserve accumulant et abritant de mes tentatives de rendre visible la vulnérabilité et la ténacité du monde végétal et minéral. Souvent en symbiose avec le dessin et la gravure, j’expérimente d’autres matériaux. Les recherches fragiles et éphémères sont « préservées » par la photographie, qui à son tour me fournit un moyen d’explorer les changements d’échelle. La lumière, qu’elle soit projetée, réfléchie ou bloquée et la transparence ou la superposition peuvent interagir et parfois d » déconcerter.