Laura Haby

“Les films de Laura Haby révèlent des contradictions qui tendent à
l’effacement des contraires : en juxtaposant des jeux d’enfants et des
histoires d’adultes ou le jour et la nuit qu’on ne différencie plus dans
les grandes métropoles et dans les sociétés avancées tant la lumière
artificielle parodie la lumière naturelle.
Ses films déclinent des attitudes comme marcher, courir ou danser, et
rendent des contradictions manifestes en les montrant telles qu’elles
sont: poreuses.
Le mot “contre” d’ailleurs ne recouvre pas que le seul sens d’une mise
en conflit ou en opposition des choses. On dit “tout contre” quand les
choses se touchent, quand il est question d’un échange, ou quand on se
refuse à la fatalité “en dépit de”.
Ses films rendent possible le retour de toutes les époques, en cela aussi
ils ont quelque chose d’apocalyptique, au sens d’un “dévoilement”.
Ils ouvrent une brèche dans laquelle regarder-écouter le désastre avant
qu’il n’advienne, comme on regarde les étoiles, comme on parle de
comètes, comme on entend les grondements, le retour de la barbarie,
de l’apocalypse climatique qui se prépare. Ses personnages ne cessent
de prendre de la hauteur, de gravir des arbres, des montagnes,
de prêter l’oreille à la terre. Les paysages sonores et les dimensions de
ses films sont là, “sur la terre comme au ciel”. Les spectateurs peuvent
aussi prendre de la hauteur. Continuer à désirer que quelque chose ou
quelqu’un advienne comme ce vieux dans Amarcord ou les enfants dans
les éléphants d’Hannibal quand ils parodient la télévision, parodie elle
même de la religion dans les modes d’existence des adultes.

 

Thomas Guillot, 2017

Aurélie Hertrich

La peinture et le dessin me fascinent tout en me paraissant longtemps inaccessibles. C’est finalement grâce à la pratique libre et par le dessin de nu que j’ai pu m’approprier définitivement l’envie de créer.  Avec le dessin je cherche à exprimer ma perception du réel, mon regard sur le corps. Le nu est au centre de mes créations, comme une source inépuisable de beauté, d’expression et de mystère aussi. Parfois je m’en éloigne mais je ne quitte que très rarement “le vivant” humain, animal ou végétal. Les idées de mise en œuvre émergent les unes après les autres et mes mains s’efforcent de modéliser mes pensées. Curieuse de nature, j’aime utiliser différentes techniques, peinture à l’huile, acrylique, encre, fusain…, différentes couleurs…, différents formats…Je ne m’ennuie jamais, ma construction est permanente !

Sybille du Haÿs

L’anecdote historique et l’archive font partie intégrante de la recherche plastique de Sybille du Haÿs, autant d’outils qui lui permettent de jouer avec les déclinaisons possibles d’un même récit.Elle saisit l’information pour en livrer son interprétation, comme dans l’installation Les oubliés de l’actualité. Histoire et mémoire sont deux notions récurrentes de son engagement plastique. De l’art à l’histoire politique et institutionnelle, elle balise un champ de recherches ambitieux qui se déploie en plusieurs ramifications de pensée.Elle explore par exemple les manifestations d’une spiritualité universelle, inhérente à la vie, et utilise pour ce faire des éléments appartenant au domaine religieux comme le retable ou l’ex-voto. Dans Reconnaissances c’est la dichotomie entre les notions de sacré et de profane qu’elle choisit de mettre en avant, tout en manipulant les références artistiques, hommage caustique rendu aux artistes et penseurs à qui elle s’adresse. Dans Silence, l’accumulation de cire coulée crée un débordement ; l’ancrage au sol devient indispensable à la mise en scène de cette pièce qui évoque un temps figé, celui de l’institution religieuse statique.Ces détournements d’objets interrogent la manipulation de la matière, comme dans la peinture Portrait d’un aumônier militaire. L’image pixélisée, démantelée, morcelée oblige le spectateur à s’éloigner afin de trouver une distance physique et critique. En partant du territoire local (À l’arbre vert) ou international (Who wants to shoot ? et Invitation au voyage), Sybille du Haÿs décline une pratique pluri-disciplinaire et esquive la conclusion hâtive, s’inscrivant, comme artiste, au cœur de la réflexion mémorielle collective et individuelle.Élise Girardot – commissaire d’exposition et critique d’art membre de l’AICA

Christine Hoffmann

Sculptrice céramiste, je modèle le grès. Du grès ocre, beige rosé, noir ou des terres mêlées. Je réalise des pièces uniques qui sont cuites à haute température. C’est un univers féminin, poétique et sensuel que j’explore.Les personnages féminins que je modèle sont texturés et délicats. Le travail de modelage est réalisé avec l’intention d’obtenir un toucher rugueux – par les aspérités et les surépaisseurs d’argile laissées apparentes sur les corps – tout en travaillant sur la finesse des détails et des traits.Les figures féminines travaillées dans le grès sont à la fois fortes, graves, délicates et fragiles. J’étire et je déforme, jouant avec la matière, les vides et la couleur. Dans l’imperfection des corps modelés une beauté se révèle.

