Peintre figuratif – Elève aux ateliers publics à l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et aux ateliers publics à l’école des beaux- arts de Nantes
Peintre figuratif – Elève aux ateliers publics à l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et aux ateliers publics à l’école des beaux- arts de Nantes
Des Vues – Mathilde Seguin
Texte de Catherine Charlier
« Si je pouvais redécouvrir le travail de Mathilde Seguin, j’aimerais que ce soit par hasard, au détour d’une rue que je connais, que j’ai arpentée mille fois sans bien la regarder, sans bien lever les yeux du bout de mes pieds. Ce serait une façade et sur cette façade, une fenêtre qui n’a rien à faire là. Un fragment d’architecture comme un point d’interrogation, qui oblige le flâneur à s’arrêter un instant. Un fragment d’architecture impromptu qui vient questionner tout l’ensemble.
Mathilde Seguin utilise la photographie pour créer des bâches qu’elle pose sur les façades de bâtiments publics ou d’immeubles d’habitation : une fenêtre d’appartement remplace celle d’un hôpital, du linge sèche sur la façade d’un bâtiment public. Les espaces publics et privés se rencontrent, se combinent. Le flâneur explore les rues à la recherche d’autres étrangetés. Il scrute, examine, sourit puis passe son chemin. Non, ces géraniums n’ont rien à faire là.
Son travail Des Vues a débuté en 2005 et, outre ces installations, rassemble plusieurs expositions et éditions. Au centre, le paysage urbain sans cesse questionné, démonté, re-monté.
La ville rêvée par Mathilde Seguin est faite de lignes de toits, de cheminées, d’antiques antennes TV. Elle est faite d’errements, de surprises, de contrastes. Les perspectives des gravures sont noires et grises, les maisons de ciment blanc ont laissé une trace sur les murs avant de disparaître. Des façades venues de différentes villes se rencontrent et se combinent en un paysage urbain inconnu. Mathilde Seguin change de modus operandi, utilise des techniques différentes (métal, gravures, objets, papiers peints…) et réussit à toujours surprendre celui qui regarde.
Son catalogue de papier peint est peut-être le point d’orgue de ce travail. Il se présente comme l’instrument d’un VRP insensé qui proposerait de quoi recouvrir les murs avec le paysage urbain de son choix. Un décor utopique. Une ville à coller.
Nous voyons défiler, au fil des pages, des villages fleuris et des villes musées, des banlieues et même le plan d’une cité idéale. En noir, en gris, avec des tampons, déclinés. C’est une somme incroyable, à la fois dans la maîtrise des techniques, mais encore dans l’obstination à déboulonner nos représentations. En ce sens, Des Vues est bien une utopie. Le meilleur lieu et celui qui n’existe pas. «
Urushi tsugi & Kin tsugi. Jointures de laque & jointures d’or. La restauration de céramiques avec des préparations de laque naturelle, par des artisans Japonais, est une technique documentée depuis le XVIe siècle. Animée par la pensée Taoïste, cette pratique est portée par un idéal esthétique, philosophique ; le Shabi. La pratique des “jointures de laque“ restaure l’objet et affirme les lignes de force d’une brisure, suggère une compassion aux objets du quotidien, fêlés ou brisés. Elle introduit un nouveau cycle de vie et d’utilisation de l’objet.
Vinca Schiffmann est à la fois plasticienne et styliste.
Sa démarche s’appuie sur l’expérimentation et l’appropriation de toutes formes de matériaux souples : les tissus, le latex, les cordes, les fils, les films plastiques… Elle y trouve les possibilités d’une expression en lien avec le corps, ses aspects organiques et viscéraux.
Dans ses installations en extérieur, au sein de friches industrielles ou sur des sites patrimoniaux, elle érige des formes sculpturales, élaborées à partir d’enveloppes souples, qui se confrontent de manière inattendue leur environnement.
Elle a par ailleurs développé une technique d’écriture au latex. Des textes réalisés par ce biais, une fois démoulés, deviennent illisibles. Ils sont agencés dans l’espace ou dans le cadre de sculptures comme une banale matière première sans lien avec leur contenu.
Depuis 2014, elle crée également des séries intemporelles, des vêtements aux lignes graphiques ou picturales, qui étonnent par l’appropriation originale qui est là encore faite du latex.
Jouant avec l’idée d’un vêtement « seconde peau », frontière entre l’intime et le monde extérieur, la matière alterne entre opacité et transparence allant jusqu’à faire référence, par le dessin ou des découpes, à l’anatomie.
Sa gamme de vêtements se décline hors du calendrier de la mode.
Les collections s’enchaînent au gré de son rythme de création.
Stéphanie Pelletrat, sculpteur-plasticienne depuis près de 20 ans, a investi cet atelier de sculpture il y a 8 ans. Cet espace est dédié à la création de sculptures, installations, dessins.
Les Ateliers Ouverts 2018 seront la dernière exposition dans ce lieu avant déménagement de l’atelier.
Atelier éphémère divisés en 2 espaces au RDC de la Cave Dimière à Guebwiller : un espace d’exposition « Les Végétatives » et un espace d’expérimentation et de performance sur « l’Informe ».
La boussole de la condition humaine ne connait aucun repère. Sa rose des vents désigne les étranges cardinaux que sont la peine, la joie, le désarroi et l’espoir. Elle fait de mes inspirations sa girouette. Chaque nouveau jour façonne un grain d’émeri, dont les années tissent la toile de fond. Les passages répétés de cet abrasif râpent douloureusement mon insouciance et avivent ma sensibilité aux injustices, à la barbarie et aux pensées bouchées à…l’émeri. Mes sculptures naissent de l’argile, avant de prendre corps (moulage oblige) dans une matière aussi noire que l’humour. Un jeu de clair-obscur les affranchissent de l’ombre, à la faveur d’un voile de couleur qu’elles portent à fleur de peau.
L’univers de Stéphane Spach, emprunt de mélancolie, le conduit à photographier la nature. Tant avec des paysages, apparemment pauvres, qu’avec des vanités réalisées en atelier, il crée des ambiances théâtrales où la lumière, comme une obsession, constitue le matériau principal. Ses images, narratives, nous immergent dans un univers qui nous interroge sur le familier et l’étrange. Il a souvent recours à la série pour réaliser un travail parfois proche de la photographie documentaire, lui permettant ainsi d’interroger le monde. Il a publié Terres fertiles avec Gilles Clément (Les éditions de l’Imprimeur, 1999), 12 Couteaux avec Philippe Fusaro (La Fosse aux Ours, 2001), ainsi que quatre ouvrages aux éditions L’Atelier contemporain : Stéphane Spach, photographe (2022), Parcelle 475/593 (2023), Les Oubliées avec Gilles Clément (2024) et Le vent du boulet avec Anne Vigneux et Michel Bernard.