Alain Haeffele

Travail autour du noir, du blanc, du gris,
Ecouter un tableau, comme on écoute une musique.
Simplement regarder pour entendre l’image
Enfin, écouter le tableau.

Jean-Louis Hess

Parallèlement à mon travail professionnel (publicité, reportages, édition) et mes recherches théoriques, je développe un travail artistique personnel aussi bien en argentique qu’en numérique, utilisant depuis les appareils rudimentaires (sténopés, Holga, fotografia povera) jusqu’à la chambre 20×25. Refusant de me laisser enfermer dans une « manière », j’expérimente en permanence, passant de la photo de studio à la photographie sociale, du portrait au nu et au paysage. En collaboration avec l’illustrateur Christian Voltz, je travaille à la réalisation de livres pour enfants (une trentaine de livres parus). J’aime travailler en équipe avec Germain Roesz, Bruno de Chènerilles, Hervé Cellier, le collectif Chambre à Part, Peter Greenaway, …

Delphine Harrer

Réalise depuis plus de 20 ans des illustrations pour la pub, l’édition, la communication, l’évènementiel, le culturel. En parallèle expose son travail personnel dans divers lieux.

Virginie Hils

« Il est dans le visage humain une complication infinie de détours et d’échappatoires (…) »
Georges Bataille, Le coupable.

Pantins aux milles visages et aux encres vagabondes, égarés et couchés sur le papier :
papier kraft, papier journal, papier froissé, découpé et déchiré, papier mouillé et malmené, papier peint, collé sur des morceaux de bois réanimés.
Mon obsession du visage s’improvise sur des matériaux pauvres et bruts. A tâtons.

Claire Hannicq

« De la grotte on voit sans être vu, ainsi d’une manière paradoxale le trou noir est une vue sur l’univers », écrit Gaston Bachelard dans La terre et les rêveries du repos. Ces mots pourraient être une entrée en matière pour saisir les enjeux de la démarche de Claire Hannicq, dont les installations et recherches activent des procédés de révélation du visible. […] On pense au processus de révélation de l’image photographique, à la chambre noire, aux bains de fixation, à la mise au jour miraculeuse de l’apparition. Mais la technique devient jeu et la photographie se déplace[…]. L’image photographique revient à sa nature cendrée, murmurée ; à peine éblouie qu’elle retourne déjà à son obscurité initiale. Une manière similaire de procéder s’observe dans les sculptures de l’artiste, dont le geste prend en considération constante la masse qui prédestine la forme. En effet, Les Disparaissants (projet en cours depuis 2014), met en scène sur un site internet la mémoire archivée d’un objet de plomb en mutation, mais dont la masse reste identique. Mémoire et récit potentiel, tels sont les axes privilégiés. Ainsi, pour La Geste, des mains réalisées en cire noire construisent un langage des signes en création continue. La main faisant de nouveaux signes est réalisée à partir de la même masse de cire que les précédents. Dès lors, la sculpture porte en elle une charge, une mémoire des signes, une expérience mentale de surimpression et d’accumulation de strates de temps. Le récit s’élabore sur la perte, mais par la trace photographique. Voilà comment le langage se développe : le récit crée des traces. Le travail de Claire Hannicq pourrait avoir quelque chose de baroque, au sens historique et architectural du terme, si l’on pense aux espaces pliés les uns dans les autres et aux trompe l’œil que l’artiste confectionne en marqueterie avec virtuosité (mentionnons par exemple les cordages de Lové) ; mais aussi aux drapés, aux tombés, aux plis, qui habitent ces multiples dévoilements. […] Le travail de l’artiste consiste précisément dans une pluralité d’approches, et un usage des techniques (comme nous l’avons vu marqueteries, mais aussi le bronze, le verre, l’émail sur cuivre…) par lesquelles le langage s’incarne, élabore sa structure progressivement, dans une temporalité qui peut être étirée. L’oubli, alors, s’épaissit, se recouvre de profondeur. Léa Bismuth est critique d’art et commissaire d’exposition. 2019

Anne Habermacher

Graphiste indépendante particulièrement sensible au papier et à ses étonnantes propriétés, Anne Habermacher développe un travail autour du pli, de la découpe et de la marqueterie de papier.

Si Anne manifeste d’abord un intérêt pour l’aspect formel du livre-objet, elle se dévoile aussi peu à peu en évoquant le souvenir, l’enfance, et les thèmes plus personnels de la femme, du sentiment amoureux, de la relation à l’autre… Elle tend ainsi à construire un univers minutieux et délicat, à travers des projets entièrement réalisés à la main et en éditions limitées.

