Eban

Eban est né à Banméthuôt en 1954 au Vietnam. Par sa mère il est originaire d’un peuple minoritaire de l’ancienne Indochine : les Êdes. Son père est français. Il a fait ses études à Bordeaux, une école graphique en publicité, mais se dirige finalement vers la peinture où il crée son propre style. Il a présenté de nombreuses expositions en solo et en groupe depuis 1974. Ses peintures sont la rencontre de deux mondes : l’Asie millénaire et la vieille Europe. Par ailleurs le monde végétal, aime aussi peindre sur de grandes toiles. Chaque tableau se transforme en recherche vers une nouvelle expression. Sa démarche : Eban au travers des multiples facettes de son art poursuit son objectif d’éveilleur et d’humaniste C’est toute l’expérience et le parcours d’un jubilé créateur que nous propose Eban. Son oeuvre contient l’image d’une ancienne Indochine qui s’est déjà sublimée et qu’il effleure du bout du pinceau avec toutes les couleurs du ciel et de la terre déposées sur la palette. Depuis son enfance en terre vietnamienne jusqu’à l’aboutissement d’un principe et d’un art révélateur maîtrisé, socle sur lequel s’érige toute une vie. L’art est un long chemin de silence qui donne à l’homme les clés d’accès à sa métamorphose. Michel Bénard. Lauréat de l’Académie française.

Pascale Klingelschmitt

Par son travail, elle tente de répondre par des matières dures (céramique/ verre) à des questions liées aux structures matérielles des organismes vivants. Souvent elle appréhende et confronte les différents acteurs des règnes du vivant dans une relation commune et combinatoire, ce qui lamène également à traiter de la relation au corps, à l’organique. L’hybridation, la métamorphose, la temporalité ou l’entropie sont appréhendées et convoquent intrigue ou dégoût. Le grand thème qui occupe Pascale Klingelschmitt à tous les niveaux est la vie et ses conditions d’existence. Il est question d’espace vital, de la terre, de la nature, de la science, de la position de l’homme par rapport à la nature et la science et de son rôle. Par ces orientations, s’invitent logiquement les questions écologiques. Elle tente d’exprimer une nouvelle vision moins aristotélienne du monde dans laquelle une hiérarchie plante-animal-homme semble avoir atteint ses limites. Entre vie et mort, début et fin, il y a le processus permanent de transformation, de métamorphose aussi bien philosophiquement que dans l’appréhension de la matière et sa mise en oeuvre. Les propriétés des matériaux sont utilisées voire détournées pour arriver à traduire ses intentions dans une vision plutôt contemporaine de la pratique artistique.

Dominique Haettel

Dominique Haettel développe  une pratique artistique axée sur la réinterprétation  d’éléments oniriques, surréalistes et irrationnels.  Dans ses  créations (dessins, peintures, assemblages, photographies) il est constamment à la recherche de ce qui se cache derrière… au delà des apparences.  Le côté « inachevé » de ses représentations imaginaires crée un sentiment de mystère et d’attrait  qui amplifie le pouvoir suggestif de l’œuvre, entraînant ainsi  le spectateur dans un monde  chimérique et fantasmagorique.

Corine Kleck

Ce que j’aime, c’est prendre un élément et le transposer, changer sa taille, sa matière dans un travail de recomposition et d’assemblage. Sélectionner un objet du quotidien et le faire devenir alors l’élément de départ du processus de transformation. L’affranchir de  sa condition, de son utilité. Utiliser des matériaux divers pour créer des rencontres inattendues. 

La thématique qui m’occupe en ce moment est liée aux questionnements posés par les incertitudes qui pèsent sur le monde et plus particulièrement les questions environnementales.

Pour interroger des concepts d’adaptabilité, de transformation et d’hybridité, j’ai – paradoxalement – choisi de me tourner vers une forme de réenchantement en explorant la notion de merveilleux.

Du latin Mirabilia : choses étonnantes ou admirables, qui nous entraînent du coté des contes et des chimères, de l’étrange et de l’inquiétant parfois.                                                    

Je privilégie des procédés appartenant aux champs de l’art populaire, de l’artisanat ou du bricolage. Ils me permettent une pratique diversifiée et libérée des contraintes techniques. Une pratique qui expérimente le langage des matériaux et confronte les matières. Faisant apparaître des tensions, suggérant des points de rupture, la recherche plastique est engagée dans une tentative de production de sens à travers un travail pointant les contraires, les oppositions et les dualités.

