Dans un monde qui s’accélère et glisse de plus en plus vers le numérique, Romina Kunz choisit de se tourner vers le concret et le palpable. Attirée par la richesse et la diversité de l’argile par le dialogue possible entre esthétique culinaire et céramique elle entame en 2023 une formation en tournage au village de potiers de Dieulefit, dans la Drôme.
Depuis avril 2025, elle s’est installée au « Le Âtelier », au Port du Rhin. Nourrie par les traditions de la région où elle s’est formée autant que par la céramique alsacienne, elle conçoit actuellement de la vaisselle et des objets du quotidien en terre vernissée, principalement tournés, mais aussi façonnés à la main.
Née un 14 juillet en Alsace. Je vis et travaille près de Strasbourg. Après une maîtrise en droit, je me suis évadée du monde des chiffres grâce à la peinture. Autodidacte, après avoir pratiqué l’aquarelle et fréquenté différents ateliers ainsi que les cours du soir des Arts Décoratifs de Strasbourg je me passionne depuis 1994 pour la terre et le modelage. Un stage à la Fonderie de Coubertin m’a familiarisée avec le travail de la cire et des moules. De la terre tantôt caressée, brassée, qui s’étire, étonne et prend forme naissent des femmes fragiles, des animaux, des arbres pleins de réalisme ou au bord de l’abstraction. Une série de sculptures autour de l’anneau de Moebius a ponctué l’Entrée dans le 3e Millénaire. Et depuis l’anniversaire des 1000 ans de la cathédrale de Strasbourg mon travail essaie de traduire les lignes majestueuses de ce monument emblématique de notre région.
Die winterliche Atmosphäre der südlichen Hemisphäre bildet das Zentrum meiner Arbeit. Mein künstlerischer Impuls begann in der Kindheit, als ich stundenlang einen Schmetterling beobachtete und sein zartes Flattern festhalten wollte. Schon damals entstand der Wunsch, einen flüchtigen Augenblick zu bewahren. Wie ein Dichter einen Moment des Seins in Worte fasst, wollte ich Empfindungen sichtbar machen. Später fotografierte ich unermüdlich, doch das Festhalten allein genügte nicht; der Drang, das Gefühl eines Augenblicks unmittelbar auszudrücken, blieb derselbe. In Namibia wurde mir klar, dass nicht die Landschaft, sondern ihre Atmosphäre mein Thema ist: das kühle Licht des Morgens, die trockene Helligkeit des Mittags, das warme Leuchten des Abends und die stille Tiefe der Dämmerung. Um diese Stimmung auszudrücken, wählte ich unterschiedliche Bildträger: Leinwände aus Baumwolle oder Mischgewebe, grundiert mit Gesso, rohe Jute oder schwarz bemalt. Jede Oberfläche reagierte anders auf Licht und Farbe. Ich verband fotografische Eindrücke mit Erinnerungen und wählte Farben sorgfältig. So wurde die Atmosphäre selbst zur Protagonistin. Nachdem die Stimmung Gestalt angenommen hatte, erschien die Leinwand noch zu leer. Ich fügte Tiere hinzu – nicht als Hauptfiguren, sondern als begleitende Präsenz. Bleistift oder Pastell waren zu dominant; der harte Farbstift erlaubte Licht und Raum hindurch. Das knirschende Geräusch auf der Leinwand gehört für mich zum Zeichnungsprozess. Filigrane Bewegungen lassen meine Fingerspitzen kribbeln: die ruhige Kraft eines Elefanten, die mythische Erscheinung eines Kudus, die Eleganz eines Leoparden, die Wachsamkeit eines Nashorns, die Gelassenheit einer Löwenfamilie oder die endlosen Versammlungen der Zebras – sie verkörpern die Würde ihres Lebensraums. Ich wollte ihnen zeichnerisch begegnen. Während der Reise fragte man mich, ob es in meinem Heimatdorf viele Tiere gebe. Ich dachte an Hunde, Katzen, Kühe, Schweine, Schafe, Hühner und Enten – und zögerte. Wann ist ein Tier Lebewesen, wann Nahrung? Mein Mann probierte Oryx, Krokodil, Büffel und Impala. Am letzten Tag aß auch ich ein Gericht, das mir besonders schmeckte: Kudu. Dieses Erlebnis machte mich nachdenklich. Seitdem wünsche ich mir, zunehmend vegetarisch zu leben. In einer Umgebung, in der Gemüse und Salat gedeihen, zu leben, empfinde ich als Glück. Vielleicht verändert die intensive Begegnung mit einer Landschaft nicht nur die Kunst, sondern auch die eigene Haltung zum Leben.
