Du Dehors
67000 Strasbourg
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Présentation
Mon atelier a été situé longtemps au cloître des Récollets à Saverne. Cet espace a constitué un lieu de concentration et d’expérimentation, en continuité avec un travail initié au contact direct avec la forêt.
La fin de cette résidence marque un tournant décisif ;
Depuis peu, mon atelier est désormais exclusivement situé en forêt.
Ce déplacement engage une transformation structurelle de ma pratique : le lieu de création n’est plus séparé du milieu vivant, il en est le prolongement direct.
Je peins à même le sol, en intégrant des matériaux naturels (terre, feuillage, charbon) et en travaillant dans les conditions variables du milieu (lumière, humidité, vent, froid). Cette immersion radicalise la notion de « peindre avec » et déplace les enjeux de la peinture vers une relation de co-présence et d’interaction avec les autres existants.
Ce choix constitue à la fois une mise à l’épreuve et un approfondissement de ma démarche : dépasser le cadre traditionnel de l’atelier pour explorer une pratique fondée sur la porosité, l’engagement physique et la recherche d’une relation sensible au vivant. La forêt n’est pas un décor, elle est un partenaire actif ; elle imprime son rythme, sa temporalité, ses résistances.
L’atelier n’est plus un espace délimité.
Il devient un champ relationnel.
Dans le cadre des « Ateliers Ouverts » du 23 et 24 mai, cet atelier à ciel ouvert rend la rencontre avec le public plus complexe. C’est pourquoi la Galerie l’Estampe à Strasbourg m’accueille pour le temps de l’événement. Il s’agit d’organiser un espace de passage : un lieu où les oeuvres issues de la forêt peuvent être rendues visibles, partagées et mises en dialogue. L’exposition devient ainsi une interface entre un processus ancré dans le vivant et un espace de réception collectif.
Cette ouverture sera également marquée par la parution du livre « 7 saisons », un regard sur ma peinture interprété par le texte de Lisa Klein. La journée du 23 mai sera un temps de dédicace et d’échange : la présence de l’autrice viendra enrichir le dialogue avec le public, ouvrir des perspectives et approfondir la compréhension de ce travail mené en immersion.
Le passage d’un atelier clos à un atelier en forêt ne marque donc pas un retrait, mais une redéfinition du lieu de création — et des modalités de rencontre. Ce déplacement affirme une volonté de cohérence : que le geste, le lieu et la forme de partage procèdent d’un même mouvement d’attention au vivant.