Hélène Thiennot

Mon travail s’articule autour des notions de trace et de mémoire, ce que j’appelle le fantôme réel , soit une réflexion picturale autour de ce qu’il reste d’une existence ou d’un événement. Chaque trace laissée sous quelque forme que ce soit est un indice précieux qui nous permet de se faire une image plus ou moins précise de ce qui a pu se produire. Ma démarche est avant tout observatrice : je collecte, je contemple, je photographie chaque détail qui me touche, qui pourrait par sa seule présence raconter une histoire. Je veux faire parler les objets morts , leur donner de la voix là où justement leur utilité s’est évanouie. Tout ce que nous touchons, tout ce qui nous entoure est un prolongement de notre propre corps ; le paysage, les bâtiments, les objets sont des extensions. On pourrait dire qu’ils sont les organes inorganiques de notre existence et témoignent ainsi de notre vécu après même notre disparition. C’est principalement au travers de la photographie argentique que je construis mon travail, je la vois comme un spectre, un instant qui n’apparaîtra plus jamais, le fameux « ça a été » de Roland Barthes. Elle est une apparition, créée par la lumière qui devient image, elle se matérialise. Cette idée de matière persiste également au travers d’autres expérimentations dessinées, installées car c’est bien la matière qui est marquée par le temps, grâce à quoi on peut deviner les traces et les faire parler. Ma recherche, à la fois archéologique, artistique et matiériste se veut l’interprète d’un certain passé,le mien, celui des autres. On ne peut construire un « après » sans connaître l’ « avant ». Nous déambulons dans un monde jonché de stigmates qui contribuent à nous façonner

Anke Vrijs

Si pendant de longues années mon travail tournait autour de l’image du corps -travail avec modèle vivant, travail à partir de modèles culturels- c’est à partir des gravures réalisées après les attentats du 13 novembre 2015 que mon travail prend délibérément une tournure plus engagée.

Dans la multitude de démarches artistiques d’aujourd’hui, il me semble important de prendre conscience que nos regards et prises de positions artistiques ne sont pas neutres. Nous venons de quelque part, nous sommes ancrés dans une histoire individuelle et collective. C’est la raison pour laquelle je m’intéresse depuis longtemps aux mythes et à leur manifestation dans l’histoire de l’art.

L’histoire (de l’art irrigue) mon travail.

Depuis un certain nombre d’années, je dessine au musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg des sculptures provenant de la cathédrale. Ces séances de dessin sont l’occasion de faire monter à la surface (du papier ET de la conscience !) des connexions enfouies.

Des jeunes femmes, nommées Vierges Sages et Vierges Folles dans la Bible (Matthieu 25, 1-13) me plaisent particulièrement. Elles portent quasiment toutes un voile et témoignent de leur individualité par l’attitude du leurs corps et l’expressivité de leurs visages.

Le texte biblique à l’origine de cette iconographie, de Saint Matthieu (cf. Matthieu 25 : 1-13), prête des paroles extrêmement dures au Christ, qui juge 10 jeunes femmes, dont la moitié sera exclue de la fête !

Ce qui est accepté en histoire de l’art, est souvent un défi pour notre regard occidental aujourd’hui. Des femmes portant un voile nous irritent parfois, nous déstabilisent et interrogent notre vision du monde musulman.

«Voil(é)es»

Ça fait un certain nombre d’années, que je travaille sur le sujet de femmes voilées. J’interroge sans juger ni prendre parti ; c’est le sort et le combat humain de ces femmes qui me motivent. Elles contribuent largement à modifier notre regard sur le monde (musulman) en défendant les droits humains et la justice sociale et elles sont au cœur de mon projet que j’ai intitulé « Vierges Sages – Starke Frauen » 

«Vierges Sages-Starke Frauen »

A partir de mes lectures, je me suis rendue compte de ma grande ignorance au sujet du voile … et je ne dois pas être la seule …

Faire le procès, juger, exclure la moitié des « Vierges » (femmes ???) de la fête, comme décrit dans le texte de Saint Matthieu, ne me convient pas. 

L’idée de rendre visible en dévoilant, donner à voir et diffuser l’image (et les biographies) de ces femmes est au cœur de mon travail.

