Ambre Loegel

Ambre Loegel peint et dessine d’après des photos qu’elle vole sans vergogne aux gens qu’elle croise, ou bien se sert sans demander à ses morts dans les albums de famille.Elle reproduit, arrange et modifie l’image des photographies comme il lui chante, actualise et griffe les gens du quotidien. Leur regard est parfois mauvais, jamais très engageant, mais ils participent tous ensemble à une mosaïque colorée.Elle essaie avant tout d’extraire du quotidien des vues inédites, des détails qui l’interpellent, et qui deviennent des sujets. L’image est travaillée pour refaire image : la pratique est un moyen de recréer le réel, parce que le réel est parfois gris et morose, et gris et morose c’est pas ouf.

Gaëlle Axel Brun

Gaëlle est une artiste pluridisciplinaire basée à Strasbourg depuis trois ans, où elle étudie la scénographie à la Haute école des arts du Rhin (HEAR).Elle écrit du théâtre, des nouvelles et de la poésie et met actuellement en scène sa première pièce : Nos Ruines, en partenariat avec l’Artus, théâtre universitaire de Strasbourg.Ses travaux d’écriture et de mise en scène se concentrent sur les récits familiaux, les questions du chez-soi et de l’insalubrité, mais aussi sur la maladie mentale, le corps et le désir.Elle pratique également la photographie et la danse et pose elle-même dans des ateliers.Elle fait du dessin, principalement érotique, qu’elle partage sur son Instagram @contreespaces. Elle considère cet espace virtuel comme un journal de bord et un lieu d’expérimentations.Sur @contreespaces, elle aime jouer de l’auto-fiction et questionner les frontières de l’intime. Son mémoire de fin d’études à la HEAR porte d’ailleurs sur les « Scènes de l’intime », dans la vie quotidienne et les arts vivants.Elle dessine au stylo bic, au crayon, au feutre fin et plus rarement à l’encre de chine et au grattoir sur papier noir. Récemment, elle a découvert la technique de l’eau-forte à l’Atelier Imago.Pour un nouveau projet, elle dessine actuellement sur des culottes de seconde main.Elle tente de saisir la vulnérabilité et l’émotion des corps, qui pour elle font l’essence même de l’érotisme. Le podcast « Érotiser les hommes » (par Les Couilles sur la table), dont Maïa Mazaurette était l’invitée, l’a amenée à questionner ses propres habitudes de représentations, dans une perspective féministe.Elle s’inspire autant du cinéma porno que de sa propre vie et d’artistes comme Caroline Vitelli, Romy Alizée, Antoine d’Agata ou Egon Schiele.

Damien Lemercier

Damien Lemercier développe un travail situé entre la lumière, la photographie, le cinéma et la vidéo d’art. Il interroge notre réaction au passage du temps, à la déshérence et à l’étrange confort qu’apporte la nostalgie. Influencé par la maniéré dont les peintre de la renaissance rhénane ont traités ce thème des « vieux amants » à « la jeune fille et la mort », il le transcrit dans un univers personnel, vestige présent d’un autre temps, désindustriel.

Pauline Faure

Au sein de mon atelier Mes petites curiosités je crée des sculptures et des objets en papier, conçus, découpés et collés minutieusement à la main. Très inspirée depuis toujours par les cabinets de curiosités mes créations explorent plusieurs univers, les animaux, les insectes, les végétaux en passant par l’anatomie. Formée aux Arts Décoratifs de Strasbourg en section Didactique Visuelle, j’ai gardé dans ma pratique l’idée de transmettre et de donner à voir le vivant.

