Urushi tsugi & Kin tsugi. Jointures de laque & jointures d’or. La restauration de céramiques avec des préparations de laque naturelle, par des artisans Japonais, est une technique documentée depuis le XVIe siècle. Animée par la pensée Taoïste, cette pratique est portée par un idéal esthétique, philosophique ; le Shabi. La pratique des “jointures de laque“ restaure l’objet et affirme les lignes de force d’une brisure, suggère une compassion aux objets du quotidien, fêlés ou brisés. Elle introduit un nouveau cycle de vie et d’utilisation de l’objet.
Mon cheminement artistique suit un fil. Un fil de fer, de cuivre ou de laiton, souple et coloré.
Entre mes doigts ce fil prend vie et accompagne ma spontanéité vers de multiples réalisations. Inspirée par la nature végétale, animale et minérale, je me plais à évoquer les choses plus qu’à les définir, mettant en avant la matière et la forme.
Avec la technique du maillage que j’explore actuellement, les mailles s’épousent, lentement, composant avec les contraintes du fil délicat et résistant, tandis que les volumes s’inventent. Souples et transparents, ils soulignent des espaces intérieurs qui sont des lieux de respiration où se révèle l’œuvre.
Les Arts Domestiques ce sont des bijoux et accessoires entièrement brodés à la main.
Les modèles sont dessinés à la main puis brodés sur différents médiums, tissus, papier, feutre ou cuir.
Mes créations, inspirées du symbolisme, de l’histoire de l’art, ou encore de la psychologie, ont pour vocation de requestionner les fonctions du bijou, et son rapport à son porteur.
Le bijou est défini comme un objet de parure précieux par la matière ou par le travail, qui peut occuper une fonction sociale, identitaire, sentimentale ou religieuse.
C’est autour de cette définition que s’articule mon travail.
Facteur des objets sonores
J’utilise le fil de métal comme un dessinateur dans l’espace. Je cintre, je soude, je transforme la ligne en courbes et volumes dont la finalité se veut légère, aérienne et fluide. Dans ses formes primitives, de spirales et de tournoiements, mon travail se veut mouvant évoquant l’idée de rythme, d’accélération, dans une progression à la fois circulaire et ascensionnelle.
Je suis à la recherche de la poésie dans l’esthétique de formes arrondies et cintrées en réponse à la brutalité du monde et je ressens la nécessité d’aborder des sujets environnementaux et engagés, comme une urgence de dénoncer la pression que l’homme exerce à l’égard de notre planète.
Vinca Schiffmann est à la fois plasticienne et styliste.
Sa démarche s’appuie sur l’expérimentation et l’appropriation de toutes formes de matériaux souples : les tissus, le latex, les cordes, les fils, les films plastiques… Elle y trouve les possibilités d’une expression en lien avec le corps, ses aspects organiques et viscéraux.
Dans ses installations en extérieur, au sein de friches industrielles ou sur des sites patrimoniaux, elle érige des formes sculpturales, élaborées à partir d’enveloppes souples, qui se confrontent de manière inattendue leur environnement.
Elle a par ailleurs développé une technique d’écriture au latex. Des textes réalisés par ce biais, une fois démoulés, deviennent illisibles. Ils sont agencés dans l’espace ou dans le cadre de sculptures comme une banale matière première sans lien avec leur contenu.
Depuis 2014, elle crée également des séries intemporelles, des vêtements aux lignes graphiques ou picturales, qui étonnent par l’appropriation originale qui est là encore faite du latex.
Jouant avec l’idée d’un vêtement « seconde peau », frontière entre l’intime et le monde extérieur, la matière alterne entre opacité et transparence allant jusqu’à faire référence, par le dessin ou des découpes, à l’anatomie.
Sa gamme de vêtements se décline hors du calendrier de la mode.
Les collections s’enchaînent au gré de son rythme de création.