Anna Voreux

Mon processus créatif a pour commencement le vide : un espace mental et une disponibilité physique que j’entretiens afin d’accueillir ce que mon corps alerte, sensible et intuitif capte de mon environnement. L’instant de la saisie des extraits (matières, objets, parole…) peut être bref et est suivi d’une période plus longue de « macération ». Une lente décantation hors de son contexte qui a pour objectif de révéler la force de ce qui a été récolté. Détournées, isolées et traitées avec respect, les matières peuvent s’associer selon leurs similitudes ou ce qui les oppose. Une liberté est laissée aux choses que je ne cherche pas à domestiquer ou à m’approprier pleinement. Ainsi, les rencontres se font plus évidentes. Une place est laissée à l’imprévu comme des propositions exprimées par la matière elle- même. Originaire du milieu agricole, j’ai développé une affinité particulière avec les matières organiques qui m’attirent par la forme intime et puissante de vie indépendante qu’elles possèdent. Je suis fascinée par ce qui est en évolution permanente (lente ou rapide), qu’il s’agisse du monde vivant et minéral ou des outils inventés par l’homme usés à force de frottement. C’est pourquoi la notion de temps est une constante dans mon travail. Une matière énigmatique qui va agir à tous les niveaux. Puisant dans des sources multiples (science, mythologie, alchimie, quotidien, ethnologie…), je recherche toujours la présence d’une force universelle et archaïque. L’objectif principal de ce processus est le partage de cette vision poétique de l’existant.

Auguste Vonville

LA TRACE ET LA MÉMOIRE Quand on évoque le tryptique ; la vue, le regard, la vision, on pourrait y rajouter la notion de Temps. Le thème de la Mémoire et de la Trace est le fruit de nombreuses pérégrinations, de temps de contemplation, d’observations. Ce qui mène à une vision des éléments, de nous-mêmes. Il faut que la vue devienne active pour pleinement prendre ce qui nous est offert. Les sculptures organiques d’Auguste Vonville suggèrent avant tout. Elles sont un miroir qui nous renvoient à des formes qui passent du minéral au végétal et de l’animal à l’humain, mais qui inspirent un dépassement de ces statuts physiques. A chacun la liberté de l’interprétation, d’entrer dans son lot d’images, dans son ou ses histoires. Regarder, c’est se relier aux éléments, et d’une façon ou d’une autre, on entre en Contemplation. « Et c’est là qu’on entre dans le « Voir », ce qui nous permet d’avoir une « Vision ». Dès lors apparait la notion d’appartenance à un monde impalpable, qui va du micro au macro, et qui nous entraine dans des spirales infinies », confirme le céramiste. C’est ainsi qu’il évoque les quatre éléments chers à Gaston Bachelard. Ils sont omniprésents ; l’argile/terre pour sculpter, l’eau pour triturer celle-ci, le feu qui permet la cuisson et l’air qui permet au feu d’exister. Auguste Vonville, à travers son regard porté vers la Nature, dans le sens large du terme, affine sa réflexion sur la place qu’occupe l’Humain dans cette « organisation » mystérieuse.

Christian Vogt

Depuis la fin des années 1960, Christian Vogt (né en 1946) a créé une œuvre photographique qui impressionne par son inventivité créative et ses rebondissements surprenants. Il maîtrise l’art du haïku photographique ainsi que la virtuosité du récit associatif avec les images. Pour Christian Vogt, la photographie n’est jamais seulement une image, mais toujours aussi une question de ce qui se cache derrière la surface en termes de sens ou d’histoire. Il s’agit d’une réflexion sur la subjectivité du regard photographique, sachant que l’image réelle n’émerge que dans la perception du spectateur… ». Martin Gasser

Helen Von Burg

Depuis la fin des années 1980, Helen von Burg se concentre sur la peinture abstraite dans laquelle la couleur et le rythme jouent un rôle central. Avec les moyens de peinture délibérément réduits, des reflets de couleur sont créés, qui, lorsque la perspective du spectateur change, font vibrer différents éléments de couleur, créant ainsi une plasticité et évoquant des images mentales ultérieures. Dans le cadre de sa production d’images, elle a commencé à peindre sur des textiles imprimés et tissés en 2005. Dans ses dernières œuvres, elle expérimente, entre autres, des rubans et des cordes qu’elle détourne de leur fonction première et qu’elle réévalue esthétiquement. Ses œuvres se sont ainsi développées de manière cohérente en peintures murales tridimensionnelles, dont les matériaux eux-mêmes deviennent le sujet du tableau.

