Yiumsiri Vantanapindu

Une frontière est un espace d’épaisseur variable, de la ligne imaginaire à un espace particulier, séparant ou joignant deux territoires, en particulier deux États souverains.
Mon travail s’articule autour de la thématique suivante ; « Sans Frontières ». J’entends par cette notion le fait d’envisager un travail entre deux cultures, mes oeuvres devront être enracinées dans des territoires culturels et philosophiques différents liés aux lieux de production et à la multitude des identités qui me constituent en tant qu’individu social. De fait, l’art contemporain tel que je le conçois doit porter un regard compréhensif sur la diversité. « Objet d’Art contemporain » est synonyme d’art culturellement hybride, caractérisé par une ouverture vers l’autre. De nouveaux points de vues apparaissent, comportant un mélange entre les cultures. Cependant je n’en oublie pas les significations originelles, et je reste attachée à la spiritualité singulière dégagée par celles-ci.
Par conséquent j’ambitionne à partir des traditions artistiques présentes au sein de ma culture d’origine et européenne un art pluriel, combiner avec mes propres perspectives artistiques. il serait donc possible de créer un lieu d’échange de rencontre marqué par les notions d’hybridations des oeuvres, d’altérité dans la démarche artistique.

Clémence Choquet

Comma
Clémence Choquet, Mickaël Gamio

Comma ; la virgule est espacement, articulation. Investie du souffle dans la phrase, elle témoigne de la présence muette du corps. La virgule c’est aussi le premier aspect notable que prend le corps humain, bien avant l’embryon, un « peu » extrêmement dense.
Comma représente en métrologie une quantité faible, définie par le degré de précision atteint, qui se rapproche de « l’unité » à partir de laquelle on prend la mesure des choses.

La sculpture appelle un retranchement, un vide qui la cerne et la rend visible. A l’instar de l’architecture, elle est génératrice d’espaces. Mais elle diffère de l’architecture par son abstraction, son extraction, son isolement.

Sculpter est un moyen pour nous de donner à éprouver ce que des verbes comme persister, maintenir, résister, contenir ont de concentration active malgré une apparente immobilité ;
de rendre sensible à la tension de la fixité. Nos pièces oscillent entre apparition et disparition, entre amenuisement et étirement. Le mode d’apparaître est au centre de nos recherches et nous tentons d’en amplifier le surgissement à l’instant où elles sont appréhendées par le regardeur.

Nous abordons les matériaux dans leur persistance : le savon, millénaire, est pourtant voué à la déliquescence, à l’effacement quotidien quand le métal charrie un univers plus brut de charpentes et cuirasses.

L’effet que nous attendons d’une pièce serait de l’ordre de celui que nous procurent certains mots trop brefs : une plasticité brute, interrompue, laconique ; une manière équivoque d’aborder une question.

Ahmet Dogan

Au fil du temps, je recueille, j’accumule des objets ou des images qui m’interpellent par leur potentiel, leur force poétique et politique.

Leur forme, leur couleur, leur mouvement, leur fonction, leur symbolique, leurs bruits sont autant de pistes que j’exploite et mets en scène. J’assemble des objets entre eux, des images,  je m’appuis par moment sur des details insignifiants pour créer des situations souvent décalés, ou absurdes, parfois poétiques. Ma démarche est parfois plus frontale (femmes voilées faites en bâtonnets glacés, ou le pentagone américain fabriqué avec des palettes en bois), ou alors fait intervenir des éléments qui interfèrent sur d’autres (soldats en plastiques placés sur des grains de maïs chauffés qui se mettent à éclater).

Je ne travaille pas un médium en particulier, et mes travaux peuvent se présenter sous forme de photos, d’installations, ou de vidéos.
Mon projet est généralement d’avoir une approche ironique, décalée presque insouciante pour heurter, et déconstruire un symbole pesant ou sensible et percevoir sa représentation sous un autre angle.

Clara Denidet

Clara Denidet
Née en 1991, en Bourgogne, vit et travaille à Strasbourg.

L’intérêt que je porte à ce que l’objet dit, m’enseigne des choses.
C’est une forme d’attention décentrée qui s’applique à débusquer cette capacité de
«faire avec». Loin de l’issue résignée, l’acte de composer, de bricoler tient du magique*.

Quand il est employé à faire ce pourquoi il n’a pas été prévu, à être ce qu’il n’est pas,
quand il devient un symbole, un outil, un langage ou un témoin, quand il est transmis, usé, transformé, l’objet est une prise.
Se pencher sur l’objet est une manière discrète d’étudier ses usagers. Chacun déploie face au chaos une foule de tactiques quotidiennes, habitudes et rites qui fondent nos manières d’habiter un environnement.
(La construction d’une charpente solide comprend le fait de «toucher du bois».)

Mon travail tient autant de la recherche anthropologique que du bricolage empiriste.
Je cherche dans la cohabitation de ces deux terrains des accès à ces savoirs internes et collectifs, ceux qui se logent dans l’usage de la langue, de l’objet, du quotidien… Ceux qui s’apprennent et se fabriquent.
Tout ça demande un effort d’attention, d’indiscrétion. L’œil cherche sans cesse le reflet d’une chose dans une autre, mise sur l’indice, navigue de la marge au centre. Le monde ordinaire, la micro-histoire deviennent par là des terrains de recherche où l’intuition se ferait outil de mesure, l’art une science inexacte.
Il s’agit aussi de présumer des liens entre les choses, de parier sur leurs échos comme
on s’essayerait à jeter des sorts.

Pierre Soignon

Un déplacement, le voyage dans le temps et l’espace, des lieux chargés d’une histoire, des figures humaines animales, mythiques, les traces de notre histoire, un rébus.
Un personnage, un archétype, un motif, un prétexte, le leitmotiv qui structure mes iconographies. Il est le vecteur entre moi et ce qui m’entoure tout en étant par lui-même signifiant.
Ces artefacts témoignent d’un cheminement, comme un journal intime qui essaie de donner des pistes pour une autre lecture de l’image.
Depuis 2001 Pierre Soignon collabore avec son personnage et visite des paysages et quelques lieux d’expositions à Nancy, Metz, Strasbourg, Freiburg, Basel, Mulhouse, Belfort, Besançon, Bédoin, Les Arques, Toulouse…