Artiste visuelle née à Téhéran en 1986, vivant aujourd’hui en France, après plusieurs années de pratique artistique en Iran.
Son travail se déploie à la croisée de la photographie, du film, de l’installation et du graphisme. Il ne cherche pas à représenter, mais à déplacer, fissurer et reconfigurer les régimes d’image et de perception. Il s’inscrit dans une recherche
où mémoire, territoire et image ne sont pas des thèmes, mais des tensions actives, traversées par des expériences de déplacement, de discontinuité et de fragmentation.
Refusant toute forme d’exotisation,, sa pratique s’inscrit dans une position instable, traversée par des tensions entre présence et disparition, mémoire et effacement, inscription et perte et engage également une réflexion sur l’identité— ses différentes strates, entre identité de soi, de l’autre, identité collective et celle d’une… société.
Son approche s’ancre notamment dans les notions de déterritorialisation et reterritorialisation développées par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans A Thousand Plateaus (Mille Plateaux), ainsi que dans la notion de liminalité — état de seuil, entre deux, ni ici ni là — formulée par Victor Turner dans The Ritual Process.
L’image, dans son travail, n’est jamais stable : elle est altérée, fragmentée, réinscrite, soumise à des processus de transformation qui en déplacent le statut. Chaque projet engage un protocole spécifique, refusant toute répétition, cherchant à faire émerger de nouvelles couches de perception.
Dans Seven Solitudes, des arbres isolés deviennent des points de tension, des figures de résistance et de solitude. Par un processus manuel d’altération, chaque image se constitue, se transforme en une pièce unique comme une surface
instable, entre apparition et disparition, où la mémoire se donne autant qu’elle se dérobe, où la surface agit comme une métaphore de mots tus, retenus dans la gorge. …Silence.
Son travail vidéo développe une position d’observation critique entre distance et implication, où les images interrogent les formes de lutte, de perception et de narration, ne stabilisent pas le sens mais le mettent en crise.
Son graphisme, radical et sombre, opère comme un espace de résistance : entre visibilité et clandestinité, il porte une charge politique sans recourir à la démonstration, entre langage et silence — et participe à une syntaxe visuelle
singulière.
Comme l’a souligné le jury de l’ADAGP : « […] Son graphisme radical et sombre fait écho tant à la clandestinité […] l’œuvre de Nafiseh Moshashaeh a su
mettre en place une syntaxe plastique originale et prometteuse. […] » développant une écriture plastique à la fois rigoureuse, ouverte, et traversée par une singularité propre.