Mimi Von Moos

Mon travail artistique base sur une approche conceptuelle. Ce sont des projets qui sont dû à l’idée de créer, d’élargir un espace imaginaire ou un espace pour le possible et de le rendre accessible. Un endroit a toujours un impact sur son environnement. Des actions artistiques dans l’espace publique redessinent nôtre perception de la localité. C’est une raison pour moi de m’engager pour établir l’ancienne synagogue de Hégenheim comme endroit pour l’art.

Anke Vrijs

Questions de société Si pendant de longues années mon travail tournait autour de l’image du corps -travail avec modèle vivant, travail à partir de modèles culurels- c’est à partir des gravures réalisées après les attentats du 13 novembre 2015 que mon travail prend délibéremment une tournure plus engangée. «Piètà, 13 novembre 2015» Il y a quelques années, un ami m’avais confiée des plaques gravées d’images pieuses pour un ouvrage sur des lieux de pèlerinages en Alsace. Quand j’ai fait un premier tirage, une image en négatif apparaissait … Ne sachant pas trop quoi en faire pendant longtemps, j’ai enfin trouvé une manière de travailler sur une de ces images en résonance avec mon travail sur les femmes voilées et sur la triste actualité de novembre 2015. Mon choix se portait sur une Pietà à laquelle j’ai rajouté les noms des tueurs et de Marie (ou maman) en arabe. «Voil(é)es» Depuis maintenant quelques années les figures voilées forment une grande partie de mon travail. Que cache un voile, que permet-il de révéler ? Signe religieux, provocation, symbole identitaire ? Depuis 2012 alors, je continue à me documenter sur la question du voile dans différents sociétés, le rôle des femmes dans le monde, leurs engagements, leurs espoirs et peurs, mais aussi leurs provocations et discours qui nourrit celui des politiques des extrêmes … «Veillez donc – Vierges Sages» L’iconographie de Vierges Sages et Vierges Folles est présente sur beaucoup d’églises : les portails des cathédrales de Bâle, de Berne et de Strasbourg, à Sens, Paris, Magdeburg ou Erfurt … Pendant des sciècles elles étaient alors visibles de tous. Folle et Sages étaient distinctement regroupées. Les Vierges Folles de Strasbourg par exemples, sont montrées en compagnie du Temptateur (ou Diable), les Sages se trouvant à côté du Christ. De ce fait, Saint Matthieu prête des paroles extremement dures au Christ, qui juge 10 jeunes femmes, dont la moitié sera exclue de la fête ! Je souhaiterais présenter lors des ateliers ouverts une installation à partir d’images de Vierges Sages et Vierges Folles que je superposerai et fonderai par morphing avec des images de femmes actuelles ayant un rapport plus ou moins ténu avec le voile. Ces femmes s’opposent par leur engagement politique, journalistique, spirituel pour la défense des droits humains fondamentaux aux nombreuses personnes présentes dans la presse par leur actions criminelles, leurs viols et violations. Ces femmes s’opposent par leur engagement politique, journalistique, spirituel pour la défense des droits humains fondamentaux aux nombreuses personnes présentes dans la presse par leur actions criminelles, leurs viols et violations. J’ai choisi ainsi : – Nasrin Sotoodeh, née en 1963, avocate iranienne, spécialisée en droits de l’Homme – Deema Alasad (pseudonyme Asadoya la lionne), née en 1995, blogeuse et activiste soudanaise – Wassyla Tamzalie, née en 1941, auteure et féministe algérienne – Sherin Khankan, née en 1974, première femme imam au Danemark, fondatrice de la mosquée Mariam, exclusivement réservée aux femmes – Zineb El Rhazoui, née en 1982, défenseuse des droits de la Femme franco-marocaine, journaliste pour Charlie Hebdo – Tawakkol Karman, née en 1979, journaliste yéménite, 2011 Prix Nobel de la Paix – Femke Helsema, née en 1966, Maire d’Amsterdam, engagée dans une politique alternative face à la question de l’imigration Cette liste reste à être complétée. Je souhaiterais présenter 10 femmes et superposer/mixer leurs images à celles des Vierges sans distictions de «folles» ou «sages». Toutes seront «SAGES» ! J’envisage d’imprimer ces photomontages sur une toile fine et transparente afin de pouvoir les suspendre dans l’espace. Le spectateur se trouverait face à toutes ces images de femmes hybrides et hybridées. A partir de mes lectures, je me suis rendue compte de ma grande ignorance à ce sujet … et je ne dois pas être la seule … Faire le procès, juger, exclure la moitié des «Vierges» (femmes ???) de la fête (cf. Matthieu 25 : 1-13) ne me convient pas. Par contre, l’idée de la veille, de la bienveillance, de rendre visible en dévoilant, me paraît être au coeur de ce projet d’installation. J’envisage de suspendre ces images hybrides de femmes voilées à hauteur des yeux du spectateur. Se confonderont alors images et réalités, images de l’histoire et images de l’actualité par un jeu subtile de transparences.

