Dès mes débuts en photographie, j’ai été attiré par la faculté de transfiguration du réel par l’image, par les effets obtenus grâce au cadrage ou à la lumière. Puis, lorsque j’ai commencé à faire du tirage noir et blanc, il y a 20 ans, j’ai découvert le pouvoir d’agir sur l’image photographique au delà de la simple prise de vue, de transfigurer cette fois le réel par l’abstraction du Noir et blanc et son espace graphique. Mon intérêt s’est porté non pas vers une photographie qui montre mais vers une photographie qui donne à voir une certaine poésie des choses. Par mes connaissances du médium argentique, dans mes démarches créatrices j’aime explorer et expérimenter des formes plastiques inhérentes à ce dernier, les interactions possibles entre la lumière des choses, la chimie et le papier photographique. Ainsi, en plus d’une pratique du sténopé ou du photogramme, j’ai developpé des pratiques alternatives à la prise de vue classique, telle que la pratique direct de la lumière sur le papier argentique, comme dans la série « Les expressions pures », ou encore la gravure chimique. Faire mes tirages est très important, aussi, l’univers du labo photo, de ma pratique avec l’argentique, est pour moi un autre espace de création. Représenté aux collections privées de Madeleine Millot-Durrenberger, Marcel Burg et Francis Meyer ainsi qu’à l’Artothèque de la Ville de Strasbourg.
Après une formation à la photographie aux Etats-Unis en 1991-1992, j’ai développé mon travail avec pour thèmes principaux le portrait et le nu. Je représente le corps sous ses formes les plus diverses ; corps en mouvement, corps en sommeil, corps peint, corps troublant, éblouissant, corps en jeu perpétuel avec toutes les sources lumineuses qui s’offrent à lui, bribes de corps transformées par la lumière. Photographe de studio tout d’abord, mes recherches me poussent à explorer les espaces extérieurs, en périphérie des villes, là où se croisent le monde naturel et le monde altéré par l’homme, industriel, urbain, où la nature finit parfois – toujours ? – par reprendre le dessus. Et de pousser mon chemin vers de lieux où l’homme n’a encore su imposer sa trace. Lieux hostiles ou simplement résistants ? Après avoir longtemps travaillé au format 24×36, je diversifie mes outils d’exploration, n’hésitant pas à reconsidérer des techniques anciennes, voire élémentaires, le sténopé, le photogramme, mais aussi par l’utilisation d’objets plus anodins tels que l’instantané polaroid, à la recherche d’une image unique.
Une comète mélancolique, de grandes sphinges à têtes de chattes, une pince de mante religieuse et des Madones âgées de trois siècles ; mes sculptures et dessins se nourrissent d’imagineries symboliques aux acidités harmonieuses. J’aime interroger les choses et objets qui habitent nos quotidiens, sonder leurs identités, leurs charges historiques, politiques et affectives. C’est en mettant en tension les limites normées, en me les appropriant, les détournant et les réinvestissant, que je puise mes formes intuitives : poétiques et émancipatrices.
Pensives et précieusement arrangées dans l’espace, mes installations deviennent
narration où discours dominants et transversalités piquantes se charment et s’affrontent (…)
Elle considère l’espace scénographique comme un partenaire de jeu, une matière à expérimenter, à propulser, à faire vibrer, à sculpter par la présence de l’acteur, du danseur, du performeur. Espace privilégié des choses et des phénomènes, la scénographie se traverse telle une expérience vivante, aussi palpable qu’atmosphérique et métaphysique. Elle permet de créer des combinaisons poétiques enivrantes entre un lieu, des spectateurs, un texte, des matières, des voix, des corps comme autant de présences dont il faut révéler et sublimer les dimensions.