Anne Kuhry

ce qui me touche est ce qui m’entoure

ma pratique est fondamentalement liée à l’activité quotidienne du regard dans ce qui constitue mon environnement le plus immédiat

elle consiste en l’expérience d’un rapport plutôt qu’en projet de représentation
rapport établi selon une approche sensible, impressive – le regard – le motif – la main

c’est un travail qui ne préjuge pas du résultat et dont l’erreur est consubstantielle
part de hasard, approximations, insatisfactions, motivent la recherche par essais successifs menant à d’involontaires séries
tentatives vécues comme des commencements / efforts à s’exposer au risque de liberté

dans l’appréhension vivante du motif, le dessin comment moyen primitif de faire / à caractère déficitaire / particulièrement ouvert / est un point d’ancrage

il participe d’une pratique plutôt indicielle, référée à des motifs particulièrement informels et tautologiques

répondant à ces critères, induisant un manque à voir, particulièrement tacite, le paysage est une récurrence

Delphine Harrer

Réalise depuis plus de 20 ans des illustrations pour la pub, l’édition, la communication, l’évènementiel, le culturel. En parallèle expose son travail personnel dans divers lieux.

Amélie Dufour

Je suis illustratrice depuis 2004, je travaille pour l’édition et la presse jeunesse.
Je réalise également des créations pour « les cartes de l’Aimant » (un collectif d’illustratrices)
http://lescartesdelaimant.com/
je fais également partie de l’association « central vapeur » et participe à des projets des « Rhubarbus »

Joseph Edrei

Joseph Edreï travaille le corps humain-féminin ou masculin-depuis des nombreuses années.
D’un geste spontané il saisit la posture du modèle au pastel gras par un trait rapide qui suggère plus qu’il ne montre. Viennent ensuite, à l’encre diluée, des larges tâches de couleur, le blanc du support qui jouent dans l’harmonie colorée gardant le charme de l’inachevé.

Françoise Amet

Autoriser sa main à restituer ce que son esprit a stocké dans sa mémoire, même au plus profond, laisser ses ressentis émerger. Gratter, creuser, tracer, marquer, entasser, superposer, palpiter, blesser, gaufrer, en un mot graver…. Il m’a fallu des années pour que mes racines ressortent de ma terre profonde et que mes empreintes bretonnes s’autorisent à émerger … elles arrivent , quel que soit le médium utilisé elles sont là, bien présentes, dans mes « terres d’Arrée », dans mes galets, dans mes « vues sur mer », mêlées et emmêlées à mes paysages des Vosges du nord ou vit mon atelier. Je peins et je grave, j’imprime mes racines.Certaines œuvres récentes mixent les deux techniques de la gravure et de l’aquarelle sur de discrets fonds gaufrés tout en subtilité.« Autant j’aime les couleurs de l’aquarelles autant je me réjouis de la sobriété des estampes monochromes et des gaufrages discrets. »

Christiane Schaeffer-Cinqualbre

« Le bestiaire de Christiane frappe par son originalité. Il ne ressemble pas à celui de Guillaume Apollinaire, inspiré des toiles de Picasso, encore moins à celui de la cathédrale de Strasbourg, tout de pierres roses. En quelques traits colorés et sûrs, Christiane suggère l’attitude, la course ou la fuite de ses modèles animaux, en fait leur vie tout simplement. Ils n’ont pas d’épaisseur physique, tracés sur des calques, mais une présence bien réelle, une épaisseur bien « vivante ». Leur force, leur grâce, leur puissance, leur noblesse ou leur placidité apparaissent sous des couleurs uniques ou associées. Émergeant d’un halo blanc, ils laissent deviner leurs profils et leurs contours. Ils sont aisés à identifier, même s’ils ne sont parfois évoqués que par quelques traits semblables à des idéogrammes…et toute la force de ces œuvres réside dans la justesse et la réduction du trait. J’aime le bison rouge qui m’impressionne par sa silhouette massive, bien planté dans la terre, la course aérienne du lièvre, la fuite des sangliers, la majesté du lion, la force de l’ours et la lente reptation de l’escargot… » René Faitot, décembre 2008

Myriam Fischer

Forte de son parcours de 17 années d’expressions artistiques, de 10 autres d’enseignement, d’expositions… elle joue et se déjoue des couleurs tout au long de son chemin de vie à Strasbourg et aime avoir plusieurs cordes à son arc.
Ainsi naquit son slogan : « LA COULEUR, C’EST LA VIE ! »
Artiste – Peintre autodidacte dans un premier temps, puis formée à « la Haute Ecole des Arts du Rhin » de Strasbourg, elle devient coloriste et en imprègne sa vie – Enseignante, métier dans lequel elle proclame que l’inédit peut révéler les valeurs de chacun et que partager et transmettre pleinement seront toujours les maîtres mots de sa vie d’artiste pour se renouveler.
Femme humaniste avant tout et relevant le défi de développer incessamment son potentiel illimité, elle continue, à 47 ans, de distiller sa passion pour la couleur, notamment à travers son nouveau projet dédié à la soierie. Myriam Fischer devient donc fondatrice et créatrice de la marque Myrisia Créations et s’installe à Weitbruch.

