Deux artistes, deux univers. Un peintre, une photographe. TOV et Nathalie Ramirez se sont installés en février 2018 dans leur nouvel Espace de travail et de présentation au 15 rue du Parc à Oberhausbergen. Ils créent quotidiennement et reçoivent les amateurs d’Art avec plaisir dans leurs espaces respectifs. Toiles, châssis pinceaux et pots de peintures pour l’un, spots, fonds, boîtiers et objectifs photographiques pour l’autre. Un univers épuré, des lignes sobres et des couleurs tranchées pour TOV, un univers onirique, fouillé, travaillé avec une multitude de nuances chez Nathalie Ramirez. Des styles presque à l’opposé…
Atelier…chambre noire…antre…Il est le lieu où s’élaborent, se révèlent, se fixent les souvenirs, les rêves. Le lieu où se diffuse et s’imprègne le vécu d’une promenade, d’un voyage…terrestre ou cosmique, sur toiles et papiers. Il est un vaisseau fait d’angles, d’échelles, de trous de lumière, l’endroit des possibles où se recrée le monde extérieur. Donnant naissance à des “images“… une toile est un embryon, tout se passe au dehors d’elle, à naître, elle est le noyau d’un fruit suspendu dans l’univers, sans limites, les quatre côtés du tableau nous indiquent les directions vers lesquelles se forment les quatre quarts d’une sphère. Les peintures sont ensuite livrées à elles-mêmes, doivent s’exprimer seules, sont autonomes. Peut-être vivent-elles la nuit, quand on leur tourne le dos ou plus vraisemblablement dans la mémoire du regardeur, du créateur?…et ceci afin d’y travailler? Sébastien Kuntz Dans l’atelier …“ Une forêt est-elle en marche, et les arbres se pressent-ils en exode, ou bien rêvent-ils notre équilibre, découvrent-ils pérenne d’écrire sur écorce de bouleau, de même que chez Kuntz toutes les écorces circonscrivent son art.“ Jacques Kober, (extrait )
Les nouveaux résidents des ateliers Jacques Preiss de la ville de Mulhouse, Emma Häeck, Joanna Hateley, Aurélien Finance et Raphaël-Bachir Osman, jeunes diplômé-e-s de la Haute Ecole des Arts du Rhin ouvrent les portes de leurs ateliers. Espaces de réflexion et de création, ce sont en ces lieux que leurs pratiques se déploient en quatres univers distincts sur deux étages. (Création textile, performance, peinture, sculpture et installation).
Noémie et son mari ont entièrement rénové une partie d’un vieux séchoir à tabac, l’atelier y a trouvé sa place. Dans le plus pur style alsacien avec poutres apparentes, colombages et murs à la chaux, on y a ajouté un toit végétal pour être encore plus près de la nature. Ce petit atelier est un petit havre de paix, une petite bulle qui permet à Noémie de créer et de vous accueillir pour vous présenter ses créations.
Fabio Secco Parcours Fabio SECCO est né le 17 mai 1961 à Bassano Del Grappa en Italie. A 16 ans, il choisit de quitter son village natal et sillonne l’Europe : Suisse, Italie, Allemagne, France. Le hasard l’amène d’abord à se tourner vers le métier de maître d’hôtel et de travailler dans les établissements les plus prestigieux. Ces voyages lui permettent de se nourrir de rencontres et d’expérience de vie. A 33 ans, Fabio SECCO décide de poser ses valises en France. Il rencontre Christian FUCHS avec qui il découvre la sculpture. Fabio SECCO se lance alors dans la création. La galerie ‘’SINGER’’ à Erstein repère son travail et lui propose d’exposer dans sa galerie puis au salon d’Art Contemporain ‘’St’Art’’ à Strasbourg. Cette expérience lui permet de s’investir totalement dans la sculpture sur pierre. ‘’La taille directe demande de l’engagement physique, elle offre le plaisir du défoulement et permet d’extérioriser des sentiments bruts.’’ Au fil de son parcours, Fabio SECCO a souhaité découvrir et travailler divers matériaux : Albâtre, Marbre, Stéatite. Ces matières, qui se travaillent chacune avec une technique différente, lui permettent d’exprimer ses émotions du moment. ‘’Avant d’attaquer une pierre j’ai une idée, une démarche intellectuelle. Ensuite, je me laisse aller et, peu à peu, je vois la forme prendre vie. Le principal, c’est de me faire plaisir. Je ne m’oblige pas à obtenir tel ou tel résultat mais je laisse parler mes mains. L’activité artistique doit rester quelque chose de primitif. De plus, chaque création est un voyage, une nouvelle expérience qui m’offre un enrichissement personnel.’’
