L’atelier sonore (atelier n°7) de la communauté d’artistes Le Séchoir à Mulhouse est utilisé par Markus Buser et Bruno Friedmann pour explorer et réaliser leurs projets sonores et musicaux. La proximité et le contact avec d’autres artistes de la communauté sont très stimulants et passionnants selon : la nouveauté surgit aux frontières. L’atelier sonore comprend un ensemble de huit haut-parleurs – bien sûr portables dans d’autres salles et salles de concert – qui peuvent être utilisés pour spatialiser les sons, la musique et les installations. Actuellement, il est constitué d’une installation de haut-parleurs avec 24 minuscules haut-parleurs pour explorer les mouvements des fréquences uniques et leur harmonie ou le mouvement d’un essaim. Les membres d’essaim, appelés boids, sont représentés par des éléments sonores.
Très souvent, des développements complexes de logiciels de sonorisation sont testés ici, et présentés à d’autres pour améliorer et affiner le concept, la réalisation et l’interface utilisateur.
Depuis ses études de base (dans les années 1980) à l’Université de Karlsruhe et en partie à la Hochschule für Musik Karlsruhe en technique de communication, ingénierie biomédicale et cybernétique, il aime déjà se concentrer sur la théorie des systèmes et les aspects cybernétiques et ses applications à l’interaction humaine comme la perception et la production de sons et de musique, l’action et la réaction physiquement et mentale aux stimuli multimodaux. Ces bases font que son intérêt pour la composition et le travail avec la musique est unique et particulier.
Dans son travail, Bruno Friedmann aime influencer, augmenter et défier la perception auditive humaine en utilisant les possibilités électroniques contemporaines. Ce n’est pas la création de sons et de musique électronique qui est la première, mais plutôt les émotions suscitées. Comment un son complexe, techniquement créé, est-il perceptible et quel genre d’émotions sont touchées ? Quelles sont les différences dans la perception et le contenu technique du son ?
Graveur et sculpteur, mon travail s’articule autour de la figuration. Si l’idée, l’image, ou le modèle vivant sont les premiers moteurs du travail, ce qui m’anime particulièrement c’est l’agencement d’un espace avec un répertoire de formes au vocabulaire riche, lignes, volumes, plans, rythmes, plein et vide. Et ceci pour offrir au regard des objets du domaine du sensible, qu’ils soient sculptures, gravures ou peintures, qui n’ont qu’une ambition être regardés et alors peut-être questionnés ou encore émouvoir. La cohérence d’un travail ne tiens pas à l’uniformité du sujet ou à une pratique unique. Elle s’établit petit à petit, les différentes pratiques s’enchevêtrent et finissent par se répondre. C’est peut-être dans cette diversité, cette confusion apparente que doucement les préoccupations et les idées se resserrent, que le chemin se trace, comme les herbes que l’on piétine inlassablement dessinent lentement des sentiers.
Après un diplôme des beaux arts en design textile sur la représentation des émotions et du lien entre l’Homme et la machine, j’ai poursuivi des études à l’Université de la mode en rédigeant un mémoire sur le recyclage dans la mode. Autant de thématiques liées à la production humaine et à ses conséquences sur l’Homme et son environnement, qui me questionnent et me permettent de réaliser des productions tout en donnant un fil conducteur à ma démarche artistique. Installée à la friche artistique Lamartine de Lyon durant cinq ans, j’ai collaboré au développement de projets artistiques interdisciplinaires : scénographie, installation plastique, costume, sérigraphie et ateliers participatifs. L’intervention sur des ateliers artistiques est une activité que j’exerce depuis plusieurs années en me confrontant à des types de publics très variés et à des activités pluridisciplinaires. Je suis sensible au fait de travailler dans la transdisciplinarité et de lier des publics de manière intergénérationnelle.
Jouant de la terre et de la lumière, j’ajoure mes pièces, les grave et les sculpte. Entrelats, superpositions, dentelles font danser l’ombre et la lumière : les lampes basse-tension (6W) ou les bougies placées à l’intérieur en font des luminaires ou des photophores originaux.
Les pièces sont cuites en « réduction », dans un four à gaz (1280°C), ou en technique Raku.
Peintre figuratif travaillant dans divers genres. Défend un rendu juste et soigné des matières et des effets de lumière. S’appuie sur des techniques et matériaux traditionnels de la peinture à l’huile. Montre à cette occasion des œuvres plutôt atypiques dans sa production.
Annalisa peint sur des matériaux semi-finis – bois, tissus et papier – les rencontres qui caractérisent son voyage. Elle s’interroge sur le concept d’identité composant des portraits qui dissertent sur l’essence perçue de l’autre. Pour ce faire, elle met en évidence différents niveaux de réalité, entre superpositions et séparations de plans spatiaux et temporels.
Artiste pluridisciplinaire, Anthony Vest construit au jour le jour un réseau d’images tantôt en dessin, peinture ou photo, tantôt à travers objet ou installation. Il choisit le médium correspondant le plus justement à une construction personnelle d’un univers dans lequel notre œil corrompu se perd inconsciemment.
Sa démarche est une proposition d’observation, une contemplation humble et positive traduite par l’économie des moyens mis en œuvre : pour les tableaux, de l’encre de chine, de la mine de plomb, un peu de peinture beige sédiment et du bleu. Pour les bas-reliefs, du béton. Pour les sculptures, du rebus ou du pvc bombé couleur cuivre…
Anthony Vest n’a pas d’empreinte, sinon celles qu’il laisse volontairement sur le tableau en même temps que ses tampons dateurs qui garantissent l’originalité de l’œuvre. Tentative sérieuse de nous accompagner vers une profonde légèreté. Le tout, autant que possible, avec un soupçon d’ironie et une économie de moyens.
Le beau, il ne le revendique pas comme un manifeste théorique, mais comme ce qui advient dans le travail de la matière, comme l’irruption d’une émotion qui déborde devant la perfection issue du hasard dominé, quand les formes sont bien en place et que le geste maîtrisé reprend le pouvoir sur le tableau.
Il faut imaginer l’artiste au sol, courbé sur son panneau de peuplier, entouré, comme en un dispositif scénique, de tout l’attirail spécifique de son travail, celui qu’il s’est forgé au cours du temps : cales, balais, chiffons, éponges, jute, papiers froissés, couteaux, pinceaux, huiles, acryliques et pigments, et les récipients qui contiennent tous les mélanges qui vont couler lentement sur la toile, ou s’émulsionner, dans une alchimie connue de lui seul, jouant sur les contrastes ou les transparences, la dilution de la couleur et les empâtements.
Mais laissons là l’artiste pour entrer dans l’œuvre.