Le quotidien et l’espace vivent en constante dualité. Lorsque l’un évolue le second ne cesse de s’adapter. Le facteur de ces changements ? Le temps
J’ai compris dans ma culture que le temps était une chose que je n’envisageais pas. La culture orientale se repose sur deux mots, Inch’Allah (si Dieu le veut ) et Mektoub (c’est écrit). En occident j’ai appris qu’un designer se devait de vivre aujourd’hui, afin d’apprendre les besoins de demain. Le facteur temps le plus apte à mener la création à ce qu’elle doit être, c’est le présent.
Le métissage est centrale dans ma pratique. Les savoirs faire, les matériaux, les formes, les motifs, tout ce langage resulte d’un mélange d’univers dans lequel je vis.
Mon geste consiste à réinterpréter des usages et des signes traditionnels de leurs fonctions premières. D’origine berbère, l’espace qui m’a entouré a toujours été celui des formes orientales : les zellig, les motifs berbères, les broderies marocaines etc.. Ces influences je les retrouve lorsqu’il s’agit de démarrer un projet.
Ma première pensée est toujours le dessin. Laisser les lignes s’appréhender les unes aux autres, c’est laisser l’instinct définir la forme. Il n’existe pas d’acte plus spontané que celui-ci pour retranscrire mon métissage.
Chacun de mes dessins m’interroge sur la finalité que celui -ci peut prendre; et c’est à ce moment la que j’opère en parallèle une réflexion sur le médium.
J’ai souvent imaginé un pont entre l’Orient et l’Occident; constamment emprunté par ma génération. Un mélange de flux, de va et viens plastique et littéraire. Aujourd’hui j’envisage mon travail comme étant l’héritage de ma culture à laquelle vient s’ajouter l’influence du monde occidental.
Kruno Jakobovic, alchimiste sur plaque
La visite de l’atelier de Kruno Jakobovic commence par la cave. Là, il se révèle, et ses plaques dévoilent leurs œuvres d’art. Le graveur utilise plusieurs techniques différentes, certaines ancestrales, utilisées par d’autres, et une qu’il préfère garder pour lui : « c’est un procédé personnel que je ne veux pas expliquer », glisse-t-il avec son délicieux accent venu de Croatie.
Kruno Jakobovic prend visiblement plaisir à manipuler la matière et les outils. Soude caustique, poudre de colophane, eau forte, aqua-teinte… Son univers a des relents d’alchimie.
Dans sa caverne, il s’est installé une presse et une armoire de photogravure, et dans son atelier-bureau, il garde tout le reste : dessins, peintures gravures, plaques, stylet, poinçons, burins… Sa découverte de la gravure est récente : « comme ma femme ne savait pas ce qu’elle allait faire de moi à ma retraite, j’ai commencé les cours de peinture… » s’amuse-t-il.
Une rencontre avec une artiste-graveuse croate a fait le reste.
Un adulte créatif est un enfant qui a survécu Ursula K Le Guin
Chapardeur de craies dans son école communale …. Guy enfant a toujours crayonné , dessiné , peint
Puis l’enfant grandit , lit , étudie , se forme et devient voyageur . Il tisse sa toile entre les continents ; Europe , Amérique centrale , Afrique de l’Ouest
La conjugaison de ces expériences participe au développement de son propre style pictural
et toujours au bout de son pinceau la liberté
Être créative est vital pour moi . Après la musique et des spectacles de cabaret et mes propres chansons, la peinture est maintenant pour moi un champs infini d’expérimentation, de découverte.
Peinture et sculpture, deux arts du visible, ô combien complémentaires, mis sous nos yeux!
Depuis 1972, année de ses premières expériences en peinture, Christian Seiter a tenté, un peu par hasard en 2012, de rétablir le « libre-échange » -et non pas « l’autarcie »- de cet art avec la sculpture. Cela, au fur et à mesure de ses rencontres avec Sylvain Chartier, Gérard Starck et Patrick Lang, artistes et/ou professeurs qui l’y ont initié et soutenu.
Pour lui, la lumière et l’énergie sont devenus aujourd’hui les éléments principaux de sa peinture. Et ce lien, il a voulu le transposer dans ses premières sculptures où il travaille assidûment à saisir et capter les effets de la lumière sur la matière, tout autant qu’il prend plaisir à jouer avec les volumes, les pleins et les vides, grâce à cette même matière qu’il manie puissamment, assemble ou désassemble, modèle, élève jusqu’à trouver l’équilibre, la position dans l’espace architectural de l’oeuvre en devenir, celle qui lui donnera vie et sens pour ceux qui (l’)observent…
Une recherche passionnante et prenante, qui l’incite à poursuivre ces deux arts qui opèrent en parallèle et se rejoignent dans l’infini, afin de créer toujours et encore!
Michelle Laporte
Maya Tébo, artiste plasticienne , conteuse, graphiste, touche à tout ,utopiste de la palette, matiériste au grand coeur…
Après avoir expérimenté diverses techniques, gravure, aquarelle, acrylique,, craies grasses, encre…
Elle peins en ce moment avec la coulure de peinture glycérol sur papier Velin pour inventer des lignes incisives et fortes. Ce graphisme imprévisible est ensuite aspergé d’eau pour diluer et diffuser ces matières non miscibles.
Les bêtes peuplent son répertoire formel et sensible. La série des » belles personnes » propose un vision parcellisée de quelques animaux malaimés: fauves, araignée, corbeau, chauve-souris…
Le textile s’invite régulièrement dans son travail de plasticienne. Elle crée des costumes et des marionnettes pour construire des installations, inventer des performances ou accompagner son parcours de conteuse.
Travaillant depuis quelques années sur la mise en scène théâtrale et plastique des contes, elle hybride la performance artistique et la narration.
La figure du loup, archétype du monde sauvage revient très souvent dans son travail. Elle réalise un livre objet, une marionnette, un masque, un costume, un dreapping pour dire le conte /performance : « La Loba » un conte initiatique.
Elle viens de terminer des costumes inspirés des photos de Charles Fréger « Wilder mann » : des hommes sauvages, un loup, un cerf, un ours et un sanglier pour le groupe de rock « Yan Caillasse ». Elle interroge la matière pour en tirer le plus de sauvagerie possible. Elle effile, déchire, noue, sali, tresse, abîme, froisse, lacére, teint, décolore… afin d’obtenir des textiles qui racontent une histoire.
Nikita, artiste globe-trotter. Nikita est née en Allemagne de formation thérapeute elle est installée en France à Strasbourg depuis quelques années. On la surnomme citoyenne du monde car elle se bat pour la liberté d’expression, les droits humains. Nikita utilise dans ses œuvres, depuis de nombreuses années, la poésie, la peinture, la musique et la photographie. Elle invite le spectateur à voyager dans ses réflexions et pensées profondes. Passionnée d’histoires d’amour, poétiques et littéraires, elle prend plaisir à conter et mettre en scène des songes et rêveries avec des interludes musicales , en interaction avec son public. Site web : www.artistenikita.com , Facebook, Instagram