Je souhaiterais présenter lors des ateliers ouverts 2026 des sérigraphies peintes  réalisée à partir d’images de photos de  de femmes ainsi que les nouvelles gravures d’une série initiée en 2021.

Ce travail a été montré en 2024 au Conseil de l’Europe et dans le cadre du OFF des Assises Européennes de lutte contre les violences faites aux femmes

Annett Andersch

Je travaille avec des matériaux de récupération, généralement du textile et du papier. Ils me racontent leur histoire, que j’intègre dans les nouveaux œuvres et que j’associe à mes observations quotidiennes. Mon matériau, qui se caractérise par sa banalité et ses qualités tactiles, parle son propre langage. Je reprends des formes, des lignes et des couleurs existantes et je les complète par des broderies à la main ou à la machine. J’aimerais stimuler l’expérience émotionnelle et l’imagination du spectateur. Technique mixte

Aurore Schenck

Aurore Schenck est artiste auteur et art-thérapeute. Formée à la photographie argentique, elle aime aujourd’hui associer l’image numérique et les techniques anciennes.  Elle se passionne pour une technique de tirage photo inventée au XIXème siècle nommée « Cyanotype ». Celle-ci permet de créer d’étonnantes « aquarelles » photographiques tout en nuances de bleu et blanc. Ces couleurs peuvent être modifiées grâce à des virages au thé et donner des tons sépia. Sa photographie se veut très picturale. Il lui arrive d’intervenir sur ses tirages avec de la peinture aquarelle. Elle travaille actuellement sur un projet mariant photographie et art de la laque.  Ses sources d’inspiration se trouvent pour la plupart dans la nature. Elle aime particulièrement les arbres, les oiseaux et capturer la lumière en suivant les cours d’eau. Elle photographie également les environnements urbains.

Les Ateliers RTT

Les Ateliers RTT est une agence de design et d’innovation sociale basée à Strasbourg intervenant sur l’ensemble du territoire, cofondée par Chloë Dupuy, Daym Ben Hamidi et Anne Laure Desflaches en 2012. Nous accompagnons collectivités, institutions publiques, associations et entreprises dans la définition de leurs stratégies et projets jusqu’à leur mise en place durable. Nous revendiquons la place des méthodologies de design dès la genèse des projets, afin d’explorer plus largement de nouveaux scénarios d’usage. Nous créons ainsi des outils spécifiques permettant l’intégration des usagers dans le processus de conception, pour faire émerger et proposer des objets et des services pertinents, liés à leur territoire et à leur contexte d’action. Cette approche prospective, nous la conjuguons à une richesse créative issue de l’expertise et l’expérience du prototypage et du développement de produits et de services. En effet, notre capacité à prototyper physiquement et dans l’espace les solutions pensées permet aux projets de gagner en efficacité et en adhésion par les usagers. Aussi, nous portons une attention toute particulière à la finition et à la qualité des solutions développées, et ce dans un double objectif : s’assurer de leur durabilité et de leur appropriation par les usagers concernés.

Pierre-Louis Peny

Le monde minéral a toujours été l’un des fondements de ma démarche.  Au travers de la roche je m’interroge sur notre rapport au temps et au monde dans lequel j’évolue. C’est donc par ce prisme que je pars depuis quelques années en quête des lieux et des histoires qui constituent cet univers fait de roches et de sédiments.  Cette envie de faire parler la pierre m’a amené au travers du temps et des expérimentations à explorer les différents domaines que sont l’architecture, la géologie, l’industrie, ou encore l’archéologie.   Si la pierre est en soit un moyen direct de créer des formes je tente aussi d’en explorer certains aspects au travers d’autres matériaux. C’est ainsi que je cherche parfois à utiliser d’autres médium  pour mieux mettre en avant certains phénomènes liés au passage du temps sur la matière. Dès lors, l’action de l’outil se compare à l’érosion, les rythmes de croissance du vivant se substituent à l’horloge humaine. Les enjeux de pérennité, de rapport d’échelles  et de résonance à un environnement sont des sujets qui me préoccupent en tant qu’artiste. Partir à la découverte des carrières, observer des météorites ou des manières de construire nos monuments sont pour moi autant de façon de porter un regard sur notre époque. Tous ces univers fonctionnent entre eux comme des strates. De ces empilements naissent des histoires dont le sens de lecture perd sa linéarité au profit d’une interprétation personnelle.