Nadia B.

L’esthétique du vide Un jeu visuel entre l’espace dessiné et non-dessiné. En effet, le vide fait partie intégrante de l’œuvre. Le moindre trait change sa valeur et interroge sur les émotions que suscite une surface inoccupée ; l’absence, le manque et ou inversement l’ouverture sur d’infinies possibilités. La répétition de la ligne est la base du travail. C’est un moyen pour figurer l’écoulement du temps. Les éléments géométriques viennent stabiliser ou troubler la fréquence de ces lignes. En plus d’explorer les contrastes entre le vide et le plein, le rythme et la dissonance, il s’agit aussi de mettre en avant la contradiction entre le côté intellectuel des tracés, mesures et plans et la sensibilité d’une écriture abstraite.

Agnieszka Najder

Illustratrice et graphiste freelance, j’ai grandi à Strasbourg où j’ai pris mes premiers cours de dessin. Je suis ensuite partie en Pologne – mon pays natal, où j’ai étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie.

Ce qui m’intéresse le plus dans l’illustration, ce sont l’atmosphère et les émotions que j’essaie de transmettre sur papier. J’aimerai que celles-ci soient lisibles à travers le dessin pour qu’il puisse nous raconter son histoire. J’aime beaucoup dessiner des paysages, des bâtiments, que je considère comme des sortes de captures d’écran d’une vie d’ailleurs.

Nikunja & Mannee

Le Studio Nikunja&Mannee est le lieu de travail de l’artiste mauricienne MANNEE et du franco-suisse NIKUNJA. Il produit et réalise des projets de transmedia art entre les arts visuelles, les arts plastiques, la création sonore et la performance et poursuit la recherche sur la Matière Interactive à travers des oeuvres individuelles et collectives. Le studio abrite en outre le groupe de musique contemporain UNCOPPEN SAW avec Mathieu Sylvestre (Berlin) et Alain Perret (Genève).

Nadine Untereiner

L’atelier est situé au rez-de-chaussée d’une cour ancienne rénovée très pittoresque. L’artiste y présente un ensemble de productions réalisées dans des techniques très variées auxquelles elle s’est formée au contact de professionnels de la céramique, de la gravure et du textile. En autodidacte pour l’aquarelle et dans les techniques mixtes à la faculté d’arts plastiques.

Natacha Caland

Natacha Caland installe son atelier au 4 rue poincaré à Bischeim en 2017 dans un ancien espace d’activité tertiaire ( à 50 m de la piscine de Schiltigheim ). Elle occupe un espace d’environ 60m2 au 1er étage , dédié à la fabrication de ses tableaux sculptures en bois , en carton , plastiques et autres matéraux. Une baie sur toute la longueur de l’atelier vient éclairer généreusement cet espace de travail. Certain murs permettent d’occrocher les oeuvres les plus récentes et d’autres servent à entreposer le matériel et les outils sur des étagères. le couloir élargi qui précède l’entrée de l’atelier permet d’exposer comme dans une galerie, une dizaine d’oeuvres. De façon général les surfaces sont suffisament grandes pour accueillir un artiste invité, et cette année ce sera pour la deuxième fois, l’artiste artiste Claudine Leroy-Weil.

Jonathan Naas

Né en 1987, vit et travaille entre Bâle et Strasbourg. Jonathan Naas obtient un DNAP à la HEAR de Mulhouse, ainsi qu’un Bachelor et un Master en Arts Visuels avec mention à l’ÉCAL de Lausanne. Après quelques années de voyages et de direction artistique, il présente son travail en France et à l’étranger, lors de résidences et d’expositions. Son travail contextuel s’appuie sur la récupération d’éléments du réel, mis en scène dans des installations sombres et minimalistes. Ses œuvres questionnent les symboles et leurs codes, ainsi que les croyances et la transmission des savoirs par un protocole rituel, influencé par le folklorisme, la mythologie, l’ésotérisme et la culture underground. Sa pratique est majoritairement dominée par une peinture radicale et des volumes issus de son quotidien, empreints de magie et d’invisible. Il présente, à la façon d’un intercesseur, des dispositifs rythmés reformulant la réalité au travers de la fiction, tel un conte, accentuant un présent tout en suggérant la possibilité d’un ailleurs.

Laure Nantois

De la photographie à la peinture, je redéfinis les contours d’un lieu que j’ai
traversé pour le faire passer dans la sphère de l’imaginaire et de l’intime.
Un jeu de trouble et de mise en abîme révèle un autre paysage, comme un double
fantasmé du premier, plus intériorisé.
Le regard s’y fraye un passage, dans les limites qu’il rencontre entre ce qui est
visible, ce qui est caché et ce qui menace de disparaître.

