Pratiques : Technique mixte
Marie Walter
Ma source d’inspiration est essentiellement mon environnement proche: mes balades en forêt, mes impressions et sensations lors de ces balades, mes collectes d’éléments naturels..
Je choisis de travailler sur un thème et j’explore ce thème au niveau de la composition, des gammes de couleurs (camaïeu ou contraste), du format. La série Sous Bois m a permis de travailler avec des empreintes de feuilles, de varier la luminosité et le choix des tons chauds ou froids.
J’utilise la technique de l’huile et de la cire qui permet d’obtenir des effets de matière (épaisseur, empreinte, grattage).
Gad
Gad, l’art digital qui remonte le temps ! On entre dans l’univers de Gad comme dans une soucoupe volante, immédiatement immergé dans un monde à venir aux tonalités futuristes : figures androïdes, couleurs métalliques, science-fiction… Mais, immédiatement, un gouffre s’ouvre, d’où surgissent des manifestations de temps révolus : déesses, icônes, ancêtres… Dans cet entre-deux, se vit l’expérience absolue de l’art, celle qui parle de l’origine et de l’humanité à venir. Ici, pas d’intelligence artificielle. Le pinceau numérique aux mille embouts est animé par une réflexion sensible, une gestuelle créative unique ; pour saisir l’insaisissable : la rencontre du passé et du présent, de l’antiquité et de la modernité, du sacré et du profane, du mystère et de la lumière… C’est au coeur du féminin, là où l’humanité est en perpétuelle gestation, que se jouent nos identités et nos libertés. Ces héroïnes, qui se présentent toujours de face, nous ouvrent l’espace d’un instant, un événement qui s’annonce, sans rien dire encore de ce qui arrive… Une question qui n’attend pas de réponse, une interpellation. Il n’y a rien de léger au milieu de ces lignes douces, lisses et élancées, rien de simple au cœur de ces couleurs primaires, rien de clair au fond de cette lumineuse obscurité. Ou alors, tout est si léger que même la terre se dérobe sous nos pieds. Seul le spectateur peut ici sauver ce qui reste à sauver. Il devient le point convergent de l’œuvre. Il se tient là où toutes les lignes, et tous les regards, conduisent. Dans leur posture transcendante, les œuvres de Gad, nous invitent, avec clarté et fermeté, à relever les yeux, la tête, le corps, l’humain et l’humanité que chacun porte en soi.
Gaby Mahey
Gaby Mahey est designeuse graphique, fondatrice de l’Atelier Bagarit. Formée à la typographie à l’École Estienne (Paris), puis à la HEAR (Strasbourg), elle articule sa pratique autour d’un fort intérêt pour les matériaux, le façonnage et les techniques d’impression traditionnelles ou contemporaines. Elle s’applique à penser à la faisabilité technique des objets en parallèle de leur forme et de leur appréhension sensible. Elle porte une attention particulière à la poésie des détails et du quotidien, et nourris une grande curiosité pour le petit et le non-remarqué, qu’elle injecte dans des créations contemporaines où dialoguent mots et images. Avec l’Atelier Bagarit, elle réalise des projets d’identité visuelle, de signalétique, de design éditorial et de communication imprimée ou numérique.
Géraldine Legin
Je peins les objets que j’aime, ceux qui me font rire, m’inquiètent, me trompent ou m’interrogent. J’essaie de tracer ce qu’ils portent de fiction. Je les choisis pour ce qu’ils disent de nous, les humains. J’apprécie ces longs moments d’observation et de concentration pour les peindre. Fascinée par les faux-semblants, je m’attache à ce que les images que je crée ne s’offrent pas d’emblée: les choses changent de rôle, les identités se déplacent, les apparences se troublent. Les travestissements, les masques, les décors traversent mon travail, qu’ils prennent la forme de peintures à l’huile sur bois ou sur toile, de créations scénographiques ou de compositions de motifs textiles.
