Pierre Faedi

Pierre Fædi est un illustrateur et un imprimeur. Il a fondé la maison d’édition « Gargarismes » en 2014, et produit et imprime des livres, des affiches et des cartes en sérigraphie et au Risographe. « Urin Gargarism » est le pendant musical de son projet, un micro label sur lequel il édite des vinyles et des cassettes.

Il créée l’atelier d’impression « Garage Print » en 2019 avec Emmanuelle Giora au sein du regroupement de structures et d’indépendants Garage COOP, dans le quartier du Port du Rhin à Strasbourg. Il adore dessiner des structures et des motifs dans lesquels ses personnages semblent se mouvoir (ou non). Il boit de la tisane ou du café (selon l’envie), il se complaît à laisser en fond des documentaires sordides glanés sur les internet.
« Oh ! Mais c’est de toute beauté ! » Eric Judor, la Tour Montparnasse infernale

David Allart

Mon travail d’illustration s’articule autour de thèmes variés tels que la nature, le voyage ou l’épopée. On peut dire que la contemplation fait partie intégrante de mon univers qui s’exprime au travers d’un travail de dessin épurée et simple, et par le biais de l’image imprimée (estampes et tirages limités). Je me nourris de l’image populaire, des mythes et légendes, du cinéma, de la science fiction ou de simples moments de vie sur lesquels on pose un regard. J’aime compter des histoires et faire voyager le spectateur pour susciter une émotion, rappeler un souvenir. Au travers de mes images, j’invite le regardeur à participer au récit que j’invente.

Autonome du concept à la réalisation, je lie des techniques traditionnelles ou modernes de création (dessin numérique, CAO, PAO) avec des techniques d’impression artisanale en sérigraphie et lithographie.

Bill Noir

Fragments de papiers ou peaux filigranées ? Les surfaces imprimées du vingtième siècle, nobles lambeaux d’époque, sont une source intarissable d’émerveillement. Véritables cornes d’abondance de textures, de couleurs, de teintes et de tailles, les images qui peuplent ces livres anciens et ces revues offrent une généreuse palette au compositeur de collages. Jeune centenaire, le collage est une pratique, mais aussi un acte brutal, iconoclaste, engagé, qui ouvre notre perception vers des associations imprévues et d’infinis rapprochements. Il n’en est pas moins une technique rigoureuse, qui utilise ce désordre inspirant, dans une démarche assumée au sein d’une errance constructive. La première étape repose sur la récolte d’éléments. Une collecte minutieuse de documents, en de multiples lieux et à propos de sujets variés ; notamment sur des actualités passées ou des recueils encyclopédiques. Rester aux aguets de la rencontre, éplucher ces trouvailles avec curiosité, voir dans ces reliques la singularité et le pouvoir de fascination de certaines images porteuses de détails abstraits permet de se projeter dans des envies de compositions. Vient ensuite le dépouillement. Le temps consacré au classement, à la découpe, au défrichage. C’est l’occasion de concasser, de définir les lignes, en utilisant les ciseaux comme crayon. De ces multiples destructions résultent des fragments, des monticules d’ingrédients, qui viendront bientôt nourrir l’espace de travail. Le bureau du collagiste devient alors laboratoire. C’est le moment où je commence à classer, à ranger, à piocher pour opérer des confrontations, des connexions. M’enivrant du désordre ambiant, la perte de repères prépare souvent le jaillissement de la surprise. Cet étonnement me permet alors de saisir des équilibres infimes. A ce stade les rebuts, les chutes de découpes et les formes isolées deviennent des trésors à exploiter. Le mariage des tons, la vibration des éléments entre eux sur le support me feront considérer le vide comme un acteur de la symbiose. A travers ces montages incessants, ces recherches improvisées, le cumul de mes créations délivre un langage graphique, fait de jeux inconscients, de récurrences et de règles implicites. L’espace de la page m’amène à rechercher la profondeur, l’ouverture vers la troisième dimension par l’empilement des strates qui se superposent, s’emboitent, se piétinent. Lorsque tout me semble en place, vient l’ultime phase qui est de coller. Ceci fige les choix, laisse une place aux derniers doutes, en vue des ultimes modifications. C’est le risque des regrets d’auteur ou des occasions manquées, afin d’achever de façon synthétique et pour laisser la place aux idées fortes. En tant qu’il est issu d’un collage, le mot chaosmos pourrait peut-être désigner ce processus.