François Tresvaux

La cause de la lumière
(extrait)
On voit dans ces photographies des masses de noir ou de gris qui rappellent les corps stellaires, parsemées de trouées ou de taches qui sont comme des corps de métal joyeusement soumis à l’attraction d’un puissant aimant. Leurs directions sont indécises, ils vont et viennent, cherchant l’assentiment d’un autre corps, ou le hasard d’une rencontre, pour proliférer dans d’autres formes.
Ce faisant, ils manifestent que leur état est de passer, c’est-à-dire de durer, et donc de se modifier.
Il s’agit de photographies abstraites : ce que l’on voit est comme le récit porté au jour, sa transcription, du lent travail d’érosion, de creusement et de morsure que la chimie impose au papier. Comme dans la gravure, ce qui est destiné à apparaître doit d’abord profondément s’enfoncer dans l’obscurité de la matière. Ainsi s’illustre ce que la photographie partage avec la peinture, son secret originaire, et sa distinction par excellence : comme les racines de l’arbre qui
se développent symétriquement par rapport à ses branches et dans la même durée, peinture et photographie développent dans leur fond quelque chose comme une réserve, ou une mémoire, disponible à l’avenir de ce qui se déploie sous nos yeux, que cet avenir soit celui de l’œuvre ou ce qu’en fait le spectateur. Le lien qui unit la face cachée à celle apparente s’appelle la technique, mais une technique prise dans le mouvement de l’aller-retour, de l’une à l’autre, comme la sève qui monte ou descend selon la saison. C’est pourquoi la technique doit être pensée à la fois comme mode d’inscription et mode de révélation. Elle est l’outil nécessaire pour qu’une forme soit et s’accomplisse, une « servante au grand cœur » ; mais ne s’abolissant pas tout entière dans le service de la forme, une part d’elle subsiste qui reprend son indépendance et retourne à sa tâche
propre, celle de la maturation du matériel déposé dans le fond et qui s’accroît ainsi de ce que la forme n’a pu retenir. Tel est son mode particulier de désœuvrement (à la différence de la déconstruction) dont l’action des fluides chimiques est l’allégorie.
Il s’agit aussi de photographies figuratives : un arbre, justement, sert de point de départ, puis creusé, érodé par l’action de la lumière que redouble celle des acides, il mute soudain dans une autre espèce et donc un autre dessin : cela peut être le fourmillement des bacilles dans un bouillon ou les galeries hasardeuses des vers dans la terre.
Il suffit de lire la description des techniques et produits employés par François Tresvaux pour que viennent immédiatement en mémoire les anciens traités de peinture, du moine Théophile ou de Cennino Cennini. On y parle de gélatine, de bromure, de sel d’argent.
François Tresvaux dit de ses photos : « rien d’autre que quelques grains d’argent emprisonnés dans une gélatine de peau de porc. »
Nous n’en avons pas encore fini avec le corps.
Christian Bonnefoi

Camille Bonnefoi

Diplômée des Gobelins en 2002, et d’un master théorie de l’art en 2006, je poursuis une démarche de photographe d’auteure autour des questions du support de l’image, du corps et du paysage. Lauréate en 2005 des Boutographies de Montpellier, j’ai été remarquée par les curateurs de Fotolegendo et j’ai pu exposer mon travail à Rome en 2006. J’ai également participé à des expositions de groupes à Paris, en 2010 au mois de la photo Off et en 2013 à la Galerie Ricardo Fernandes ainsi qu’à Pékin en 2012. En 2010 paraît le livre, Les techniques alternatives aux éditions du SCEREN présentant mon essai sur le support et l’image. Depuis 2008, je vis à Strasbourg où j’enseigne la photographie à la HEAR. J’ai créé l’association SimAGo pour la promotion de la photographie en 2012 et mon investissement dans les associations locales – La Chambre et Stimultania – permet à des adultes et enfants de tous horizons de découvrir les techniques argentiques pour une préservation du savoir en ce domaine. A strasbourg, j’ai également pu exposer mon travail régulièrement et plus particulièrement en 2018 lors de la carte blanche qui m’est donné pour la Maison Fulgurante de Photographie où j’ai pu commencer à déployer mon travail sous forme d’installation.

