Aymery Rolland

Aymery Rolland, peintre et graveur, vit et travaille à Gries en Alsace. Formé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il suit notamment l’enseignement de l’atelier Courtin, il obtient le DNSEP en 1991 après un parcours à l’École nationale des arts décoratifs de Limoges. Depuis plus de trente ans, il développe une œuvre singulière, reconnue pour la force de son dessin, la rigueur de ses compositions et l’intensité de sa palette.

Son travail pictural est décrit comme « une peinture à la fois robuste et paisible qui manifeste de toile en toile les plaisirs forts de la couleur et la joie de peindre ». Aymery Rolland construit ses images en recadrant, morcelant et déstructurant l’espace, jouant des harmonies et dissonances chromatiques pour créer une présence visuelle puissante. Ses toiles éclatent de couleurs — bistres, bleus gris, verts, bruns-rouge, oranges, blancs crème, indigos — sans jamais perdre la précision du geste ni la cohérence de la composition.

L’artiste puise ses motifs dans les objets simples du quotidien : « une théière, un peigne, un accordéon, des fruits, des fleurs ». Cette attention au réel nourrit une œuvre que Gaston-Paul Effa qualifie de « solaire », un « point de combustion entre le fruste et le contemplatif » où la matière devient lumière. Dans ses gravures, notamment ses eaux-fortes et aquatintes inspirées des architectures de son enfance, il explore « des camaïeux subtils que permet cette technique qu’Aymery pratique depuis son passage à l’atelier Courtin ».

Lauréat du Prix de gravure P.M. Rigal (1999) et du Prix de gravure Pierre Cardin (2000) décernés par l’Académie des Beaux-Arts, Aymery Rolland expose régulièrement en France et à l’étranger. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, dont l’Artothèque du Limousin, le Cabinet des estampes de Colmar et le Conseil régional du Languedoc-Roussillon.

Myriam Kotrys

Les réalisations puisent leur force dans l’utilisation de matériaux naturels et/ou recyclés afin de donner corps à des Etres de la Natures, ou des objets en résonnance avec elle. Récolter, assembler, marier, tisser, associer peuvent être autant de petits gestes et de jeu avec la matière qui lui redonne un nouveau Souffle. Hommage au vivant qui dans de nombreuses cultures et traditions du monde était honoré! Les Anciens se liaient et renouaient avec les forces et énergies de la nature dans un respect et une connaissance de ces dernières. Créer avec la complicité de ce que chaque matière insuffle, dans un dialogue où le créateur et la matière ne sont pas en lutte mais dans une forme d’alliance. De ces alliances naissent des corps et des êtres, des objets faits de fibres naturelles, de lanières végétales, de minéraux, de bois flottés, de coquillages et autres trésors de la Terre. Une personnification des Eléments de la Nature s’opère alors, et laisse libre cours à tout un univers, où magie et poésie vont de paire. Voilà comment naissent ces Etres, ces Gardiens de la Terre avec leur magie … c’est la puissance des Mystères!!!

Claire Guerry

C’est l’univers du léger, de l’aérien et du blanc, à l’image de la colombe, qui est au centre des travaux de Claire Guerry. Les installations de plumes blanches in situ, donnent à s’ouvrir vers l’infini, la vastitude, un sentiment de plénitude et de paix quelle cherche à transcrire. Par les peintures en techniques mixtes intégrant des éléments naturels tels que pigments, poudres végétales ou minérales, sables, œuvres en verre, planisphères célestes, elle aime montrer une perception des réalités à la fois multiple et simultanée. Touchée par l’art pariétal et dans l’esprit des arts amazoniens, les images, pour elle, « disent quelque chose et agissent aussi comme une sorte de ‘transformateurs d’énergie’ » et entraîne un processus ontologique de transformation voire de métamorphose.

