Caroline Steinbach

PETITE EXPLICATION… DU TRAVAIL…

Caroline Steinbach présente un univers plastique où dialoguent le dessin à la pierre noire et la sculpture en céramique. Son travail explore des formes organiques à la frontière du végétal et de l’anatomique. 

Dans ses dessins en noir et blanc, la pierre noire caresse le papier et sculpte la lumière. Le clair-obscur modèle les volumes avec douceur ; le grain, les transitions veloutées et la composition épurée créent un espace où l’ombre et la lumière deviennent langage. Les formes biomorphiques y demeurent volontairement ambiguës : elles invitent à une lecture intime, à une projection personnelle. Les « Fleurs », aux formes sensuelles et féminines, évoquent une symbolique proche de l’univers de Georgia O’Keeffe, tandis que d’autres œuvres interrogent la perception du corps et la porosité des genres, dans un dialogue intérieur/extérieur, masculin/féminin, qui n’est pas sans rappeler certaines explorations de Louise Bourgeois.

La céramique prolonge cette recherche dans la tridimensionnalité. Les volumes arrondis, les courbes dominantes, les formes épurées deviennent matière vivante. Là où le dessin explore la profondeur par le contraste du noir et du blanc, la sculpture affirme la présence par la couleur. Les teintes franches — jaune solaire, rouge vibrant, bleu profond, noir dense — fonctionnent comme des forces émotionnelles. 

Les fleurs, les graines, les formes germinatives traversent l’ensemble du travail. Les « Graines » apparaissent comme des métaphores de la genèse : elles portent en elles le potentiel, la latence, la transformation. De la dormance à l’émergence, elles traduisent le passage de l’invisible au visible, rejoignant une réflexion sur l’origine et la puissance créatrice, que l’on peut rapprocher de certaines recherches de Jean Dubuffet dans l’Art Brut ou de la matérialité essentielle explorée par Wolfgang Laib.

Qu’il s’agisse de la pierre noire ou de la terre modelée, le geste reste central. Il est à la fois doux et affirmé, minimal et chargé de symbolique. La simplicité formelle n’est jamais décorative : elle vise l’essentiel. Les formes se situent à la limite de la reconnaissance, laissant place au trouble et à l’ambivalence.

Ainsi, par le dessin comme par la céramique, Caroline Steinbach interroge la conscience du corps, la dualité des forces et la poésie du vivant. Son travail propose un espace de contemplation où matière, lumière et énergie dialoguent dans une recherche d’équilibre entre ombre et éclat, intériorité et élan.

Mina el Bakali

L’oeuvre de Mina El Bakali traite d’un certain rapport aux corps et d’une interrogation sur la vie et sur la mort. « Le collage est pour moi une façon de détourner la réalité, de changer le sens et de raconter une autre histoire. Dans mes oeuvres, il y a une certaine angoisse, celle de notre époque, qui touche à la définition de l’humain. Mais il y a aussi de l’humour et un certain souci de dépassement. Des êtres hybrides, moitié homme, moitié animal, semblent être pris dans un processus de métamorphose…
Article Paris Normandie

Haleh Zahedi

née en 1982 à Téhéran, vie et travaille à Strasbourg

Fabienne Delude

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai fait un voyage dans l’archipel du Svalbard à 1 000 km au nord du cercle polaire. En bateau depuis Reykjavik, après 3 jours de tempête furieuse sans pouvoir mettre le nez dehors ni même tenir debout dans ma cabine, j’ai découvert l’île du Spitzberg (montagnes pointues en allemand). Après l’océan Arctique déchaîné, ce furent les montagnes pointues enneigées, démesurées, abruptes. Puis la banquise blanche confondue au ciel blanc, puis les glaciers gigantesques comme des remparts fissurés.

Je me suis mise à peindre tout cela pour comprendre ce que j’avais vu.

Peindre, c’est essayer de comprendre le monde.