Dans sa performance, Afi Sika porte des vêtements faits main, fabriqués à partir de tissus qu’elle a collectionnés pendant des années. Ces vêtements uniques sont l’expression de sa réflexion artistique. Lorsqu’elle se produit dans des lieux choisis, elle invite le public à ralentir le pas et à vivre le moment présent en ralentissant sa perception. L’escargot est un motif central de son travail : les ornements sur les vêtements symbolisent une « maison portable », un symbole des expériences migratoires que partagent de nombreuses personnes de la diaspora africaine. Cela reflète le mouvement constant entre les cultures et la recherche d’un ancrage intérieur au milieu d’une biographie fragmentée. En même temps, cela met en lumière l’importance de l’auto-régénération pour exister en tant qu’individu et être actif économiquement et socialement.
Son travail est un perpétuel questionnement sur l’homme dans son environnement, son origine, sa finitude. C’est actuellement un projet, une réflexion sur la matérialité et la métaphysique du corps (essentiellement du corps féminin). Vision abstraite ou concrète, ce corps est toujours en confrontation visuelle et physique ainsi qu’en constante mutation. Il évolue dans cet univers où tout se conjugue au passé-présent- futur. Toujours abordé avec infiniment de respect, le bois est sa matière de prédilection. Bois durs, bois précieux, bois sublimés. Inlassablement elle sculpte, ponce, jusqu’à faire révéler aux essences leur mystère et leur sensualité…
Marina Krüger, plasticienne de formation (diplômée de la HEAR-Mulhouse en 2007 et 2009), vit et travaille dans le Grand Est de la France. Active sur la scène régionale depuis quelques années déjà, elle évolue entre sa création personnelle, des missions de médiation culturelle diverses mais aussi beaucoup d’interventions artistiques en milieux scolaire et social. Ses travaux sont exposés en France et à l’étranger. Entre 2016 et 2021, la plasticienne intègre à temps plein un FAS accueillant des adultes souffrant de troubles psychiques où elle sera à l’origine d’une création d’ateliers s’adaptant aux capacités et ressources des usagers et entrainera ce même public dans divers projets à long terme comme des participations à des concours et expositions. Depuis 2022, l’artiste est chargée de la direction artistique d’un festival d’art contemporain (FEW) se déroulant chaque année à Wattwiller. L’artiste continue de mener ses recherches et travaux plastiques qui ont souvent pour thèmes : l’enfance, la construction et la destruction, le jeu et le danger, les mythes et folklores personnels, la perte de repère…autant de sujets que l’artiste va traiter et explorer par le dessin et la gravure, la sculpture et l’installation, le vitrail et la mosaïque ou encore la broderie et la couture.
Au fil des années, j’ai développé une typologie, un catalogue des choses et du monde ; j’ai dessiné un grand nombre d’objets, de la faune, de la flore, en y apportant à chaque fois un regard particulier qui tient de la drôlerie et de la désinvolture. Au fond, le dessin compte moins que le regard ; c’est une prise de notes d’un état d’esprit poétique, la poésie des choses, en saisissant l’essence humoristique. Mes collages tiennent du dessin et du travail de l’entomologiste : je récupère des éléments dans une masse de journaux anciens, avec petites pinces et ciseaux, que je colle pour en faire de petits poèmes graphiques, des rébus absurdes, dans lesquels le trait se fait discret tout en restant vif.