Son travail s’oriente vers des œuvres uniques, par un jeu de motifs du papier finement ciselé et marqueté.

Horéa

Le nouvel Atelier Galerie d’Horéa vient tout juste d’ouvrir ses portes au cœur de Strasbourg!
En effet lors des Ateliers Ouverts 2015 Horéa annonçait la naissance de son nouvel atelier au 11 rues des juifs. L’artiste a profité de l’année 2015 pour mettre en place la seconde partie de son projet : un espace de création plus exactement un atelier jumelé à son nouvel espace d’exposition.
C’est aujourd’hui pour les Ateliers Ouverts 2016, le moment idéal pour vous accueillir dans cet endroit magnifique !
Juste à quelques pas de notre Cathédrale vous aurez le plaisir de constater à quel point ce monument sublime à toucher l’artiste de près!
Véritable carrefour d’émotions, dans une cour exceptionnelle est au cœur de notre ville, l’Atelier Galerie d’Horéa offre au public des espaces rythmés de couleurs , de matières , de curiosités et d’échanges.

Horéa

Artiste plasticienne strasbourgeoise Horéa vit de son art depuis 20 ans .
Ces dernières année une rencontre fusionnelle avec La Cathédrale de Strasbourg a déclenché une émotion sans limite dans sa réflexion artistique : un saut vertigineux dans son approche sensible. Un regard audacieux, original et contemporain souligne ses années de recherches entre le vu et le ressenti, entre le figuratif et l’abstrait … Un style sensible et fort émane de toute évidence de l’ensemble de la démarche d’Horéa.
Licenciée d’Arts Plastiques à la Faculté de Strasbourg, l’artiste est attirée par la couleur, la matière …la performance .
Le Corps , La Cathédrale de Strasbourg et l’Ivresse lui permettent d’offrir à autrui une promenade contemporaine sur la notion d’Héritage.
Hédoniste et imprégnée par l’envie de jouer des sens , Horéa n’a de cesse de nous étonner…
Ses Cathédrales seront d’ailleurs invitées en 2013 à être exposées au sein de la Cathédrale de Strasbourg afin d’honorer un évènement européen, LA NUIT DES CATHÉDRALES !

Young hee Hong

Percer le visible pour atteindre une dimension autre ? Mais de quelle  visibilité s’agit-il lorsqu’on parle d’une frontière ?
Aujourd’hui, avec la même détermination, il s’agit de faire le point par rapport à ce qui, insidieusement, nous assaille. Je veux parler de la  pression médiatique, pression très puissante, qui nous oblige, soit à croire en tout ce que la société envoie (à travers la publicité, les idéologies), soit à douter de tout. Comment réagir ? Comment trouver son équilibre face à un conditionnement omniprésent et incessant ? C’est à cette question que répond à sa manière, par le travail, Young-Hee Hong.

Elle nous invite avec tact et légèreté à suivre ses mises au point. Elle nous incite, par le regard à examiner avec attention à relativiser, à évaluer, à estimer, à exercer notre esprit critique ; bref, elle nous appelle à nous concentrer afin de conserver notre lucidité, sauver notre jugement personnel et accroître notre conscience.

Cet effort intellectuel et moral, l’artiste le réalise physiquement. Avec son pinceau, sa main, avec son bras, avec toute sa concentration mentale, avec tout son être. Point après point, goutte après goutte, tous ces points  ponctuent un instant de création qui s’étale dans l’espace de ses œuvres.  Ils se superposaient d’abord à des images préexistantes, les points s’appliquaient sur des affiches, des photos, des images extraites d’Internet, mais entre temps, ces mêmes points de vue se sont progressivement affranchis de ces images, qui assaillent notre imaginaire et nous perturbent. Dans un processus d’évolution somme toute assez logique, les points de peinture se sont affranchis, ils flottent librement dans l’absolu, dans un vide qu’ils ont réussi à conquérir. Chaque point s’énonce alors avec sa discrète force. Certaines de ces œuvres s’intitulent par exemple « L’Ombre du Temps », et, de fait, on ne peut imaginer de  meilleure incarnation du temps qui, à la fois s’écoule progressivement goutte après goutte, et demeure à la fois dans un absolu qui n’autre catégorie que lui-même.
Chaque point, chaque goutte de peinture délicatement posée par un fin  pinceau, correspond à un instant précis et renvoie au point suivant, avec chaque fois un peu moins de matière (jusqu’à son extinction ?). Mais, nous en avons fait l’expérience, le temps, lui, n’a pas de fin. « … ».
Claude Rossignole 2014