Anne Hudelot

Ma passion pour la photographie est née avec celle des voyages qui ont commencé dès mon plus jeune âge. J’ai bourlingué dès ma naissance à travers toute l’Europe grâce à des parents avides de culture et de découvertes. Plus tard je suis partie, sac à dos et transports locaux pour être au plus près des populations.
Mon travail photographique s’est naturellement tourné vers les portraits et la photo de rue au grés des rencontres faites à travers le monde. L’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Australie et surtout l’Inde qui m’a profondément marquée.
Capter l’instant, l’émotion furtive d’un moment, d’un regard, d’un sourire; voilà ce qui inspire mes clichés. Ce sont ces rencontres et la découverte des différentes cultures qui sont au coeur de mon travail photographique. Chaque cliché a une histoire particulière chargée d’émotions.

Oscar Hache

Feu son cher père l’initiant à la photographie et aux burlesques des bons jours très tôt dans son enfance, Oscar Hache décide d’étudier le cinéma à l’université paris XIII Vincennes Saint Denis. Il prolonge sa découverte des pratiques photochimiques du cinéma normal ou différent (par opposition au cinéma industriel) au sein d’un atelier-laboratoire pour le cinéma analogique à Strasbourg, Burstscratch, avec lequel il travaille pendant cinq ans.
Les quelques films qu’il y a produit, les deux premiers Films du dés-apparaître, ont été projetés à travers l’Europe dans différents festivals et événements d’ampleur Undergound, à Paris, Berlin et même aux States.
Aujourd’hui lassé des fonctionnements collectifs, Oscar a installé un petit atelier-labo individuel chez lui pour approfondir et affiner sa pratique du cinéma, de la photo, et de ce que l’on peut trouver dans l’entre-deux; c’est Le Dépoli.

Susanne Hanke

Le travail de Susanne Hanke se partage entre la gravure en relief notamment sur bois.Les monotypes, et la peinture (techniques mixtes).C’est un travaille figuratif qui au travers des paysages urbains et rurales, des architectures , des styles de siècles en siècles s’intéresse à la confrontation du passé et de la modernité dans sa dimension poétique et parfois brutale.

Frank Hügle

Mon principe d‘après Man Ray (14 mars 1945)“La liberté, c’est un autre élan – ce terme ne se réfère pas a la liberté de réaliser ses objectives au détriment des autres – mais c’est la liberté d’atteindre la réalisation de ses propres idées.” La photographie transforme l‘instant entre l’avenir et le passé en présent. Un spectateur peut s’immerger dans ce présent – malgré son absence physique – par les photos et s’attarder aux images.C’est un concept qui sous-tend mes photos et emmène leur spectateur avec eux à un lieu, un moment, une pensée, un sentiment qui a trouvé son expression à partir d’une réalité dans une image.La plupart de mes photos possèdent une intention: imaginé, ressenti, subit par mon existence. Les autres photos m’attrapent dans l’instant.La deuxième partie de la création de l’image commence par déclencher la caméra. Cette deuxième partie est réfléchir, comprendre, compatir, enrichi d’une autre grande passion de moi: la musique.Pour moi, la photographie est un moyen de produire des images, comment la cuisine est un moyen de faire de la nourriture: c’est le résultat wui compte, mais le processus pour y arrive, c’est la vie.Je pense en photos – je parle en images.

Thierry Heidt

«Magnifique…» Le mot vient spontanément à la bouche de Thierry Heidt quand il décrit les couleurs qu’il emploie pour accompagner ses dessins ou ses gravures, œuvres qu’il habille d’une délicate innocence. Les nuances de vert, pomme, kaki, jade, olive, tilleul, qui lui rappellent l’herbe, les feuilles, les sapins, et les marches qu’il effectuait, enfant, dans les montagnes avec ses parents. Les bleus, marine, nuit, pétrole, azur, presque toujours présents dans ses travaux, dans l’eau, l’horizon, «le beau temps, le ciel qui s’ouvre». Les bruns, marron, chocolat, brou de noix ou terre de sienne, qu’il emploie pour les arbres, leurs nœuds, les animaux pour qui il a une affection toute particulière. Et le jaune, qui le met en joie. Une couleur synonyme de soleil, de ces petites taches de couleur dans un champ y compris en hiver, de ces «magnifiques feuilles en automne dans les montagnes» ou qui irradie juste avant le coucher du soleil. Thierry aime employer différentes techniques – dessin, tampographie, collage… –, qui lui offrent la liberté de ses interprétations.

Mots clés. Couleurs, nature, arbres, animaux, ciel.

Hervé Petit

Depuis huit ans déjà, en 2013, Hervé Petit s’est installé dans ce lieu atypique situé au coeur du Port du Rhin, la Zone d’art qui accueille une trentaine d’artistes aux pratiques variées. Son travail ? des compositions contemporaines mixtes photo, collage, installations… La photographie est une des constante dans son travail. Déclinée en collages, impression sur tissus, photocopie, elle est quasi systématiquement mise en scène, répétée, mouvante et se mêle à d’autres techniques. Une des spécificités de son travail réside dans une technique de collage sur des plaques rouillées, objets et rubans métalliques, sur lesquels les effets de l’oxydation se mêlent au papier.