Margot Cannizzo Lazaro
Designer spécialisée en graphisme et direction artistique, Margot Cannizzo Lazaro intervient dans le cadre de commandes nécessitant une traduction et une narration visuelle sensible. En parallèle de cette activité, Margot explore régulièrement d’autres savoir-faire, notamment dans le domaine du textile. Consciente des dérives croissantes de son système de production industrielle, la designer cherche à participer à son ralentissement par le biais de «Prendre soin!», son projet de revalorisation textile. Après un apprentissage exigeant, par l’étude d’ouvrages anciens et par le biais de ses pair·e·s, Margot s’est spécialisée dans la réparation et l’ornementation de tricots ayant subi de petites catastrophes (taches, usures, trous). En effet, les mailles lui apportent un ensemble de contraintes techniques avec lesquelles elle aime particulièrement composer. Par cette pratique, elle se plait à perpétuer les gestes d’antan comme le remaillage, la broderie sur mailles ou encore le point de toile. Conçues comme de petits bijoux manifestes, ses interventions sont colorées et assumées. Ces signes graphiques invitent ainsi à échanger sur l’histoire de nos vêtements et notre volonté de les chérir. Travaux d’aiguilles et graphisme se conjuguent alors pour célébrer ce que nous possédons déjà, la réparation plutôt que le remplacement.
Veslina Salustra
VESLINA SALUSTRA est artiste contemporain·e autodidacte. Iel bidouille et collectionne, façonne et farfouille des formes, des sons ou des usages pour imaginer des fictions guérisseuses et cathartiques. Des obsessions émergent : cafetière italienne, tricotin, boulettes de feutre, plats protéinés, tisanes oestrogène-likes, collections de galets, autoportrait à la flemme… Veslina se joue du réel et de la fiction dans chacun de ses gestes. Dès son enfance, iel a développé une fascination pour le plancton : entre visible et invisible, ces êtres vivants nourrissent à la fois les baleines et ses propres recherches sur l’inframince. Iel a été bouleversé·e par l’exposition Vernis-schnaps pendant les ateliers ouverts de la Drêche en 2024. Pour 2026, Veslina prépare une installation immersive – fruit d’un travail en visio-cocréation. A chacun de ses projets, iel s’entoure d’une dizaine d’assistant·e·s et ouvre ainsi son œuvre sur un dispositif social en constante évolution.
Marion Poulizac
Marguerite Kalt
Artiste plasticienne, j’expérimente les médiums de l’écriture, du verre, du latex, de l’impression dans des installations vidéo. En m’inspirant de la pratique du vitrail contemporain, j’utilise les formes de la fenêtre ou de l’écran dans mes installations comme des supports à narrations déformants. Dans ces narrations, j’entremêle des souvenirs personnels, des archives et de la fiction pour jouer avec les différentes manières dont mémoire et fiction sont liés dans nos quotidiens et nos environnements (dans nos rêves, dans nos villes, …) . Le cœur de mes recherches théoriques est d’explorer la porosité entré le réel, la mémoire et la fiction afin de parler d’intimité, de rapport au temps, à l’oubli, de fantômes et d’errance.
Théo Moulin
Tenir un spray en main et me tenir face à un mur, une surface qui me dépasse, c’est d’abord par la pratique du graffiti qu’est nait en moi un désir d’explorer la physicalité de mon corps et celle du support prêt à le recevoir. Après une licence en Histoire et l’obtention d’un DNSEP à la Haute Ecole des Arts du Rhin à Strasbourg, j’ai trouvé dans l’acte de peindre, avec l’utilisation de différents outils, matériaux et supports ; peinture à l’huile, aérosol, toile, bois, un moyen de répondre pressamment au besoin de m’inscrire dans le réel par l’exploration et la sensation que pouvait me procurer le contact avec la matière picturale. Qu’est-ce qui fait qu’une toile devient une œuvre d’art ? Que me révèle le châssis, sa taille, la toile, son grain ? Que projette elle avant d’être recouverte de peinture ? De ces questionnements m’est apparue la nécessité de confronter la toile, la martyriser, la soigner, la repousser dans ses limites. C’est dans cette friction avec la matière que s’est formé l’expérience temporelle de la toile, propice à ce que je recherche, pas une image figée mais un événement pictural, une vibration, un basculement qui lui donnerait son autonomie. De là je n’ai alors plus besoin d’intervenir, notre rapport cesse, elle existe désormais par elle-même. Pour alimenter et structurer cette démarche, je mets en place des méthodes de travail, répétition de rythmes, de gestes et de matériaux. En disposant les toiles dans l’espace, comme des fragments, au mur, au sol et en les travaillant simultanément, elles s’influencent et dialoguent. Des accidents se produisent, ce qui échappe à mon contrôle, je choisis d’en sauvegarder certains, et d’en recouvrir d’autres. Ces évènements se retrouvent aussi au dehors de l’atelier, lorsque je me déplace en ville où j’appréhende les phénomènes de dégradation, des bâtiments, façades et plus largement dans des zones liminales et naturelles où je capture des détails, motifs, lumières, couleurs, des « impressions » que je transforme à l’atelier, en matière et en expérience picturale.
