Claudia Eichenberger

« L’homme se trouve au centre ma création. » « La nostaligie de regarder derrière augmente, mais le secret reste » « Les symboles des diverses confiances. » « Le blanc de la toile en lin et celui de la peinture ont la même intensité que les couleurs. » « Laisser couler la couleur entre les picots des coussins d’air et moucheter la couleur. » « La tache et le cercle m’inspirent. » « Je peins dans la concentration sereine et la spontanéité délibérée. « Mes expériences de performance des dernières années me conduisent vers de nouveaux domaines créatifs, j’investis tout mon corps dans la peinture. » « Je retravaille la peinture colorée avec de la peinture blanche et réduis ainsi aux formes essentielles. » « J’expérimente dans ma peinture, divers matériaux et ustensiles de nettoyage et laisse apparaître la toile blanche. » « Des images de rêve induisent des processus intuitifs et me guident vers la peinture dissolue. » « La couleur expressive me permets de me détacher des formes claires. » « Dans mes précédents tableaux, je mets en évidence, dans la lumière de l’ironie, des personnes dans des situations quotidiennes. »

Elham Etemadi

Je suis née à Shiraz, en Iran en 1983. A l’école, je n’avais que deux crayons pour écrire, un noir et un rouge. Les deux étaient ornés du logo d’une marque : un crocodile. Il était gage de qualité. Et c’est vrai : mes crayons “crocodile” écrivaient bien ! Je dessinais beaucoup. Les formes graphiques des textiles avec lesquels je jouais, les motifs des tapis sur lesquels je sautais, tout cela me fascinait et m’inspirait. Je ne pouvais pas envisager la vie autrement qu’en peignant. Les animaux, les objets du quotidien, les jouets de mon enfance, les motifs décoratifs de mon environnement sont restés présents dans mes compositions … Ils apparaissent dans presque chacun de mes « puzzles picturaux » ! Ce sont des élément récurrents qui se conjuguent sous de multiples formes. Ils agissent tantôt comme un fil conducteur, tantôt comme un élément indispensable, même s’ils sont amenés à être estompés sous un coup de brosse ! Ils se métamorphosent, s’imposent, s’effacent doucement selon une formule sans cesse renouvelée que je ne bride pas ! Ma peinture est ludique, onirique, elle suit son cheminement propre et libre. Aucune contrainte ne la lie à la représentation organique des formes de la nature. Des architectures, semblables à des jeux de construction d’enfants, peuvent apporter une structure. Parfois des répétitions d’éléments rythment la composition. Des liens plastiques relient ce qui semble juxtaposé ou imbriqué pour fédérer. L’animal, en particulier, souvent protagoniste de l’oeuvre, survit et se métamorphose de manière aléatoire et spontanée… Et, dans le bestiaire, surgit parfois, inconsciemment, le crocodile… Karel Appel* exprime bien cela : « Je ne veux pas de frontières séparées entre un oiseau, un chat, un tigre. Je commence un animal en chat, et puis il devient oiseau. Mais c’est encore trop direct. Je travaille toujours dans l’ambiguïté. ça devient un tigre-oiseau. Je refuse la limite.» Cette circulation interne sur la toile, j’en ai conscience, c’est mon histoire à la manière d’un conte revisité avec l’éclairage du monde contemporain, mais je ne la dévoile pas au regardeur. Je désire qu’il soit libre de penser, de voir, d’imaginer… Ainsi, mes œuvres ne portent-elles pas de titre. Sur mes tableaux, je désire conserver le regard de l’enfant : les proportions n’ont plus sens, un même monde onirique unit personnage, animal et objet dans le comique, le grave, le poétique et l’émotionnel. Encore une fois, je fais mienne une réflexion de Karel Appel* : « J’aime à attirer l’attention des gens sur le fait que le monde est un jeu, une série de jouets, un élément de jeu entre naissance et renaissance. » Regarder le monde à travers le filtre du jeu, résulte d’un choix : c’est grâce à ce transfert que je puis m’exprimer totalement. * ARMENGAUD, F. Bestiaire Cobra. Une zoo-anthropologie picturale. Paris: La Différence, 1992 p.110 *Karel Appel, 40 ans de peinture, p. 49

