Monika Rygálová

Monika Rygálová (née en 1994 à Kroměříž) est une artiste audiovisuelle dont le travail mêle vidéo, texte et installation. Sa pratique mobilise des dispositifs de cartographie, d’anthropométrie numérique et de dialogue pour explorer les zones de rencontre entre émotion, technologie et les limites de la perception (in)humaine. Depuis 2018, elle est membre du collectif artistique Lilky_60200. Elle est également cofondatrice et curatrice de la galerie Cejla à Brno.  Son projet de résidence s’appuie sur une recherche autour de la codépendance. À partir de souvenirs fragmentaires, de références théoriques et d’un travail de récolte de témoignages, elle développera un texte expérimental qui constituera le socle d’une œuvre vidéo et d’une installation.

Marianne Muller

L’arrivée d’internet m’a accompagnée dans mon passage à l’âge adulte. La manière dont elle a révolutionné le mode de diffusion des images a aussi profondément marqué mon parcours artistique. Comme toute ma génération, j’ai été fascinée par l’accroissement exponentiel de mes champs de recherches, sidérée par la masse de matière iconographique à laquelle j’accédais et par le flux incessant d’images auquel j’étais soumise au cours de mes errances sur internet. A partir de 2005, j’ai décidé d’ordonner mes navigations sur internet. J’ai ainsi commencé des collections d’images en cherchant à classer la masse iconographique qui s’étalait devant moi. Mettre en relation des images entre elles était une façon de redonner de la mesure et du sens aux flux d’images auxquels j’étais soumise incessamment. Ces classements s’élaborent au gré des analogies visuelles, des émotions et des sensations que les images m’évoquent. Puis naissent des couples d’images. J’identifie des similitudes formelles, je traque les échos narratifs et symboliques entre les photos.

Marguerite Kalt

Artiste plasticienne, j’expérimente les médiums de l’écriture, du verre, du latex, de l’impression dans des installations vidéo. En m’inspirant de la pratique du vitrail contemporain, j’utilise les formes de la fenêtre ou de l’écran dans mes installations comme des supports à narrations déformants. Dans ces narrations, j’entremêle des souvenirs personnels, des archives et de la fiction pour jouer avec les différentes manières dont mémoire et fiction sont liés dans nos quotidiens et nos environnements (dans nos rêves, dans nos villes, …) . Le cœur de mes recherches théoriques est d’explorer la porosité entré le réel, la mémoire et la fiction afin de parler d’intimité, de rapport au temps, à l’oubli, de fantômes et d’errance.

Vi

Vi (ielle) né.e en 1984 à Cannes est un.e artiste dessinatrice et graveur, travaillant et résident actuellement à Strasbourg, après avoir passé les 15 dernières années au Mexique. Diplômé.e en 2005 du Diplôme National des Arts Plastiques (DNAP) de l’école des Beaux-Arts de Rouen et en 2007 du Master degree in Fine Arts (MAFA) de Norwich School of Art and Design, sa pratique artistique tournait alors principalement autour de la sculpture, l’installation et la photographie, avant que le baroudage ne lui fasse rendre au dessin sa primordiale importance comme moyen itinérant de collection et de mémoire, puis que la gravure, apprise dans les nombreux ateliers d’arts graphiques du Mexique ne devienne un nouveau terrain de jeu à part entière. Passant d’un medium à l’autre suivant l’inspiration, son oeuvre, souvent tintée de la brutalité environnante, s’interroge sur notre processus individuel dans la prise de décision, questionnant notre responsabilité dans l’abandon de soi à l’indifférence et la passivité face au pouvoir destructif de notre espèce. Féministe et activiste assidu.e pour la justice socio-environemental et l’écologie, son travail a souvent été témoignage de ces préocupations, entre critique du système patriarcal et dénonciation des abus commis par l’extractivisme et la corruption au Mexique et en Amérique centrale, et s’est aussi prêté à illustrer affiches informatives, et diverses publications dont en 2020 le livreL a Tierra Somos: Buen Vivir y defensa del Territorio en Mesoamérica ( La Terre nous sommes: Bien vivre et Défense du Territoire en Mésoamérique) , par Colectivos en Acción. En 2024, le design de l’affiche illustrant les problématiques sociaux.ambientales du «Train Maya» pour la Caravane «El Sur Resiste». En 2024-2025, les illustrations pour la publicationR isistir a los Megaproyectos del capital en el territorio sur-sureste. El tren maya y el corredor interocéanico CIIT» (Résister aux mégas projets du capital dans le territoire Sud-Sud-Est. Letr ain Maya et le couloir interocéanique CIIT), pour le collectif: Colectivo Internacionalista de InvestigAcción, ou encore l’illustration de couverture pour la publicationC IPOG-EZ und CNI-CIG im auge des sturms (CIPOG-EZ et CNI-CIG au coeur de la tempète) par Misión de observación civil – Sexta, parut en Août 2025.

