Elham Etemadi

Je suis née à Shiraz, en Iran en 1983. A l’école, je n’avais que deux crayons pour écrire, un noir et un rouge. Les deux étaient ornés du logo d’une marque : un crocodile. Il était gage de qualité. Et c’est vrai : mes crayons “crocodile” écrivaient bien ! Je dessinais beaucoup. Les formes graphiques des textiles avec lesquels je jouais, les motifs des tapis sur lesquels je sautais, tout cela me fascinait et m’inspirait. Je ne pouvais pas envisager la vie autrement qu’en peignant. Les animaux, les objets du quotidien, les jouets de mon enfance, les motifs décoratifs de mon environnement sont restés présents dans mes compositions … Ils apparaissent dans presque chacun de mes « puzzles picturaux » ! Ce sont des élément récurrents qui se conjuguent sous de multiples formes. Ils agissent tantôt comme un fil conducteur, tantôt comme un élément indispensable, même s’ils sont amenés à être estompés sous un coup de brosse ! Ils se métamorphosent, s’imposent, s’effacent doucement selon une formule sans cesse renouvelée que je ne bride pas ! Ma peinture est ludique, onirique, elle suit son cheminement propre et libre. Aucune contrainte ne la lie à la représentation organique des formes de la nature. Des architectures, semblables à des jeux de construction d’enfants, peuvent apporter une structure. Parfois des répétitions d’éléments rythment la composition. Des liens plastiques relient ce qui semble juxtaposé ou imbriqué pour fédérer. L’animal, en particulier, souvent protagoniste de l’oeuvre, survit et se métamorphose de manière aléatoire et spontanée… Et, dans le bestiaire, surgit parfois, inconsciemment, le crocodile… Karel Appel* exprime bien cela : « Je ne veux pas de frontières séparées entre un oiseau, un chat, un tigre. Je commence un animal en chat, et puis il devient oiseau. Mais c’est encore trop direct. Je travaille toujours dans l’ambiguïté. ça devient un tigre-oiseau. Je refuse la limite.» Cette circulation interne sur la toile, j’en ai conscience, c’est mon histoire à la manière d’un conte revisité avec l’éclairage du monde contemporain, mais je ne la dévoile pas au regardeur. Je désire qu’il soit libre de penser, de voir, d’imaginer… Ainsi, mes œuvres ne portent-elles pas de titre. Sur mes tableaux, je désire conserver le regard de l’enfant : les proportions n’ont plus sens, un même monde onirique unit personnage, animal et objet dans le comique, le grave, le poétique et l’émotionnel. Encore une fois, je fais mienne une réflexion de Karel Appel* : « J’aime à attirer l’attention des gens sur le fait que le monde est un jeu, une série de jouets, un élément de jeu entre naissance et renaissance. » Regarder le monde à travers le filtre du jeu, résulte d’un choix : c’est grâce à ce transfert que je puis m’exprimer totalement. * ARMENGAUD, F. Bestiaire Cobra. Une zoo-anthropologie picturale. Paris: La Différence, 1992 p.110 *Karel Appel, 40 ans de peinture, p. 49

Eban

Eban est né à Banméthuôt en 1954 au Vietnam. Par sa mère il est originaire d’un peuple minoritaire de l’ancienne Indochine : les Êdes. Son père est français. Il a fait ses études à Bordeaux, une école graphique en publicité, mais se dirige finalement vers la peinture où il crée son propre style. Il a présenté de nombreuses expositions en solo et en groupe depuis 1974. Ses peintures sont la rencontre de deux mondes : l’Asie millénaire et la vieille Europe. Par ailleurs le monde végétal, aime aussi peindre sur de grandes toiles. Chaque tableau se transforme en recherche vers une nouvelle expression. Sa démarche : Eban au travers des multiples facettes de son art poursuit son objectif d’éveilleur et d’humaniste C’est toute l’expérience et le parcours d’un jubilé créateur que nous propose Eban. Son oeuvre contient l’image d’une ancienne Indochine qui s’est déjà sublimée et qu’il effleure du bout du pinceau avec toutes les couleurs du ciel et de la terre déposées sur la palette. Depuis son enfance en terre vietnamienne jusqu’à l’aboutissement d’un principe et d’un art révélateur maîtrisé, socle sur lequel s’érige toute une vie. L’art est un long chemin de silence qui donne à l’homme les clés d’accès à sa métamorphose. Michel Bénard. Lauréat de l’Académie française.

Noémie Chevaux

Noémie Chevaux est autodidacte. Elle a développé son langage dans son propre univers, avec sensibilité, humour, poésie, finesse et souci du détail. Riche et multiple, elle développe des créations protéiformes qui explorent le dessin, la peinture, le collage, la sculpture, la photo ou l’art digital. Noémie laisse son intuition et ses recherches la guider vers les clés scientifiques qui ouvrent les portes de chemins impossibles. Avec douceur et délicatesse, l’artiste crée des variations sur la vie, le corps et l’espace-temps. Ses abstractions ne sont que d’apparence et le spectateur est enveloppé par ce débordement d’énergie, voyageant du microcosme au macrocosme, sur le fil entre le visible et l’invisible, au gré des chemins spirituels, des émerveillements scientifiques, du regard acéré et de l’imagination sans limite de Noémie.