Nikunja

L’artiste trans-média Nikunja (né à Bâle, Suisse; vit et travaille actuellement à Hégenheim en France, à Bâle et sur l’Île Maurice) a étudié la peinture et l’art vidéo à l’académie de l’art de Bâle (Kunstgewerbeschule Basel) de 1975 à 1979. En 1991, Nikunja a reçu la bourse fédérale suisse d’art (Swiss Art Award), 1991-1993 la bourse fédérale suisse d’ART-EST en Pologne et en 2003 une bourse réalisateur à l’université d’Oxford de la République de Genève. Il était soutenu par des résidences au Zimbabwe (1996), au Japon (1997), au Pays-Bas (2003/4), à La Réunion (1998/2007-9), en Afrique du Sud (2008), en Namibie (2008), à Maurice (2010/11). Avant de se détourner du marché de l’art en 1997 il était représenter par la Galerie Inge Baecker, Cologne. En 2015 l’installation trans-media et interactive « Xanadu: The Bastard’s Dream » a été sélectionné par Okwui Enwezor pour la 56ième Biennale d’Art Contemporain de Venise et été exposé à l’Istituto Maria della Pieta. En 2017, son film de performance NAMA (2008, HDD, 84 ’) a été projeté au PAF Performance Art Festival de Berlin dans le cadre du projet CyberNomad Afrotak’s « Remains » Project. En 2019 il a créer la groupe de recherche musicale et sonore UNCOPPEN SAW avec Mannee, M. Sylvestre (Berlin) et A. Perret (Genève), avec des performances au Festival Ungemuetlich VI au Kunst Forum Berlin, au Musée DADA, Cabaret Voltaire, Zurich pour “Die andere Maria” de Till Velten et un enregistrement album MOÏKA au relief studio, Suisse, qui va être publier en 2021. En 2021 un papier art-science sur “l’expansion de la Démocratie par la Matière Interactive” et le projet nomade Transmedia Art Dome seront réaliser. «Mon œuvre évoque une interaction entre tous les éléments qui le constituent ainsi qu’avec le public, permettant de nouvelles perspectives et formulations artistiques évolutives, suspendues entre positions et médias sur une chronologie infinie, l’interaction comme matière évolutive brute mais subtile, la Matière Interactive. Cela concerne non seulement une nouvelle perception élargie et une prise de conscience croissante d’un présent à plusieurs niveaux, mais aussi l’immense potentiel créatif et les échanges qui peuvent en découler. » Depuis le milieu des années 1990, Nikunja a développé le concept transmédia artistique et philosophique de la Matière Interactive comme fondement de l’évolution artistique, naturelle et spirituelle de la perception de l’univers et de soi et se rapporte à la compréhension de l’interactivité en tant que matière à formuler et à expérimenter de manière créative. L’œuvre de Nikunja permet l’expérience directe de la Matière Interactive entant suspension entre la réalité analogique et la réalité numérique, entre le matériel et l’immatériel, entre le présent et un temps suspendu, entre le Soi et l’Autrui.

Bill Noir

Fragments de papiers ou peaux filigranées ? Les surfaces imprimées du vingtième siècle, nobles lambeaux d’époque, sont une source intarissable d’émerveillement. Véritables cornes d’abondance de textures, de couleurs, de teintes et de tailles, les images qui peuplent ces livres anciens et ces revues offrent une généreuse palette au compositeur de collages. Jeune centenaire, le collage est une pratique, mais aussi un acte brutal, iconoclaste, engagé, qui ouvre notre perception vers des associations imprévues et d’infinis rapprochements. Il n’en est pas moins une technique rigoureuse, qui utilise ce désordre inspirant, dans une démarche assumée au sein d’une errance constructive. La première étape repose sur la récolte d’éléments. Une collecte minutieuse de documents, en de multiples lieux et à propos de sujets variés ; notamment sur des actualités passées ou des recueils encyclopédiques. Rester aux aguets de la rencontre, éplucher ces trouvailles avec curiosité, voir dans ces reliques la singularité et le pouvoir de fascination de certaines images porteuses de détails abstraits permet de se projeter dans des envies de compositions. Vient ensuite le dépouillement. Le temps consacré au classement, à la découpe, au défrichage. C’est l’occasion de concasser, de définir les lignes, en utilisant les ciseaux comme crayon. De ces multiples destructions résultent des fragments, des monticules d’ingrédients, qui viendront bientôt nourrir l’espace de travail. Le bureau du collagiste devient alors laboratoire. C’est le moment où je commence à classer, à ranger, à piocher pour opérer des confrontations, des connexions. M’enivrant du désordre ambiant, la perte de repères prépare souvent le jaillissement de la surprise. Cet étonnement me permet alors de saisir des équilibres infimes. A ce stade les rebuts, les chutes de découpes et les formes isolées deviennent des trésors à exploiter. Le mariage des tons, la vibration des éléments entre eux sur le support me feront considérer le vide comme un acteur de la symbiose. A travers ces montages incessants, ces recherches improvisées, le cumul de mes créations délivre un langage graphique, fait de jeux inconscients, de récurrences et de règles implicites. L’espace de la page m’amène à rechercher la profondeur, l’ouverture vers la troisième dimension par l’empilement des strates qui se superposent, s’emboitent, se piétinent. Lorsque tout me semble en place, vient l’ultime phase qui est de coller. Ceci fige les choix, laisse une place aux derniers doutes, en vue des ultimes modifications. C’est le risque des regrets d’auteur ou des occasions manquées, afin d’achever de façon synthétique et pour laisser la place aux idées fortes. En tant qu’il est issu d’un collage, le mot chaosmos pourrait peut-être désigner ce processus.