Zoé Kiner-Wolff

75017 Paris

 

Dernière participation aux ateliers ouverts
2020

 

Techniques

  • Objet
  • Photographie
  • Technique mixte

 

contact

3 rue Stéphane Grappelli
75017 Paris

zo.kinerwolff@gmail.com
tél : 06 32 07 38 33

 

Présentation

Ma pratique du bijou se caractérise par un recours à des matières animales que j’intègre à des structures métalliques pour former des parures qui viennent recouvrir certaines parties du corps, souvent le visage. Je crée ainsi des bracelets, des bagues ou des masques pour mettre en scène des êtres hybrides et chimériques, entre l’homme et l’animal, tels que l’on peut en trouver dans les fables. Les légendes, les contes et les mythologies m’intéressent pour leur imaginaire et par leur présence dans nos pensées collectives. D’après la psychanalyse nous rêvons tous du même rêve qu’Icare, notre culture indo-européenne et notre langage sont imprégnées des mythes antiques qui ont voyagé à travers les époques et les mondes, et nous sommes fascinés par tous les récits fantastiques, qu’ils viennent du japon, des Amérindiens ou de Mésoamérique. Ces histoires offrent des ressources sans fin dans lesquelles j’aime puiser pour y faire référence et pour les réécrire à ma manière. Les bijoux que je crée sont en quelque-sorte les protagonistes de ces nouveaux récits. C’est pourquoi certains sont similaires à des postiches, des masques ou d’autres accessoires de scène. Plus que des costumes, ils recouvrent le corps du porteur ou s’attachent à son visage et se substituent visuellement à son enveloppe charnelle. Ils lui offrent un nouveau système tégumentaire : les plumes remplacent les poils, les cils ou les ongles, les moustaches de chats poussent au dessus des lèvres humaines et les ailes des papillons recouvrent celles du nez. Mes bijoux ne sont pas faciles à porter, ils sont souvent fragiles, et prennent place à des endroits inhabituels. Finalement ce sont peut être d’avantage des accessoires de défilés, de scènes ou de parades. Néanmoins ce sont toujours des bijoux par leur lien au corps. Plus je découvre le bijou et plus je suis convaincue que c’est à lui que je veux me dédier car il a quelque chose d’essentiel. C’est ce que j’ai compris à la lecture du Corps peint de Michel Thévoz dans lequel il présume « que le support par excellence d’une expression figurative a dû commencer par être ce seul objet mobilier que, en toute circonstance, on emporte nécessairement avec soi : son propre corps. »

 

Parcours

Après des études universitaires en histoire et en histoire de l’art à la Sorbonne, j’ai intégré la Haute École des Arts du Rhin au sein de l’atelier bijou, ce qui m’a permis de développer ma pratique et ma formation entamées à Paris aux cours du soir de l’École Boulle et au GRETA. Je poursuis en parallèle un master en histoire de l’art portant sur le bijou contemporain. Mes recherches me permettent d’avoir une double approche de ce médium, d’acquérir des connaissances sur l’histoire du bijou et sur les créateurs contemporains, et de mener une réflexion théorique sur le rapport du bijou au corps, puisque je m’intéresse à la contrainte exercée par certaines parures telles que le “bijou statuaire” qui immobilise l’organisme du porteur.

J’ai souhaité poursuivre ce travail sur l’histoire du bijou en parallèle de ma pratique en constatant que rares sont les chercheurs qui s’intéressent à ce domaine. Durant l’été 2019, j’ai eu la chance de travailler avec Monika Brugger, elle-même sculpteur et créatrice de bijou, qui mène depuis longtemps des recherches dédiées au bijou contemporain. C’est en collaborant avec des universitaires et des créateurs, que j’aimerais participer à promouvoir l’histoire du bijou dans son ensemble.