Etienne Champion, sculpteur

Mes espaces de travail sont deux garages au 11 et au 15 petite rue des Chartreux qui donnent sur la rue. ILs mesurent environ 6 mètres de long sur 3 mètres de large chacun. Le premier, le 11 est mon garage dans lequel je travaille le métal et est équipé pour ce travail. Je loue le deuxième à une voisine et j’y travaille le bois et la pierre.
Enfin, chez moi, je travaille la terre et le dessin.
C’est dans ces deux garages que je ferai les portes ouvertes. Celui pour le métal sera ouvert aux regards de la rue mais ne sera pas en accès libre pour des raisons de sécurité.
J?ouvrirai le deuxième et y montrerai mon travail car il se plus facile à ranger et à débarrasser que le premier.
Enfin je présenterai dans mon jardin, attenant au garage du 11, une sculpture monumentale en métal.

Sulamit Ewangué Din

Fasciné par la fragilité de la vie et la vie éternelle, l’artiste s’interroge, se demande entre autres: Comment devenir une fleur qui ne se fane jamais?
Animé par un profond désir de traduire ces réflexions par la création d’œuvres d’art Sulamit a trouvé un moyen de réalisation particulier. Il en résulte une technique mixte constituée de matière organique comme les pétales de fleurs, les feuilles, etc. qui se conserve grâce à la résine époxy enrobée de peinture acrylique.
En quelque sorte Sulamit peint avec les fleurs, si fragiles, si magnifiques mais malheureusement éphémères. Est-ce possible de conserver cette beauté?
Oui, sous une autre forme; la couleur des fleurs ne se conserve pas, mais la fleur se laisse transformer, elle se laisse poser dans un autre contexte pour devenir une oeuvre d’art remarquable, inoubliable.
« Le cœur d’or » est le premier tableau de cette série (130×89 cm), il parle du cœur profond, battit sur des bonnes valeurs. Ce cœur qui est capable de supporter les coups durs de la vie, de les traduire en chance plutôt qu’en frustration!

Valerie Etterlen

Diplômée des Beaux-Arts de Nîmes avec une spécialisation dans les pratiques éditoriales, Valérie Etterlen découvre entre autres les techniques de la lithographie, de la gravure et de la tampographie. Ces dernières marqueront durablement son travail par le souci du détail, la précision du trait et le rapport au temps dans l’acte créatif. Après un second diplôme, dans les métiers du livre à l’IUT Michel de Montaigne de Bordeaux, l’artiste se recentre sur la pratique du dessin. Il y a d’abord les territoires explorés les liens entre l’Homme et l’animal, les rapports de domination, la relation protection/prédation, les équilibres fragiles du vivant. Au travers de ses œuvres, elle interroge le regard du spectateur par une image hybride qui oscille entre réalisme et abstraction. Une hybridité formelle d’une part, où se côtoient, se mélangent, se heurtent une technique sèche au rotring noir et le travail de la couleur, à l’aquarelle. Un travail double où les lignes d’un dessin maîtrisé bordent des taches de couleur d’un médium insaisissable et hasardeux. D’autre part, le sujet composite, issu de photographies documentaires, mute pour devenir singulier, étranger. Sous la forme du bestiaire, si familier à chacun, elle questionne l’altération de l’image, de la perception par un jeu de distance.

Myriame El Jorfi

Le quotidien et l’espace vivent en constante dualité. Lorsque l’un évolue le second ne cesse de s’adapter. Le facteur de ces changements ? Le temps

J’ai compris dans ma culture que le temps était une chose que je n’envisageais pas. La culture orientale se repose sur deux mots, Inch’Allah (si Dieu le veut ) et Mektoub (c’est écrit). En occident j’ai appris qu’un designer se devait de vivre aujourd’hui, afin d’apprendre les besoins de demain. Le facteur temps le plus apte à mener la création à ce qu’elle doit être, c’est le présent.

Le métissage est centrale dans ma pratique. Les savoirs faire, les matériaux, les formes, les motifs, tout ce langage resulte d’un mélange d’univers dans lequel je vis.

Mon geste consiste à réinterpréter des usages et des signes traditionnels de leurs fonctions premières. D’origine berbère, l’espace qui m’a entouré a toujours été celui des formes orientales : les zellig, les motifs berbères, les broderies marocaines etc.. Ces influences je les retrouve lorsqu’il s’agit de démarrer un projet.

Ma première pensée est toujours le dessin. Laisser les lignes s’appréhender les unes aux autres, c’est laisser l’instinct définir la forme. Il n’existe pas d’acte plus spontané que celui-ci pour retranscrire mon métissage.

Chacun de mes dessins m’interroge sur la finalité que celui -ci peut prendre; et c’est à ce moment la que j’opère en parallèle une réflexion sur le médium.

J’ai souvent imaginé un pont entre l’Orient et l’Occident; constamment emprunté par ma génération. Un mélange de flux, de va et viens plastique et littéraire. Aujourd’hui j’envisage mon travail comme étant l’héritage de ma culture à laquelle vient s’ajouter l’influence du monde occidental.

Line Engelmann

Line Engelmann est une étudiante de 21 ans qui, a baignée dans l’art depuis petite. C’est avec un bac options Arts-plastiques qu’elle se dirige vers la Faculté de Strasbourg, où elle obtiendra sa Licence. Poursuivant vers le Master Recherche elle tente dans cette filière de remettre en question son travail pour avancer vers de nouvelles techniques, s’ouvrir aux diverses champs de l’art et acquérir l’aisance d’écrire sur l’art.Son travail se diversifie souvent alliant peinture et craie. Le portrait qu’elle travaille essentiellement est pour elle le moyen de capter un moment, une émotion en mêlant abstraction et figuration. Avec ce master son travail change, ainsi que la manière de l’aborder, en effet elle remet en question la pratique du portrait pour prendre un nouveau tournant vers des scènes quotidienne influencé par la société.