Philippe Geldreich

PHILIPPE GELDREICH
Né le 28 janvier 1969, j’ai fais des Etudes d’Arts Plastiques à la Faculté de Strasbourg de 1988 à 1992.
Ayant obtenu mon CAPES d’Arts Plastiques, j’enseigne au Lycée Jeanne d’Arc à Mulhouse depuis 1994.
Je suis père de Titouan (en 2006) et Coline (en 2007)

Parallèlement j’ai une activité de peintre depuis mes études. Mon regard se porte sur les paysages, la nature, les voyages…
Les prémisses montrent des espaces ouverts vers l’extérieur de la toile. Le support recouvert d’ocre, de limaille, de cendre, est parcouru de chemins sans fin se croisant et de traces aléatoires sur lesquelles je fixe de signes (fragments de bois, coquilles d’escargots,…) présents dans mon travail depuis l’origine.
Petit à petit les motifs ont évolué et la présence animale puis humaine est devenue prégnante.
Enfouis sous les couches de sable, de végétaux et de peinture, des visages et des bouts de carte apparaissent par endroits, comme des fragments du monde qui cherchent à s’harmoniser.
Cheminer nous pousse à éprouver le cadre et la frontière. Nos frontières s’ouvrent avec les formes et les couleurs dans l’inachevé de la peinture. Ainsi, sur le fil de la rencontre, nos pensées elles-mêmes prennent formes dans ce moment et ce mouvement de la balade.

Mon travail actuel consiste à interpréter des « planches » de sciences naturelles anciennes (insectes, plantes, animaux,…). Je les reproduis sur des supports qui sont des couches d’affiches arrachées. Ces supports me permettent de donner une identité plastique à mes images en déchirant, ajoutant, collant, peignant les motifs. Je les gratte pour accentuer les stigmates du temps.
Ces images ainsi obtenues disent la diversité, la fragilité et la beauté d’une nature en train de disparaître mais aussi la nécessité d’en entretenir et d’en propager la mémoire.

Bérengère Paris

Présents depuis les temps les plus anciens, les monstres, tout comme les contes, les légendes ou encore la peur, répondent sans doute à un besoin profondément inscrit dans l’esprit humain.
De plus en plus protégé, notre univers est mis aujourd’hui à l’abri de ce qui nous trouble.
Le design se veut bienfaisant : dans mon processus de création, j’utilise le code inverse en prenant pour point de départ les images universelles de la peur, afin de créer un objet poétique et décalé.
Mon univers est un lieu de rencontre entre l’imaginaire et le quotidien. Un monde où l’adulte côtoie l’enfant et où les loups, les ogres, les monstres, l’étrange, s’invitent sous nos toits.
Mon travail évolue techniquement par une volonté d’explorer d’autres procédés et à revisiter naïvement des techniques traditionnelles liées au textile. Ma curiosité me pousse à apprendre sans cesse de nouvelles techniques que j’exploite dans mes créations de façon inattendue.
Fil, tissu et images se rencontrent dans mes mains et des histoires se construisent progressivement au fur et à mesure des coups de crayon et d’aiguille. Ainsi je développe des collections textiles en concevant et en fabriquant de curieuses créatures, des collections de tissus sérigraphiés de qualité et toute une gamme d’objets textiles.

Johanny Melloul

Il y a deux semaines, après avoir échoué pour la 73ème fois à l’examen du permis de conduire, Johanny Melloul inventa la téléportation instantanée.
Depuis, contraint à l’exil par le lobby de l’industrie pétrolière, il vit et travail à Rixheim.
Il se consacre désormais à temps partiel à l’étude et l’observation du couple de loutres du Zoo de Mulhouse.
Le reste du temps est dédié entièrement à son œuvre majeure, Bouldi.
Le célèbre créateur de Bouldi, maire de Mulhouse depuis 1988, prix Nobel de la paix 2002 ex-æquo, inventeur de plus de 4 différentes recettes de pâtes au maïs, le « prince glutamate » comme on le surnomme dans le milieu de la frite vietnamo-américaine mulhousienne, celui qui se décrit timidement comme « quelqu’un qui répond quand on l’appelle » s’est rendu compte qu’il était un prophète.
Aux dernières nouvelles, perturbé, il est allé prendre un américain-nem supplément fromage à emporter et après il est allé se coucher.

Fernand Kayser

Fernand Kayser alias Ferni : docteur mulhousien diplômé en tant que mono-maniaque récidiviste, adepte de la superposition, il compose dans ses oeuvres de véritables microcosmes peuplés de drôles d’animaux masqués, d’objets insolites et de formes fantasques en tous genres.

Anne-Marie Garneret

Anne-Marie Garneret propose une suite de dessins au graphisme de couleurs et en noir/blanc réalisée en trois épisodes selon des orientations distinctes et qui répondent à des travaux en volume, sculptures de métal tressé, telle une écriture aérienne d’une part, alors que d’autres évoquent des formes organiques en expansion aux textures abouties ou gardées en réserve.

Un jeu de dialogues permanent entre les œuvres donne le fil conducteur de ses dernières créations en lien aussi avec la diversité des matériaux utilisés par l’artiste.