Wargnier Zirekian

Ma participation aux Ateliers Ouverts s’inscrit dans la première édition de la résidence Un bruit qui court, initiée à l’Atelier Pierre Kieffer à l’invitation de Renée Kieffer, son épouse, qui a filmé la vidéo éponyme. La magie blanche de l’image numérique y convoque l’artiste : esprit, geste et parole, malicieusement suspendus, nous autorisent au jeu – une forme de ping-pong entre une œuvre interrompue et celles qu’elle pourrait encore susciter.

Investir aujourd’hui cet espace en qualité d’artiste, et disposer du temps nécessaire pour fréquenter ses toiles, n’a rien d’anodin pour moi. J’ai connu Pierre Kieffer. Cette rencontre fut décisive. Pourtant, bien que j’aie occupé durant plusieurs années un local à l’étage inférieur de son cabinet, j’ignorais tout de l’existence de son atelier et de son travail plastique.

Qui était donc ce Pierre Kieffer que je trouvais si peu loquace ? Sa disparition laisse moins un silence qu’une présence active : livres, notes, œuvres, outils et matériaux composent aujourd’hui un paysage dense avec lequel dialoguer.

Ce lieu m’appelle à reprendre la recherche plastique amorcée au début des années 2000 autour de l’intime et des tensions qui s’y déploient – visibles comme invisibles -dans et au-delà de l’amour, du désir et de la mort. Il m’invite aussi à parler de Pierre et avec Pierre : collecter indices et traces, formuler des hypothèses à partir desquelles peinture, écriture, installations ou formes sonores pourraient entrer en correspondance.

Mon travail s’intéresse aux histoires qui surgissent des lieux que nous habitons, publics ou privés : le van des départs en vacances, un salon traversé par la sieste, une place qui respire, une usine habitée de poésie ou un atelier qui continue de travailler après la disparition du peintre. Je cherche moins à raconter une histoire qu’à observer comment elle naît – à travers un espace, un geste, une rencontre.

Mes projets prennent ainsi appui sur des lieux existants que j’explore dans la durée. Par l’immersion et l’échange avec celles et ceux qui les habitent, j’essaie de faire émerger relations, souvenirs et tensions invisibles. Les formes produites, qu’il s’agisse d’installations, dispositifs participatifs ou propositions visuelles, sont pensées comme des expériences ouvertes où visiteurs, récits et espaces entrent en résonance.

Amélie Munich

Basée à Strasbourg depuis 2024, Amélie Munich a recours à de multiples médiums comme le dessin, la peinture, la sculpture et l’installation. Son intention artistique naît des réflexions sur la représentation d’un espace et des perceptions de ce dernier ; notamment de l’observation subtile de la lumière et des ombres qui révèlent ou déforment les volumes. De cette notion d’espace s’ajoute celle du corps. Ce dernier entretient un rapport personnel au lieu où il se situe. Le corps appréhende l’espace, il s’y meut. Cette sensibilité est d’autant plus vive quand l’espace touche à l’intime, au quotidien. Et parfois ce quotidien se transforme en un drôle d’absurde. Le vocabulaire de la scénographie et de la théâtralité devient alors un outil qu’Amélie utilise pour développer son travail plastique.

Théo Jean

Bercé par les montagnes depuis tout petit, je recrée des paysages à l’aide de divers matériaux glanés dans la rue ou dans la forêt. En effet, j’ai grandi à Grenoble, entouré des trois massifs alpins qui ont été, et continuent d’être, des présences réconfortantes. Enfant, j’ai passé une bonne partie de mon temps dans les bois, à construire des cabanes dans les arbres.  C’est un peu ce que je continue de faire maintenant que je suis artiste, et plus grand. Sauf que maintenant, je ne me limite pas à la cabane, je reconstitue aussi tous les arbres qui l’entourent. Je recrée les fleurs qui éclosent, les feuilles tombées par terre, les montagnes sur lesquelles tout cela pousse. Je reproduis les formes, les silhouettes et les structures du vivant.   Je m’approvisionne dans mon environnement proche, quel qu’il soit. En ville, je trouve des plastiques, des morceaux de meuble, des cartons, des vieux journaux et pleins d’autres trésors. En forêt, je trouve du bois, des cailloux, des coquilles, des plumes, et surtout, des formes ! Branchement, méandres, spirales, motifs, qui me fascinent. Avec ces matériaux récupérés, je fais des tests, je laisse mes mains et la matière me guider jusqu’à trouver quelque chose qui me plaît. Dans mes dernières recettes, je peux citer les vitraux de plastiques, une nouvelle manière de concevoir cet artisanat faisant appel à l’upcycling et au lowtech.  Je peux également citer différentes pâtes à papier ou carton utilisées dans différents projets comme Archivé ou Après la catastrophe.  Ma démarche écologique questionne notre rapport à l’environnement, la dualité entre artificiel et naturel et évoque les catastrophes en cours et à venir.  Je souhaite montrer à la fois l’espoir et le drame présents dans ces dernières, et bien sûr, l’urgence d’agir en tant que société.