Flore Cazalis

Diplômée d’un BTS graphisme à l’ESAA Duperré, d’un DMA gravure à l’Ecole Estienne et du DNSAP au Beaux-Arts de Paris, j’ai eu un véritable coup de coeur pour les Arts imprimés et la richesse d’expression qu’ils offrent. Inspirée par la pop culture franco-japonaise, je côtoie depuis mon enfance l’univers des arts imprimés. L’estampe dans sa globalité est mon principal moyen d’expression. La gravure en tête de proue, elle est par le processus, une réelle introspection et un exutoire sans faille. Flirtant avec le dessin, le travail de la matière et les abondantes possibilités la gravure n’est pas que du multiple elle est un médium à part entière.

Léontine Soulier

L’atelier de Léontine Soulier se trouve à côté du Jardin Botanique, son travail empreint de nature y trouve une grande source d’inspiration. Lieu de vie et lieu de travail se confondent dans cet atelier. Illustratrice, le travail de Léontine se décline sous forme de livres, sérigraphies, petites objets. Elle y mêle corps et nature, pour raconter la vie, ce qui la touche, la fâche, ou la fait sourire. Un travail toujours poétique, souvent amusant, ou amusé.

Emmanuelle Giora

Mon travail est hybride, souvent entre le dessin et l’impression, entre les images balisées et l’expérimentation, difficilement définissable, où il est question de remix perpétuel d’images, de temps, de couleurs et de gestes. Je construis mon travail à partir d’images déjà existantes et facilement accessibles. Je fais le choix des images pour leur portée sociale, politique et esthétique. Je les découpe, je les extrait de leur contexte, j’explore leur mutabilité. La perte d’information provoquée par la sérigraphie est contrebalancée par le travail du geste, de la matière et de la couleur. La couleur dédramatise les situations, elle attire, elle flatte l’oeil : elle est un leurre. Je reste fidèle au principe de collage, je ne crée pas de nouvelles choses. Je juxtapose, je transforme, je superpose des choses existantes qu’on ne peut pas relier créant ainsi un univers empreint de ma propre expérience du monde. « Il s’agit, à chaque fois, d’interroger dans l’image ce qui résulte des pouvoirs de l’imaginaire et ce qui surgit de l’effraction du réel.» Georges Didi-Huberman

Garage Print

Garage Print est un nouvel atelier d’impression situé dans l’enceinte de Garage Coop. Il est occupé par Emmanuelle Giora (céramiste et sérigraphe) et Pierre Faedi (illustrateur et sérigraphe). Garage Print imprime en sérigraphie sur papier et textiles et sur duplicopieur Riso.

Jean Noel Laszlo

Jean-Noël Laszlo : La langue pour matériau

Jongleur de mots, sculpteur de la lettre, alchimiste du silence… Jean-Noël Laszlo a choisi le langage comme médium plastique qu’il façonne à sa guise dans des poèmes visuels ou des livres d’artistes. Ses projets jouent des différentes strates de sens avec humour et poésie. Ils se nourrissent de contributions extérieures comme de la réception du lecteur-spectateur.
Priscille de Lassus

Mona Leu-Leu

Évoluant dans plusieurs disciplines, je crée et conçois des histoires, des images, des objets éditoriaux, mais aussi et surtout des espaces de narration et de réflexion grâce aux papiers et à différentes techniques issues de l’ingénierie papier.
Je travaille avec des touts petits comme des très grands, des écoles mais aussi des institutions, des industriels comme des maisons d’édition afin d’offrir une approche personnelle et unique de la narration visuelle et de la valorisation d’information. Mon travail s’applique dans des livres, revues, journaux, vitrines, et domaine de la communication graphique et événementiel.

Manu Poydenot

Dans mes images je m’intéresse aux communautés humaines et animales. Leurs mises en scène nécessitent décors, paysages et empreinte du passé. Des microcosmes se créent, théâtres qui me passionnent.
Affilié au burlesque du cinéma muet et au dessin satirique des 3 derniers siècles, mon travail entremêle la réalité documentée des décors avec le grotesque distancié des personnages. J’utilise des techniques anciennes pour me rapprocher des moyens de production des caricaturistes anglais de la fin du XVIIIème siècle, qui utilisaient l’eau forte pour réaliser leurs images. La gravure était alors populaire et largement diffusée.
Un personnage récurant, M. Muller, me représente et introduit souvent les mise en scènes, qu’il soit témoin passif ou pivot de la composition. Il permet de relier entre elles des images disparates et autonomes dans un projet global.
On retrouve ainsi des personnages sous de nouveaux aspects, nouant des fils mystérieux. A chaque spectateur de tirer les siens et de trouver son chemin dans ces images à énigmes…