Eban

Eban est né à Banméthuôt en 1954 au Vietnam. Par sa mère il est originaire d’un peuple minoritaire de l’ancienne Indochine : les Êdes. Son père est français. Il a fait ses études à Bordeaux, une école graphique en publicité, mais se dirige finalement vers la peinture où il crée son propre style. Il a présenté de nombreuses expositions en solo et en groupe depuis 1974. Ses peintures sont la rencontre de deux mondes : l’Asie millénaire et la vieille Europe. Par ailleurs le monde végétal, aime aussi peindre sur de grandes toiles. Chaque tableau se transforme en recherche vers une nouvelle expression. Sa démarche : Eban au travers des multiples facettes de son art poursuit son objectif d’éveilleur et d’humaniste C’est toute l’expérience et le parcours d’un jubilé créateur que nous propose Eban. Son oeuvre contient l’image d’une ancienne Indochine qui s’est déjà sublimée et qu’il effleure du bout du pinceau avec toutes les couleurs du ciel et de la terre déposées sur la palette. Depuis son enfance en terre vietnamienne jusqu’à l’aboutissement d’un principe et d’un art révélateur maîtrisé, socle sur lequel s’érige toute une vie. L’art est un long chemin de silence qui donne à l’homme les clés d’accès à sa métamorphose. Michel Bénard. Lauréat de l’Académie française.

Noémie Chevaux

Noémie Chevaux est autodidacte. Elle a développé son langage dans son propre univers, avec sensibilité, humour, poésie, finesse et souci du détail. Riche et multiple, elle développe des créations protéiformes qui explorent le dessin, la peinture, le collage, la sculpture, la photo ou l’art digital. Noémie laisse son intuition et ses recherches la guider vers les clés scientifiques qui ouvrent les portes de chemins impossibles. Avec douceur et délicatesse, l’artiste crée des variations sur la vie, le corps et l’espace-temps. Ses abstractions ne sont que d’apparence et le spectateur est enveloppé par ce débordement d’énergie, voyageant du microcosme au macrocosme, sur le fil entre le visible et l’invisible, au gré des chemins spirituels, des émerveillements scientifiques, du regard acéré et de l’imagination sans limite de Noémie.

L’écerfvelée

Atelier ouvert uniquement les 24 et 25 mai.

 

L’Atelier, l’Ecerfvelée est situé à l’orée de la forêt en Alsace, à LAUW. L’ Atelier se nomme l’Ecerfvelée, clin d’œil au trophée de chasse de cette région boisée. Le trophée en céramique bleue, installé au-dessus de la porte d’entrée, accueille le visiteur et indique le statut particulier de cet endroit. Un espace de création contemporaine lié à l’art et à l’argile. Situé en face de l’ancienne tuilerie du village, aujourd’hui disparue, l’atelier perpétue une tradition, le travail de l’argile locale. L’artiste Marina ZINDY, extrait la terre dans les anciennes carrières d’argile du village pour réaliser des sculptures et des installations contemporaines. L’atelier L’Ecerfvelée se situe sur le sentier nommé « Au fil de LAUW », un parcours de 5km qui a été récemment balisé. En effet, le patrimoine industriel et naturel du village de LAUW, a été mis en valeur par l’implantation de panneaux explicatifs, illustrés par Vincent KONIK, dans le cadre d’une commande de la mairie au CPIE des Hautes-Vosges. Consciente du potentiel du site, Marina ZINDY a déjà organisé une soirée artistique dans la forêt en 2019, récompensée par le prix du Patrimoine de la Chambre des notaires du Haut-Rhin. En compagnie de Vincent KONIK et Laurence CLEMENT, les trois artistes proposeront de découvrir leurs univers personnels. Ils ébaucheront aussi une réflexion pour la poursuite d’exposition d’œuvres contemporaines In Situ, dans cet espace naturel, en lien avec l’atelier L’Ecerfvelée.