Fredj Cohen

Fredj Cohen est un artiste qui œuvre actuellement à l’ouverture des esprits au beau, à la beauté des choses et des êtres. Son leitmotiv dans ses toiles, ses sculptures, ses installations, quoique silencieux, est cependant perceptible à nos sens. Il appelle à une forme de renaissance à nous-même par le biais de la reliance à notre état d’être profond, on pourrait dire premier. Cette mémoire des humains est une transfiguration de notre état d’êtres incarnés sur terre. Tout à coup l’appel est là, celui de s’arrêter, de contempler. Cet appel a une résonance intérieure, pour le moins vitale. Elle nous appelle à nous remémorer ce que nous sommes et comment nous sommes faits : de bois, de pierre, de terre, d’eau, d’air, de feu harmonisés comme par magie par la nature et habité par le souffle de vie.

Ann Loubert

Le travail d’Ann Loubert est en prise directe avec le réel : portraits, paysages, scènes de vie, fleurs… Elle dessine et peint avec le sujet sous les yeux, sans passer par l’intermédiaire de la photo. Sa démarche est double : la pratique nomade du dessin, assidue, quotidienne, lui permet de glaner des images, des moments de vie, par des croquis rapides et instantanés ; la pratique de l’atelier, nécessairement sédentaire, propose une autre temporalité. Ce travail sur le motif donne une peinture figurative mais allusive, pratiquant l’ellipse, la suggestion, la recherche de lignes épurées. Les techniques et les matières sont choisies pour leur fluidité – aquarelles, encres sans épaisseur… – et permettent de saisir une réalité mouvante, parfois fugace.

Anna Voreux

Mon processus créatif a pour commencement le vide : un espace mental et une disponibilité physique que j’entretiens afin d’accueillir ce que mon corps alerte et intuitif capte de mon environnement.
« La récolte », l’instant de la saisie des extraits (matières, objets, paroles…), est suivie d’une période de « macération » : une décantation hors de son contexte qui a pour objectif d’en révéler l’essence. Plus qu’une notion, le temps est donc une matière complice agissante qui dévoile, fortifie, transforme et rythme l’ensemble de ma démarche.

Originaire du milieu agricole, j’ai développé une affinité particulière avec les matières organiques et minérales qui m’attirent par la forme de vie intime, puissante et indépendante qu’elles renferment. De l’observation de ces dernières est née une fascination certaine pour les analogies et les porosités qui s’opèrent entre les trois règnes (animal, végétal et minéral). Je souhaite leur rendre hommage et rappeler qu’en temps qu’être vivant, nous sommes, les humains, également intégrés dans cette relation étroite et particulière.

Partager, retrouver ou entretenir l’émerveillement face à la Nature semble aujourd’hui fondamental. Puisant dans des sources multiples (science, mythologie, alchimie, quotidien, ethnologie…), je recherche toujours la présence d’une force universelle et archaïque. C’est dans ce sens que, depuis peu, je déploie au sein de ma démarche une dimension spirituelle, au sens étymologique du terme, « propre au souffle, au principe vital ».

Françoise Saur

Depuis 2015 je poursuis inlassablement la série "Compositions sur le marbre". La première partie a été montrée à "La Chambre" à Strasbourg, au MAMCS, au centre d'art et de photographie à Lectoure. Puis une deuxième partie à la galerie "Le réverbère" à Lyon. En 2024 j'ai un peu changé le protocole: les végétaux sont tous blancs et leur contenant de couleur blanche, ou transparent. Cette parenthèse s'appelle "Les blanches". Je continue à collectionner tous les "petits noms" de chaque plante, après des recherches assez approfondies. Et cela se lit comme un poème.

Thérèse Qua.

Thérèse Qua. est graphiste et illustratrice. Sa formation en arts visuels à l’Université de Strasbourg lui a fait comprendre l’importance du sens de l’image, de la couleur et de la forme, comme support d’un cheminement de réflexion. Elle mélange les médiums et les textures, intègre souvent le textile dans son processus créatif, s’inspire immanquablement du monde végétal, revisite et détourne les motifs graphiques. Sur le papier ou sur la palette numérique, chaque projet nait d’abord d’une rencontre. S’en suivent des échanges et des réflexions, puis l’éclosion d’une illustration originale – d’un motif ou d’une icône. Chacun de ses projets est pensé, interrogé, revisité, en cohérence avec ses propres questionnements. Nombre de ses illustrations gravitent autour des problématiques liées à l’environnement car elle est personnellement engagée dans une recherche qui lui semble fondamentale : comment lier, relier nos sociétés à la nature ? Comment alerter, interpeler les esprits ?