Makis Yalenios

Ma recherche théorique et formelle commence par un double parcours universitaire en sciences humaines et en arts du spectacle, avec une longue expérimentation sur la matière et sur l’interaction dynamique entre différentes techniques. Mes travaux explorent de façon poétique la fragilité de l’existence, la puissance de la mémoire personnelle, comme aussi la dialectique entre espace et temps, disparition et conservation, vide et plein, trace et transformation. Après plusieurs années, ma pratique est approfondie par un Master 2 Recherche interdisciplinaire sur la mémoire individuelle et collective mobilisée lors du processus de spatialisation inhérent à la dimension spatiale des installations contemporaines immersives et interactives. L’usage de moyens expressifs à chaque fois renouvelés m’ouvre vers les multiples possibilités offertes par la matérialité du papier et du textile tout en incluant d’autres médiums hétérogènes, puisés dans la nature, recyclés, porteurs des traces d’usure. En définitif, ces « petits riens », ces « copeau[x] raflé[s] à même l’existence » (R. Barthes, La Préparation du roman, N. Léger (éd.), Seuil/Imec, 2003), inscrits dans une dimension durable et aussi dans l’esprit wabi-sabi, constituent des sources d’inspiration permanentes et guident mes recherches, fondées sur le rapport analogique entre forme et fond. Mon intention est de faire sortir la matière, essentiellement le tissu, du carcan de sa matérialité première et de mettre en lumière sa puissance évocatrice, son langage sensoriel en interaction avec les spécificités de l’espace d’accueil et sa propre histoire. Je m’intéresse donc à la matière en tant que langage évocateur et révélateur de la mémoire, des histoires individuelles et collectives, parfois enfouies ou en voie de disparition. Dans mes propositions artistiques, j’explore la rencontre de l’Homme avec ses abîmes. Le recours à l’objet ready-made en série, me permet de travailler le processus de la répétition, de la reprise, et d’esquisser des formes de réparation. En interpelant notre mémoire subjective, notamment par les dispositifs d’installation immersive, je propose un face à face avec ce qui demeure inachevé, défaillant et manquant, une confrontation avec nos « paysages désolés ». Mes propres textes font parfois partie intégrante de l’œuvre. Je porte un regard attentif « aux petits riens » du quotidien, tels des bouts de vieux papiers peints et d’étoffes effilochées. Leur traitement dans ces collages et techniques mixtes évoque les traces d’une vie qui s’estompe et souligne la nécessité d’une part de prendre soin de leur disparition, d’autre part de conserver tout en transformant les traces, en vue d’une transmission. Dans ce même esprit, j’ai réalisé dans le passé des œuvres in situ dans des temples, églises et cloîtres, dans des théâtres, des librairies, mais aussi dans des jardins et des serres, dans des salles de box et autres lieux insolites, dans toute la France et plus récemment encore à Venise.

Carole Nieder

Carole Nieder est artiste-auteure et architecte. Son travail de recherche-création mêle peinture sur grands formats, performance et installation. Elle met sa culture spatiale au service de ses explorations plastiques et voit dans ses créations une manière d’interroger le monde qui nous entoure et son fonctionnement. Sa thématique de travail questionne les rapports entre corps et espace à travers la notion de l’empreinte.  Diplômée de l’Ecole d’Architecture de Strasbourg, elle exerce en tant qu’architecte de 2013 à 2021. En parallèle de son métier, elle développe de nombreux projets de performances mêlant peinture, textes, musique, danse et architecture. Des institutions comme le Centre Chorégraphique de Strasbourg, le Théâtre du Maillon ou la Maison Européenne de l’Architecture lui ouvre leurs portes. Elle enseigne également de 2018 à 2021 à l’Université de Strasbourg et à la Haute Ecole des Arts du Rhin en arts plastiques et architecture (théorie et pratique). En 2021 elle décide de se consacrer pleinement à la création artistique suite à la résidence « la Fabrique » où son travail est salué par la DRAC Grand Est. En 2022 la Galerie Murmure à Colmar lui consacre une exposition monographique. Soutenue par le Ministère de la Culture, elle entame en 2023, un projet intitulé « Culture(s) » de trois ans en lien avec les agriculteurs du pays de Montmédy. Ce travail lui valant une reconnaissance nationale elle est nommée fin 2024 Chevalière de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Copa & Sordes

Copa & Sordes s’intéresse aux zones intermédiaires entre l’art et la culture quotidienne.

Les interactions avec les gens sont au cœur de leur démarche artistique. Soit sur les lieux de travail, soit dans la vie quotidienne, soit dans des projets d’art interactifs.

Au fil de jours des ateliers ouverts il vont arranger une installation de nature morte en collective dans leur atelier.

Toutes et tous seront invité de contribuer un fruit ou une legume ou un autre objet comestible.

A la fin cette nature morte se transformera en tableau vivant par une action de cuisiner en collective et de manger ensemble.