Etienne Champion

Mes deux ateliers sont deux garages donnant sur la rue. Chacun a sa destination propre, celui du n°11 est destiné au travail du métal, celui du n°15 est destiné au travail de la pierre et du bois. La petite rue des Chartreux est essentiellement fréquentée par des écoliers et des piétons allant faire leurs courses ou prenant le bus. Je travaille souvent toutes portes ouvertes et une relation conviviale s’est établie, à la longue, avec les passants.

Valerie Etterlen

Née en 1987 à Guebwiller, Valérie ETTERLEN est une artiste plasticienne qui vit et travaille à Strasbourg. Diplômée des Beaux-Arts de Nîmes avec une spécialisation dans les pratiques éditoriales puis dans les métiers du livre à l’IUT Michel de Montaigne de Bordeaux, son travail est marqué par le souci du détail, la précision du trait et le rapport au temps dans l’acte créatif. Son travail,proche du naturalisme, interroge le rapport au vivant, sa place, sa fragilité face à son exploitation par l’Homme, mais aussi sa beauté et sa fugacité.

Myriame El Jorfi

Le quotidien et l’espace vivent en constante dualité. Lorsque l’un évolue le second ne cesse de s’adapter. Le facteur de ces changements ? Le temps

J’ai compris dans ma culture que le temps était une chose que je n’envisageais pas. La culture orientale se repose sur deux mots, Inch’Allah (si Dieu le veut ) et Mektoub (c’est écrit). En occident j’ai appris qu’un designer se devait de vivre aujourd’hui, afin d’apprendre les besoins de demain. Le facteur temps le plus apte à mener la création à ce qu’elle doit être, c’est le présent.

Le métissage est centrale dans ma pratique. Les savoirs faire, les matériaux, les formes, les motifs, tout ce langage resulte d’un mélange d’univers dans lequel je vis.

Mon geste consiste à réinterpréter des usages et des signes traditionnels de leurs fonctions premières. D’origine berbère, l’espace qui m’a entouré a toujours été celui des formes orientales : les zellig, les motifs berbères, les broderies marocaines etc.. Ces influences je les retrouve lorsqu’il s’agit de démarrer un projet.

Ma première pensée est toujours le dessin. Laisser les lignes s’appréhender les unes aux autres, c’est laisser l’instinct définir la forme. Il n’existe pas d’acte plus spontané que celui-ci pour retranscrire mon métissage.

Chacun de mes dessins m’interroge sur la finalité que celui -ci peut prendre; et c’est à ce moment la que j’opère en parallèle une réflexion sur le médium.

J’ai souvent imaginé un pont entre l’Orient et l’Occident; constamment emprunté par ma génération. Un mélange de flux, de va et viens plastique et littéraire. Aujourd’hui j’envisage mon travail comme étant l’héritage de ma culture à laquelle vient s’ajouter l’influence du monde occidental.

Line Engelmann

Line Engelmann est une étudiante de 21 ans qui, a baignée dans l’art depuis petite. C’est avec un bac options Arts-plastiques qu’elle se dirige vers la Faculté de Strasbourg, où elle obtiendra sa Licence. Poursuivant vers le Master Recherche elle tente dans cette filière de remettre en question son travail pour avancer vers de nouvelles techniques, s’ouvrir aux diverses champs de l’art et acquérir l’aisance d’écrire sur l’art.Son travail se diversifie souvent alliant peinture et craie. Le portrait qu’elle travaille essentiellement est pour elle le moyen de capter un moment, une émotion en mêlant abstraction et figuration. Avec ce master son travail change, ainsi que la manière de l’aborder, en effet elle remet en question la pratique du portrait pour prendre un nouveau tournant vers des scènes quotidienne influencé par la société.