Jimin Song

Ce que devient l’instant…

Jimin Song travaille à la croisée de plusieurs disciplines : photographie, dessin, poésie et art (ou arts) du livre, mais aussi restauration et conservation d’ouvrages anciens.
Tout l’art, chez elle, consiste à produire une « cristallisation émotionnelle » autour et à partir d’un fragment de réelau préalablement isolé, médité et bercé par la pensée.
Perles précieuses du souvenir : tantôt clairs et limpides, tantôt obscurs et confus, des instants familiers parfois dérisoires continuent de vivre en nous ou bien sur le papier.
Trace, effacement, mémoire, intimité mais aussi voir et toucher : voici donc ce dont il est question avec ses « objets-livres », tel cet ouvrage rêveur et alchimique qui procède par apparitions et disparitions, petites épiphanies et fragiles révélations. Comme si nous plongions un papier photo-sensible dans un bain de révélateur, il faut en humecter les pages afin de les rendre momentanément transparentes et commencer à voir à travers elles.
Il y a aussi ces livres aux pages diaphanes consacrées à un escargot ou bien à des pigeons, de petits êtres familiers évoquant l’univers des contes pour enfants et incidemment quelques états d’âme difficilement formulables : destin esseulé de l’hermaphrodite ou paradoxe d’une créature vivant tantôt à ras de terre, tantôt en plein ciel.
Le travail peut encore prendre la forme d’un livre-ceinture à nouer à sa taille, comme le ferait un voyageur désireux de protéger ses biens les plus précieux en les attachant solidement à lui. C’est un curieux opus fait de longues et fines feuilles formant une boucle, sur lesquelles s’inscrit le souvenir imagé d’un périple nocturne en train : paysages engloutis par l’obscurité auxquels se superpose le reflet fugace du visage de l’artiste dans la fenêtre du compartiment.
Sa série de photographies en noir et blanc « Les mots présents » semble suggérer que tous ses livres ne sont que la version un peu plus développée de ces pensées-bêtes qu’il nous arrive d’écrire au dos ou au creux de la paume de nos mains.
Avec « Mes poèmes préférés », l’artiste transforme la litanies de remontrances affectueuses ou agacées qu’un père adresse à sa fille en un bouquet de haïkus intimistes. Ce sont des mots simples, des expressions familières que nous avons tous déjà entendu avant même de les lire ; une manière pour elle se souligner que « le plus personnel est aussi le plus universel ».
En se réappropriant les traces et les empreintes de défunts inconnus, elle explore aussi la mémoire et le temps de l’histoire. Elle accumule et retravaille des photographies d’enfants anonymes tirées d’images d’archives de la guerre de Corée afin de leur édifier un paisible et souriant mausolée.
Les instants disparus ressurgissent ; de-ci de-là les lueurs vacillantes du souvenir nous guide à travers la nuit de l’oubli. Embarqués sur de frêles esquifs, nous dérivons ensemble au gré des courants sur le fleuve du temps.

David Rosenberg
Paris, janvier 2010

jérôme Peyrat

Jérôme PEYRAT est illustrateur, peintre depuis 2000, il a réalisé plus de 30 livres, principalement dans l’édition jeunesse ( Editions Ricochet, Talents hauts, points de suspension, Hatier, La Martinière…etc ).

Vieux Niang

Vieux Niang convoque ses souvenirs d’enfance sur les bords du fleuve Sénégal, où il jouait avec ses copains à crier le plus fort possible, attendant que l’onde de l’eau renvoie l’écho de leurs joyeux éclats de voix.

Toute l’histoire de l’humanité résonne pour lui dans cet écho du fleuve, “olel mayo” en pulaar, la langue parlée aux confins du Sénégal et la Mauritanie. Un son qui déchire le vide et revient toujours à la source, à l’image de la destinée humaine.

“Nul ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve” : parvenue du fond des âges, cette métaphore d’Héraclite sur nos existences a guidé le travail du plasticien, connu pour mêler dans ses oeuvres tradition africaine et influences contemporaines.

Dans un monde en changement, tel un fleuve en perpétuel mouvement, cette nouvelle série de peintures abstraites empreintes de poésie témoigne une fois encore de la volonté de Vieux Niang d’explorer les problématiques du monde contemporain, des déplacements de population aux rapports de l’homme avec les éléments de la nature et avec l’eau.