Le travail de Schieberlé est proche de celui d’un plasticien réalisant des collages. Dans un premier temps, il crée des images par superpositions parfois multiples, puis après développement, il colle sur ce « fond », des éléments prélevés dans ses propres photos ou dans des magazines, ou pose simplement dessus de petits objets. De cette nouvelle opération, naît par télescopage une nouvelle image qu’il photographie à nouveau. Ce processus rudimentaire qui laisse la place au hasard et à l’accident, produit des images d’une indéniable force visuelle. Dans le cas des images de Schieberlé, on ne peut pas vraiment parler d' »œuvres » au sens d’un achèvement. En effet, il réalise de nombreuses versions de ses photos, qu’il modifie et re-photographie à l’envi. Quant il regarde son travail, c’est toujours avec l’idée d’en retrancher quelque chose ou d’y ajouter des éléments. Il ne s’agit pas de la marque d’une perpétuelle insatisfaction face à un travail qu’il faudrait sans cesse peaufiner pour tendre à la perfection, mais plutôt de l’intuition, que les images rendues visibles sur le papier, sont des objets dont l’essence même est d’être en perpétuelle mutation. C’est sans doute pourquoi Jacky Schieberlé manipule ses images sans ménagement, qu’il ose tailler dedans à coup de ciseaux, qu’elles n’ont pas de format bien déterminé, et qu’elles s’entassent dans ses tiroirs ou sur des clés USB, dans l’attente d’une nouvelle idée qui les transformera. Texte : Inès P. Kubler
L’observation attentive de la nature et de ses composants est au cœur de ma pratique. Je considère l’ensemble de mon travail comme une sorte de réserve accumulant et abritant mes tentatives de rendre visible la vulnérabilité et la ténacité du monde végétal et minéral. Souvent en symbiose avec le dessin et la gravure, j’expérimente d’autres matériaux. Les recherches fragiles et éphémères sont « préservées » par la photographie, qui à son tour me fournit un moyen d’explorer les changements d’échelle. La lumière, qu’elle soit projetée, réfléchie ou bloquée et la transparence ou la superposition peuvent interagir et parfois déconcerter.
Christophe SCHIRCKER, plus connu sous son nom d’artiste, TOV, crée des tableaux contemporains et design à base de lignes et de couleurs vives. Il exerce son activité d’artiste peintre à plein temps depuis 2007. Ses sources d’inspiration sont la figure humaine et l’abstraction. TOV improvise au départ des dessins avec la technique du « dripping » qui consiste à laisser couler la peinture sur un support posé à plat sur le sol. Puis il part de ces « coulures » pour réaliser d’autres oeuvres à l’aide de différentes techniques en les ré-interprétant, en changeant les formats, les formes du support, les couleurs etc… Il expose en Allemagne, en Suisse, et dans différents Salons français. Ses oeuvres sont visibles en permanence à son atelier du 15 rue du Parc à Oberhausbergen
Chaque identité a son inventeur, toutes n’ont pas vocation au mystère. Car on peut considérer l’opposition entre regarder une photographie et résoudre une énigme, mais faut-il les opposer dès lors que tu les conjugues ? Le débat de la photographie et de la gravure est au centre de tes dispositifs. Mais au centre centrifuge, si l’on peut dire, car l’une et l’autre fuient le centre. Peut-être les deux directions opposées à l’origine se rejoignent-elles : formes intermédiaires, témoins de la connivence des techniques ? Un point de fuite qui prend l’habit de la gravure sans perdre l’identité de la photographie ? Soudain tout se brouille dans la foule des vibrations. Un certain mystère, en effet, subsiste : mystère de l’identité, qui n’est qu’allusivement révélée, plongeur, chasseur, faunes ; mystère de la suggestion, de l’effet, de l’efficience d’une photographie qui voudrait animer un corps, qui semble immobile mais se déploie, diptyque, triptyque, séquence, sillons de la gravure à la surface de la plaque de cuivre ; mystère de la nuit, des pièces d’eau et des forêts dans lesquelles le jeune héros est invité à entrer. Il crie : « L’usage de ma jeunesse fut rapide et rempli d’agitation. Je vis de mouvement et ne connais pas de borne à mes pas ». Stéphane Gounel