Capucine Vandebrouck

En 1967 Robert Morris réalise à la Western Washington University une oeuvre emblématique intitulée Steam Cloud, simple nuage de fumée s’échappant du sol. A l’époque où l’artiste américain conçoit ce travail, il s’agit de penser une oeuvre comme forme aléatoire, changeante et impermanente. Il parlera d’anti-form dans un texte paru en 1968, en rupture avec les canons du minimalisme qui domine alors la scène artistique américaine. De là, on pourrait tirer les nombreux fils d’une généalogie artistique en étoile, où se mêleraient entropie, hasard, ambiguïté fondamentale, immatérialité, disparitions et effets de leurre. C’est dans cette trame que viendrait se loger le travail de Capucine Vandebrouck, quelque part entre les élevages de poussière de Duchamp et les scribbles de Sol le Witt, entre les tenants de l’arte povera et les coulées d’asphalte de Smithson, entre l’élégance âpre d’Eva Hesse et les alchimies visuelles d’Ann Veronica Janssens ou Edith Dekyndt. […] Capucine Vandebrouck travaille avec des matériaux, des techniques, des méthodes dont elle ne maîtrise pas forcément les tenants et les aboutissants, comme s’il s’agissait de révéler les secrets de la matière et l’aura invisible des objets qui nous entourent, de rendre palpable ce qui échappe. La lumière, la chaleur, l’humidité, l’écoulement ou l’évaporation de l’eau sont autant de phénomènes naturels et immatériels dont elle accueille l’évanescence avec une bienveillance poétique. […] Elle tend d’étranges miroirs qui déforment ou perturbent le monde tel que nos sens le perçoivent […] Semblant suspendre le temps et le mouvement, l’artiste donne forme à des phénomènes invisibles ou insaisissables […] Elle ne nous propose pas de croire à ce que nous voyons, mais elle ne souscrit pas non plus à la doxa minimaliste du « what you see is what you see / ce que vous voyez est ce que vous voyez ». L’artiste suggère plutôt que ce qui se voit est aussi important que ce qui ne se voit pas, ce que l’ont sait aussi intense que ce qu’on l’ont tait. Marie Cozette Rome, janvier 2017 Extrait du catalogue Mirari, imprimé grâce au soutien de l’Institut français de Stuttgart.

Vitraux Jaegy

Troisième génération de verrier vous accueil dans un atelier neuf fini au moi d’avril 2019 au style résolument contemporain.

Sara Vercheval

Au croisement de l’illustration et du textile, Sara expérimente et aime créer des images à la surface du papier ou du textile. Dessins, couleurs et motifs se trouvent au centre de ses préoccupations.