Emilie Picard

Attirée par le processus de dégradation des images et leur lente perte d’information, je cherche à jouer des temporalités pour créer dans mes tableaux un dialogue entre passé et présent, entre nature et artifice. Mes compositions, traversées de fissures, ramifient des espaces antagonistes et tentent de dire la fragilité de ce qui nous entoure. J’y aborde les notions de leurre, de faux-semblant, d’apparat et d’apparence. Mes peintures se composent comme des mises en scène de théâtre et renvoient à l’illusion du décor. J’y représente des objets divers : artefacts d’animaux ou de plantes, mais aussi des architectures factices, précaires, des maquettes illusoires faites de cartons, de déchets. Tous ces éléments s’inscrivent dans un espace ambigu et cloisonné. Dans mes tableaux, deux plans cohabitent, deux régimes d’images que la peinture fait se rencontrer : face à nous, des artefacts singent grossièrement la faune et la flore. Ils décoraient des espaces ou racontaient des histoires sur des scènes de théâtre ; ils tissent à présent leur propre narration. Délivrés de leur rôle premier, ils s’assemblent en un spectacle statique et silencieux. Ces éléments hétérogènes se détachent difficilement d’un deuxième plan où la nature foisonne, c’est du moins ce que l’on pense. Car en réalité, le regard se heurte à un mur peint : les ombres portées nous révèlent sa planéité. Il s’agit le plus souvent d’une fresque qui emprunte à la nature ses motifs paysagés. C’était le cas dans l’Antiquité, lorsque les riches villas s’habillaient de jardins intérieurs en trompe-l’œil. Aux fresques antiques, j’emprunte donc un catalogue de plantes, de fleurs et d’animaux. Dans leur abondance, ces formes perturbent le regard, se confondent. Leur lecture est d’autant plus confuse qu’elles sont traversées de fissures blanches qui fendent l’image. Celles-ci évoquent la lente dégradation et l’effritement de la matière picturale. Je m’intéresse à la pérennité des images, celles que je construis aujourd’hui comme celles dont je m’inspire, plus anciennes, qui portent en elles les marques du temps. Elles nous parviennent tronquées, lacunaires, et activent l’imaginaire. Ces béances sont souvent insupportables à l’homme. Archéologues et artistes œuvrent à combler les vides, comme en attestent les restaurations spéculatives de plusieurs sites antiques (Knossos, Akrotiri…). Dans mon travail, les fissures deviennent les chemins qui creusent la peinture et guident le regard. Se dessine alors une cartographie faite en réserve, qui met à nu le dessous du tableau et en exhibe le blanc inaugural. En faisant cohabiter des éléments dégradés et lacunaires, j’essaye de construire des images qui interrogent leur propre permanence. Mes peintures octroient aux sujets représentés un destin organique et tragicomique. Dans cette exploration du visible et de l’invisible, mes tableaux tentent de maintenir vivante la mémoire des formes, tout en embrassant leur inéluctable disparition.

 

Baptiste Reymann

Baptiste Reymann est né à Colmar en 1983. Son bac en poche, il entre à l’université d’arts visuels de Strasbourg. La licence obtenue, il passe une année de formation au concours du CAPES d’arts plastiques pour finalement entrer à l’école MJM Graphic Design a fin de mieux maîtriser les outils informatiques. Désormais illustrateur strasbourgeois, il travaille la bande dessinée avant de s’orienter vers l’illustration. Toujours influencé par le 9ème art, ses images sont figuratives, narratives et veulent raconter une histoire à elle seule. Par son travail, il invite le spectateur à entrer dans ses univers imaginaires, aériens, teintés de surréalisme et souvent emprunt d’une certaine quiétude. Il aime aussi diversifier les formats et les techniques, passant du numérique aux techniques dîtes traditionnelles, du papier à l’écran. Chaque médias apportent ses avantages et ses contraintes, mais chacun influence l’autre, et nourrit de nouvelles idées pour les projets à venir.