François Phan phèng dy

Artiste autodidacte ayant côtoyé les bancs d’écoles d’art entre deux lignes, sans jamais s’inscrire dans un enseignement dicté. François Phan phèng dy arpente le sentier de son art à travers ses carnets et ses toiles, esquissant ses rencontres, ses odeurs, ses couleurs, ses lumières, que des multitudes de vies simples animent une aventure humaine.
Crayons, pinceaux, gouge, stylo bic, marc de café jonglent sur bois, table, papiers ou n’importe quel autre support digne d’accueillir son imagination.
Idées loufoques, personnages débridés, formes dérisoires sont les notes que composent son piano bastringue.

Fabienne Schneider

Fabienne Schneider est artiste plasticienne et utilise le verre soufflé et sculpté comme médium principal d’expression. Elle s’est intéressée petit à petit au design d’objet et utilise les différentes propriétés du verre pour ses créations : mémoire de forme, transparence, couleur, fluidité, effets d’optique…Elle sculpte également le verre ‘à chaud’ à l’aide de pinces pour représenter des éléments organiques ayant trait au corps ou aux animaux.

Julie Lamidieu

Zines
Mes fanzines sont conçus de A à Z dans mon atelier.
J’aime travailler avec du papier qui me plait au toucher et à l’œil et qui va raconter une histoire supplémentaire sur le fanzine.
Je réalise des fanzines mêlant texte et image et des fanzines basés sur le collage.
Je les relie soit grâce à la couture ou tout simplement avec une bonne vieille agrafeuse. Les textes sont tapés à la machine à écrire. Les chutes de papier me permettent de créer d’autres fanzines. Mes poèmes racontent ce que l’on voit à travers les fenêtres et ce qui se passe dans les maisons : les relations entre les gens, la société capitaliste, les normes qui nous poussent à adopter un comportement et des conduites, le féminisme et la sexualité.

Vidéopoésie : A travers la vidéopoésie j’expérimente mes poèmes différemment. Je mets en scène les mots avec des images qui sont englouties par des sons. Chaque vidéopoème est unique et pourrait
être recrée indéfiniment. J’aime l’idée qu’il a des combinaisons multiples et que chaque matière va apporter une vision nouvelle du poème.
Je m’amuse à créer des bandes sons sur lesquelles je fais jouer le texte ou alors je détourne des chansons ultra kitchs en mode karaoké sur lesquelles je vais raconter une autre histoire.

Illustration :
Travaillant sur de grands formats ou des plus petits, j’aime raconter des histoires dans mes illustrations. Certaines fourmillent de détails et de petites choses à voir à la loupe, d’autres sont plus sobres et nues sur la page.
Il est question de scènes de la vie quotidienne, d’iconographie moyenâgeuses et antiques et d’objets familiaux qui racontent des histoires ou qui sont juste là, posés de façon hasardeuse.

Neojungle

Graphiste de métier, je cherche à m’affranchir des contraintes imposées dans mes projets professionnels par la création d’œuvres personnelles. Inspiré par les affiches, le collage et le photomontage numérique, je laisse libre cours à mon imagination pour créer des visuels très graphiques ou aux univers surréalistes parfois même chaotiques. 
Les photos que j’utilise sont issues de mes archives ou recyclées d’Internet. J’y ajoute parfois des formes, des effets spéciaux ou des éléments typographiques. Je m’amuse avec les couleurs et la lumière pour donner une atmosphère plus cohérente à l’ensemble. 
J’aime la liberté de composition et la rapidité d’exécution que permet le collage, d’autant plus lorsqu’il s’agit de collages numériques. Je peux ainsi me laisser porter au grès de mes envies et improviser, ce qui engendre parfois de beaux accidents. Le seul défaut étant l’aspect trop froid du tout numérique, j’aspire à m’orienter vers des méthodes plus analogiques, et à terme, faire converger ces deux aspects sur des projets de plus grandes envergures.